Votes · Scrutin n° 8590 · 7 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 469 de Mme Brulebois à l'article 40 (examen prioritaire) de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 40
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Brulebois (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La version proposée en commission spéciale, qui vise les violences sexistes et sexuelles « ayant un impact sur le cadre professionnel », introduit une définition si large qu’elle pourrait englober des situations très diverses, qu’il s’agisse de faits commis dans un contexte professionnel ou relevant de la vie privée des salariés. Une telle formulation tend à estomper la distinction entre les actes eux-mêmes et leurs éventuelles répercussions sur la sphère professionnelle, et, partant, entre les obligations spécifiques de l’employeur et les responsabilités partagées en matière de soutien aux victimes.
Pourtant, cette préoccupation est déjà couverte par le droit actuel. D’un côté, les effets des violences sexistes et sexuelles survenant en milieu professionnel sur l’environnement de travail peuvent déjà être traités dans le cadre des négociations obligatoires existantes, notamment en matière de santé, de sécurité au travail, de prévention des risques professionnels et de qualité de vie au travail, conformément aux articles L. 2241-1 et L. 2242-17 du code du travail. De même, les conséquences professionnelles de violences issues de la vie privée sont déjà prises en compte dans le cadre de l’égalité professionnelle, de la qualité de vie et des conditions de travail, ainsi que de l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle (article L. 2242-17 du code du travail). Plusieurs accords de branche, comme celui signé le 11 juillet 2024 par les Industries électriques et gazières sur la mixité et l’égalité professionnelle, en témoignent, avec des dispositifs d’accompagnement et de maintien dans l’emploi pour les salariés victimes de violences conjugales ou intrafamiliales. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – A la fin de l’alinéa 1, supprimer les mots :
« ou ayant un impact sur celui-ci ».
II. – En conséquence, à la fin de la première phrase de l’alinéa 5, supprimer les mots :
« ou ayant un impact sur celui-ci ».
III. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 6, supprimer les mots :
« ou ayant un impact sur celui-ci ».
IV. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 7, supprimer les mots :
« ou ayant un impact sur celui-ci ».
V. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 8, supprimer les mots :
« ou ayant un impact sur celui-ci ».
VI. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 10, supprimer les mots :
« ou ayant un impact sur celui-ci ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 67
- Contre
- 51
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 120
- Exprimés
- 118
- Majorité requise
- 60
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Pour | 37 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Pour | 18 | 1 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 1 | 3 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 2 | 0 | 1 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 37 dans le décompte
Pour (37) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Stéphane Rambaud, Gabriel Tomatis, Bernard Chaumeil, Bruno Clavet, Monique Griseti, Florence Joubert, René Lioret, Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Pour (18) : Brigitte Klinkert, Olga Givernet, Jean-René Cazeneuve, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Véronique Riotton, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Christopher Weissberg, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Contre (1) : Stéphane Travert
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Contre (10) : Jean-Hugues Ratenon, François Piquemal, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Farida Amrani, Perceval Gaillard, René Pilato
Socialistes et apparentés 23 dans le décompte
Contre (23) : Jérôme Guedj, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago, Mélanie Thomin, Anna Pic, Dorine Bregman, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (8) : Vincent Rolland, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Jérôme End, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Contre (10) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet, Emmanuel Duplessy, Damien Girard
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (1) : Anne Bergantz
Contre (3) : Marc Fesneau, Sabine Gervais, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Maud Petit
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Pour (2) : Béatrice Piron, Philippe Fait
Abstention (1) : Didier Lemaire
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : David Taupiac
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Soumya Bourouaha, Elsa Faucillon, Karine Lebon
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Pour (1) : Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin