Votes · Scrutin n° 8671 · 9 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'article 2 bis de la proposition de loi organique visant à adapter l'autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexistes et intrafamiliales (première lecture).
Dossier : Adapter l'autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales · Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un article du texte, tel qu'il ressort des débats · Article 2 bis
- Texte
- Adapter l'autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales Projet ou proposition de loi organique
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi organique déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez et de nombreux cosignataires, parmi lesquels Yaël Braun-Pivet, Boris Vallaud et Gabriel Attal ; procédure accélérée engagée le 25 septembre 2026. Elle accompagne la proposition de loi « apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants », dont l’article 5 crée des juridictions spécialisées. L’exposé des motifs relie les difficultés de la justice à « l’absence de juges spécialisés » et à « l’absence de formation obligatoire des magistrats en la matière ». D’après le texte adopté :
- le statut des magistrats crée la fonction de juge des violences sexuelles et intrafamiliales, à côté des juges spécialisés existants (article 2) ;
- un poste de procureur de la République adjoint chargé de ces violences est prévu, placé sous l’autorité du procureur du tribunal (article 1er B) ;
- les magistrats nommés sur ces deux fonctions suivent une formation spécifique de l’École nationale de la magistrature avant leur prise de poste, puis tous les trois ans ; l’obligation de formation existante est étendue aux violences sexuelles et sexistes (article 1er) ;
- la loi entre en vigueur à une date fixée par décret, au plus tard un an après sa promulgation ; les magistrats déjà en poste concernés doivent être formés avant le 31 décembre 2029 (article 2 bis).
Ce que ça change
Le texte concerne d’abord les magistrats : il donne une base statutaire aux juges et procureurs spécialisés que la loi ordinaire prévoit. Le garde des sceaux Gérald Darmanin, favorable aux juridictions spécialisées, a indiqué vouloir commencer « en 2027 par les tribunaux du groupe 1 ». Il a précisé que le statut des magistrats « empêche le garde des sceaux d’envoyer de force des magistrats dans tel ou tel tribunal » (séance du 1er octobre 2026). Aucune étude d’impact n’accompagne une proposition de loi.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble. Le 13 octobre 2026, le texte a été adopté par 503 voix pour, 0 contre et 67 abstentions. Les abstentions viennent de LFI-NFP (66, avec 4 voix pour) et d’un député UDR ; tous les autres groupes ont voté pour (scrutin n° 8706). Lors des explications de vote communes aux deux textes, Élise Leboucher (LFI-NFP) a critiqué surtout la loi ordinaire, notamment son financement, et annoncé : « par respect pour le travail colossal et essentiel de l’ensemble des associations féministes et enfantistes, nous nous abstiendrons » (13 octobre 2026).
Le principe de la spécialisation a été débattu sur la loi ordinaire. Thomas Ménagé (RN) préférait renforcer les moyens et les pôles spécialisés existants : « Faites confiance aux magistrats plutôt que de rigidifier les choses avec cette juridiction spécialisée ! » La rapporteure Marie-Charlotte Garin a répondu que « la coalition souhaite une juridiction spécialisée parce que cela fonctionne », en citant l’exemple espagnol (1er octobre 2026). Sur la loi organique, l’article 1er a été adopté par 44 voix contre 2, avec 22 abstentions : 2 voix contre et 15 abstentions au RN, 7 abstentions à LFI-NFP (scrutin n° 8669). Les articles 2, 2 bis et 3 ont été adoptés sans voix contre (séance du 9 octobre 2026).
Où en est le texte
Adopté en première lecture par l’Assemblée le 13 octobre 2026, il a été transmis au Sénat (texte n° 46), dont la commission des lois est saisie. L’examen au Sénat n’a pas commencé à la date de consultation du dossier de l’Assemblée.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi organique n° 3107 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 357) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8669 (article premier) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8706 (ensemble du texte) (13/10/2026)
- Compte rendu de la troisième séance du 1er octobre 2026 (01/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 9 octobre 2026 (09/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 13 octobre 2026 (votes solennels) (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 48
- Contre
- 0
- Abstention
- 21
- Non-votant
- 2
- Votants
- 69
- Exprimés
- 48
- Majorité requise
- 25
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Abstention | 3 | 0 | 15 | 0 | |
| EPR 90 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Abstention | 1 | 0 | 6 | 1 | |
| SOC 68 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 18 dans le décompte
Pour (3) : Gisèle Lelouis, Katiana Levavasseur, Patrice Martin
Abstention (15) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, José Gonzalez, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Alexandre Sabatou, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Yaël Ménaché, Laurence Gardet, Julien Guibert, Jonathan Gery
Ensemble pour la République 14 dans le décompte
Pour (13) : Constance Le Grip, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Christopher Weissberg, Sandrine Lalanne, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 8 dans le décompte
Pour (1) : Rodrigo Arenas
Abstention (6) : Mathilde Panot, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Ségolène Amiot, Perceval Gaillard, Pierre-Yves Cadalen
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (14) : Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Anna Pic, Fatiha Keloua Hachi, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Alix Fruchon
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (5) : Clémentine Autain, Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet
Les Démocrates 4 dans le décompte
Pour (4) : Sandrine Josso, Maud Petit, Hubert Ott, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Pour (3) : Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Elsa Faucillon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin