Votes · Scrutin n° 8730 · 14 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 316 de M. Coquerel à l'article 2 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
Dossier : Projet de loi de finances pour 2027 · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2027 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Coquerel et 68 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement d'appel du groupe LFI prévoit de débattre avec la représentation nationale d'un principe simple : la mise en place d'un barème de l’impôt sur le revenu en quatorze tranches, associé à des taux de CSG progressifs. Nous portons cette réforme de fond avec l'Avenir en commun et son candidat Jean-Luc Mélenchon afin d'améliorer la progressivité de cet impôt et assurer une promesse : que celles et ceux qui touchent aujourd'hui moins de 4 000 euros nets par mois paient moins d'impôt sur leur revenu.
Le système actuel demeure composé de cinq taux, de 0 % à 45 %. Notre réforme permettrait de renforcer la justice fiscale et d'augmenter le reste à vivre des personnes gagnant moins de 4 000 € par mois, qui verraient leur imposition diminuer. Les 9 % de Français les plus aisés supporteraient ainsi l'essentiel de la hausse de l'impôt.
Aujourd’hui, les très hauts revenus bénéficient d'exonérations et mettent en œuvre des stratégies d'évitement, voire d'évasion fiscale. La disproportion est explosive : les milliardaires français ne paient que 2 % d’impôt sur leur revenu économique, contre 50 % pour la moyenne des Français. Il faut mettre un terme à ce système anti-redistributif ! La politique menée par Emmanuel Macron n'a fait qu'accentuer ce caractère régressif du système fiscal. Par les cadeaux fiscaux évidents aux plus riches, mais aussi par une utilisation accrue de la TVA, impôt antisocial par excellence du fait que les plus précaires consomment la quasi-totalité de leur revenu, alors que les plus riches en épargnent une large part. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Substituer aux alinéas 26 à 30 les dix-sept alinéas suivants :
« 1° Le 1 est ainsi rédigé :
« 1. L’impôt est calculé en appliquant à la fraction de chaque part de revenu qui excède 10 653 € le taux de :
« – 5 % pour la fraction supérieure à 10 653 € et inférieure ou égale à 15 967 € ;
« – 10 % pour la fraction supérieure à 15 967 € et inférieure ou égale à 21 294 € ;
« – 15 % pour la fraction supérieure à 21 294 € et inférieure ou égale à 28 743 € ;
« – 20 % pour la fraction supérieure à 28 743 € et inférieure ou égale à 32 968 € ;
« – 25 % pour la fraction supérieure à 32 968 € et inférieure ou égale à 36 159 € ;
« – 27,5 % pour la fraction supérieure à 36 159 € et inférieure ou égale à 39 652 € ;
« – 32,5 % pour la fraction supérieure à 39 652 € et inférieure ou égale à 45 791 € ;
« – 40 % pour la fraction supérieure à 45 791 € et inférieure ou égale à 63 893 € ;
« – 45 % pour la […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 11 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Rien n’est adopté définitivement : le texte est en première lecture à l’Assemblée. Ce qui suit décrit le projet déposé le 1er octobre 2026 (n° 3210), présenté au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu par Roland Lescure (économie et finances) et David Amiel (comptes publics), puis les votes déjà intervenus.
- Objectif : un déficit public de 5,0 % du PIB en 2027, après 5,4 % prévus en 2026, et une dette à 121,7 % du PIB, selon l’exposé général des motifs. Le Gouvernement y fait de « la stabilité fiscale une priorité » et annonce des économies sur les ministères et leurs opérateurs.
- Impôt sur le revenu : revalorisation du barème (article 2) et plafond de l’abattement des retraités ramené à 3 000 euros (article 3).
- Patrimoine et entreprises : allègement temporaire de la fiscalité des donations (article 4), recentrage de l’apport-cession (article 5), « mise à contribution des grandes entreprises » (article 15).
- Collectivités : montant de la dotation globale de fonctionnement (article 34) et contribution des collectivités à l’effort budgétaire (article 37). Droits d’inscription en classes préparatoires et en sections de techniciens supérieurs (article 54).
Votes intervenus en séance : motion de rejet préalable du groupe socialiste repoussée le 13 octobre par 236 voix contre 149 (scrutin n° 8707) ; article 55 (contribution de la France au budget de l’Union européenne) adopté par 111 voix contre 93 (n° 8725) ; article 2 adopté par 96 voix contre 0 (n° 8737) ; articles 4 (66 contre 25) et 5 (25 contre 23) adoptés (n° 8818, n° 8876) ; article 38 adopté et article 40, sur le financement de la Métropole du Grand Paris, rejeté (79 contre 61) le 19 octobre (n° 8888, n° 8892).
Ce que ça change
Pour l’instant, rien : le budget de l’État pour 2027 n’est pas voté. S’il était adopté tel que déposé, il toucherait notamment les retraités imposables (abattement réduit), les donateurs, les grandes entreprises et les collectivités. Selon l’exposé des motifs, « à politique inchangée », le déficit se dégraderait d’environ un point de PIB en 2027.
Ce qui est contesté
La motion de rejet a reçu les voix des socialistes (64), de La France insoumise (51), des écologistes (26) et de la Gauche démocrate et républicaine (8). Rassemblement national, EPR, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté contre. Arguments du 13 octobre :
- Estelle Mercier (socialiste) juge que ce budget n’est « pas marqué par la responsabilité, mais par l’injustice » et regrette l’allègement des donations et l’absence de taxe Zucman.
- Eva Sas (écologiste) n’y trouve « ni l’un ni l’autre » de ses deux priorités, justice fiscale et écologie. Emmanuel Maurel (GDR) affirme : « vous nous préparez la récession ».
- Sophie-Laurence Roy (RN) estime que « ce budget est mauvais » mais refuse la motion pour pouvoir l’amender en séance. Marie-Christine Dalloz (Droite républicaine) veut « une baisse des dépenses ».
- Jean-Paul Mattei (Démocrates) et Félicie Gérard (Horizons) défendent le débat ; pour Horizons, le projet est « une base de travail qui doit être améliorée ». Charles de Courson (LIOT) critique « un recours excessif aux prélèvements obligatoires » tout en voulant débattre.
L’article 55 a été adopté malgré l’opposition du Rassemblement national, de La France insoumise, de l’UDR et de la GDR. Les amendements portant articles additionnels après l’article 3 (76 scrutins publics) et après l’article 4 (55) sont les plus disputés à ce jour (open data de l’Assemblée).
Où en est le texte
Première lecture à l’Assemblée, discussion de la première partie (recettes) en cours. Le 23 octobre, le Gouvernement a demandé l’examen prioritaire de plusieurs articles (6, 9, 15, 17, 18, 56 et 10) à la reprise des débats (compte rendu ; dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi de finances pour 2027 » (01/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, exposé général des motifs (01/10/2026)
- Scrutin public n° 8707 sur la motion de rejet préalable (13/10/2026)
- Scrutin public n° 8725 sur l’article 55 (14/10/2026)
- Scrutin public n° 8737 sur l’article 2 (15/10/2026)
- Scrutins publics n° 8818 et 8876 sur les articles 4 et 5 (16/10/2026)
- Scrutins publics n° 8888 et 8892 sur les articles 38 et 40 (19/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 13 octobre 2026 (motion de rejet préalable) (13/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 23 octobre 2026 (annonce de l’ordre d’examen) (23/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 33
- Contre
- 71
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 2
- Votants
- 108
- Exprimés
- 104
- Majorité requise
- 53
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Contre | 0 | 36 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 7 | 0 | 3 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 36 dans le décompte
Contre (36) : Hervé de Lépinau, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jorys Bovet, Cyril Tribuiani, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Édouard Jordan, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Catherine Dellong Meng, Laurence Gardet, Thierry Perez, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Jonathan Gery, Julien Limongi, Matthias Renault, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Contre (17) : Brigitte Klinkert, Vincent Ledoux, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Olivia Grégoire, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Charles Sitzenstuhl, Paul Midy, Yannick Chenevard, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (15) : Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Carlos Martens Bilongo, Perceval Gaillard, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (7) : Olivier Faure, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Pierre Pribetich, Pierrick Courbon
Abstention (3) : Jacques Oberti, Christophe Proença, Florence Herouin-Léautey
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Nicolas Ray, Thierry Liger, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Eva Sas, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Charles Fournier, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 3 dans le décompte
Contre (3) : Sophie Mette, Jean-Paul Mattei, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (3) : Vincent Thiébaut, Félicie Gérard, Thomas Lam
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Charles de Courson
Abstention (1) : Laurent Mazaury
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Pour (1) : Pierre-Henri Carbonnel
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Gérault Verny
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Soumya Bourouaha, Frédéric Maillot
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin