Votes · Scrutin n° 8755 · 15 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3695 de M. Jean-Philippe Tanguy après l'article 3 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
Dossier : Projet de loi de finances pour 2027 · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2027 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Jean-Philippe Tanguy et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La France forme des talents que d’autres emploient : un diplômé des grandes écoles sur neuf travaille aujourd’hui à l’étranger. Cette hémorragie n’est pas une fatalité : notre fiscalité décourage ceux qui restent et n’offre rien à ceux qui voudraient revenir.
Nos voisins ont agi. La Grèce exonère depuis 2021, pendant sept ans, la moitié des revenus d’activité de ceux qui s’y installent ; le Portugal exclut de l’impôt, pendant cinq ans, 50 % des salaires de ses anciens résidents qui reviennent au pays ; l’Italie exonère à 90 %, pendant six ans, les revenus des chercheurs et enseignants qui la rejoignent.
Le régime français des impatriés a, lui, été conçu pour la place financière de Paris : la loi de finances pour 2017 en a porté la durée de cinq à huit ans, dans la perspective du Brexit, pour attirer les activités financières de Londres. Il ne distingue pas le trader de l’ingénieur nucléaire et ferme la porte à nos jeunes chercheurs partis depuis moins de cinq ans.
Le présent amendement le réoriente vers la souveraineté nationale. Il crée un volet « souveraineté » exonérant d’impôt sur le revenu, pendant huit ans, 50 % de la rémunération des métiers stratégiques – recherche, numérique critique, cybersécurité, intelligence artificielle, quantique, semi-conducteurs, nucléaire, défense, biotechnologies –, dont la liste sera fixée par décret en Conseil d’État. Il ramène de cinq à trois ans la condition de non-résidence pour ceux qui ont vécu au moins deux ans en France : priorité au retour de nos compatriotes.
Il procède de la même ambition que la proposition du Rassemblement national d’exonérer d’impôt sur le revenu les moins de trente ans jusqu’à quatre SMIC : refaire de la France un pays attractif pour ses jeunes talents et mettre un terme à la fuite des cerveaux. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le I de l’article 155 B du code général des impôts est complété par un 5 ainsi rédigé :
« 5. Les salariés et les personnes mentionnés au 1 qui exercent un métier ou une fonction contribuant directement à la souveraineté scientifique, industrielle ou numérique de la Nation relevant de l’un des domaines suivants : recherche scientifique, technologies numériques critiques, cybersécurité, intelligence artificielle, technologies quantiques, semi-conducteurs, industrie nucléaire, industrie de défense, biotechnologies, bénéficient en lieu et place de l’exonération prévue au 2 à compter de leur prise de fonctions et jusqu’au 31 décembre de la huitième année civile suivant celle de cette prise de fonctions d’une exonération d’impôt sur le revenu égale à 50 % de leur rémunération imposable au titre de cette activité. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 3 : 76 scrutins publics, dont 15 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Rien n’est adopté définitivement : le texte est en première lecture à l’Assemblée. Ce qui suit décrit le projet déposé le 1er octobre 2026 (n° 3210), présenté au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu par Roland Lescure (économie et finances) et David Amiel (comptes publics), puis les votes déjà intervenus.
- Objectif : un déficit public de 5,0 % du PIB en 2027, après 5,4 % prévus en 2026, et une dette à 121,7 % du PIB, selon l’exposé général des motifs. Le Gouvernement y fait de « la stabilité fiscale une priorité » et annonce des économies sur les ministères et leurs opérateurs.
- Impôt sur le revenu : revalorisation du barème (article 2) et plafond de l’abattement des retraités ramené à 3 000 euros (article 3).
- Patrimoine et entreprises : allègement temporaire de la fiscalité des donations (article 4), recentrage de l’apport-cession (article 5), « mise à contribution des grandes entreprises » (article 15).
- Collectivités : montant de la dotation globale de fonctionnement (article 34) et contribution des collectivités à l’effort budgétaire (article 37). Droits d’inscription en classes préparatoires et en sections de techniciens supérieurs (article 54).
Votes intervenus en séance : motion de rejet préalable du groupe socialiste repoussée le 13 octobre par 236 voix contre 149 (scrutin n° 8707) ; article 55 (contribution de la France au budget de l’Union européenne) adopté par 111 voix contre 93 (n° 8725) ; article 2 adopté par 96 voix contre 0 (n° 8737) ; articles 4 (66 contre 25) et 5 (25 contre 23) adoptés (n° 8818, n° 8876) ; article 38 adopté et article 40, sur le financement de la Métropole du Grand Paris, rejeté (79 contre 61) le 19 octobre (n° 8888, n° 8892).
Ce que ça change
Pour l’instant, rien : le budget de l’État pour 2027 n’est pas voté. S’il était adopté tel que déposé, il toucherait notamment les retraités imposables (abattement réduit), les donateurs, les grandes entreprises et les collectivités. Selon l’exposé des motifs, « à politique inchangée », le déficit se dégraderait d’environ un point de PIB en 2027.
Ce qui est contesté
La motion de rejet a reçu les voix des socialistes (64), de La France insoumise (51), des écologistes (26) et de la Gauche démocrate et républicaine (8). Rassemblement national, EPR, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté contre. Arguments du 13 octobre :
- Estelle Mercier (socialiste) juge que ce budget n’est « pas marqué par la responsabilité, mais par l’injustice » et regrette l’allègement des donations et l’absence de taxe Zucman.
- Eva Sas (écologiste) n’y trouve « ni l’un ni l’autre » de ses deux priorités, justice fiscale et écologie. Emmanuel Maurel (GDR) affirme : « vous nous préparez la récession ».
- Sophie-Laurence Roy (RN) estime que « ce budget est mauvais » mais refuse la motion pour pouvoir l’amender en séance. Marie-Christine Dalloz (Droite républicaine) veut « une baisse des dépenses ».
- Jean-Paul Mattei (Démocrates) et Félicie Gérard (Horizons) défendent le débat ; pour Horizons, le projet est « une base de travail qui doit être améliorée ». Charles de Courson (LIOT) critique « un recours excessif aux prélèvements obligatoires » tout en voulant débattre.
L’article 55 a été adopté malgré l’opposition du Rassemblement national, de La France insoumise, de l’UDR et de la GDR. Les amendements portant articles additionnels après l’article 3 (76 scrutins publics) et après l’article 4 (55) sont les plus disputés à ce jour (open data de l’Assemblée).
Où en est le texte
Première lecture à l’Assemblée, discussion de la première partie (recettes) en cours. Le 23 octobre, le Gouvernement a demandé l’examen prioritaire de plusieurs articles (6, 9, 15, 17, 18, 56 et 10) à la reprise des débats (compte rendu ; dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi de finances pour 2027 » (01/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, exposé général des motifs (01/10/2026)
- Scrutin public n° 8707 sur la motion de rejet préalable (13/10/2026)
- Scrutin public n° 8725 sur l’article 55 (14/10/2026)
- Scrutin public n° 8737 sur l’article 2 (15/10/2026)
- Scrutins publics n° 8818 et 8876 sur les articles 4 et 5 (16/10/2026)
- Scrutins publics n° 8888 et 8892 sur les articles 38 et 40 (19/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 13 octobre 2026 (motion de rejet préalable) (13/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 23 octobre 2026 (annonce de l’ordre d’examen) (23/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 54
- Contre
- 67
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 121
- Exprimés
- 121
- Majorité requise
- 61
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Pour | 48 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 48 dans le décompte
Pour (48) : Emmanuel Blairy, Christian Girard, José Beaurain, Julien Rancoule, Cyril Tribuiani, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Stéphanie Galzy, Florence Goulet, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Édouard Jordan, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Catherine Dellong Meng, Laurence Gardet, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 13 dans le décompte
Contre (12) : Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Amélia Lakrafi, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Emmanuelle Hoffman
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Contre (13) : Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Nathalie Oziol, Rodrigo Arenas, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Paul Vannier, Carlos Martens Bilongo, Antoine Léaument, Perceval Gaillard, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Contre (13) : Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Belkhir Belhaddad, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Christophe Proença, Estelle Mercier, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Philippe Juvin, Nicolas Ray, Thierry Liger, Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (7) : Eva Sas, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Sabine Thillaye, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Sabine Gervais, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Contre (2) : Laurent Marcangeli, Félicie Gérard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Pour (5) : Christelle D'Intorni, Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Jean-Victor Castor
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin