Votes · Scrutin n° 8823 · 16 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1083 de M. Coquerel après l'article 4 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
Dossier : Projet de loi de finances pour 2027 · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 4
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2027 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Coquerel et 68 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement de repli, le groupe LFI propose de relever de 10 % le taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU), afin de le passer de 12,8 % à 22,8 %, ce qui reste un taux marginal d'impôt sur le revenu bien en deçà des 30 % appliqués à partir de 30 000 €.
La mise en place de cette « flat tax », dès l’arrivée au pouvoir de Macron, n’a pas eu d’effet sur l’économie, elle a dégradé les finances publiques, et elle a profité aux ménages les plus riches. Comme le rapporte l’étude de l’INSEE de 2022, le gain de niveau de vie issu de cette réforme s’est concentré sur les 5 % les plus aisés, qui ont gagné 470 euros en moyenne par an.
Ces gains ne sont en bout de chaîne qu’une perte de recettes fiscales, d’environ 2 milliards d’euros en 2018, et de plus de 3 milliards d’euros par an désormais du fait de l'enrichissement des grandes fortunes. Cet argent public, d’un montant de presque deux fois le ministère de la jeunesse, des sport et de la vie associative, manque cruellement à nos écoles, à nos hôpitaux et à la bifurcation écologique.
À l’inverse du dogme néolibéral voulant que les profits d’aujourd’hui soient les investissements de demain, nous nous retrouvons face à une situation où la baisse d'impôt d'hier crée les coupes d'aujourd'hui qui prépare la récession de demain. Pendant ce temps, le niveau des dividendes n’a jamais été aussi élevé : 61 milliards d'euros pour le seul CAC 40 au premier semestre 2026, +30 % par rapport à 2025, alors que la croissance a été négative sur la même période. La France est la deuxième distributrice mondiale derrière les Etats-Unis, alors qu'elle est la septième économie.
Nous prônons donc, de préférence, la suppression de ce cadeau nouveau fiscal aux plus riches de notre pays. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
A la fin du premier alinéa du 1 du I de l’article 117 quater du code général des impôts, le taux : « 12,8 % » est remplacé par le taux : « 22,8 % »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 4 : 55 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Rien n’est adopté définitivement : le texte est en première lecture à l’Assemblée. Ce qui suit décrit le projet déposé le 1er octobre 2026 (n° 3210), présenté au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu par Roland Lescure (économie et finances) et David Amiel (comptes publics), puis les votes déjà intervenus.
- Objectif : un déficit public de 5,0 % du PIB en 2027, après 5,4 % prévus en 2026, et une dette à 121,7 % du PIB, selon l’exposé général des motifs. Le Gouvernement y fait de « la stabilité fiscale une priorité » et annonce des économies sur les ministères et leurs opérateurs.
- Impôt sur le revenu : revalorisation du barème (article 2) et plafond de l’abattement des retraités ramené à 3 000 euros (article 3).
- Patrimoine et entreprises : allègement temporaire de la fiscalité des donations (article 4), recentrage de l’apport-cession (article 5), « mise à contribution des grandes entreprises » (article 15).
- Collectivités : montant de la dotation globale de fonctionnement (article 34) et contribution des collectivités à l’effort budgétaire (article 37). Droits d’inscription en classes préparatoires et en sections de techniciens supérieurs (article 54).
Votes intervenus en séance : motion de rejet préalable du groupe socialiste repoussée le 13 octobre par 236 voix contre 149 (scrutin n° 8707) ; article 55 (contribution de la France au budget de l’Union européenne) adopté par 111 voix contre 93 (n° 8725) ; article 2 adopté par 96 voix contre 0 (n° 8737) ; articles 4 (66 contre 25) et 5 (25 contre 23) adoptés (n° 8818, n° 8876) ; article 38 adopté et article 40, sur le financement de la Métropole du Grand Paris, rejeté (79 contre 61) le 19 octobre (n° 8888, n° 8892).
Ce que ça change
Pour l’instant, rien : le budget de l’État pour 2027 n’est pas voté. S’il était adopté tel que déposé, il toucherait notamment les retraités imposables (abattement réduit), les donateurs, les grandes entreprises et les collectivités. Selon l’exposé des motifs, « à politique inchangée », le déficit se dégraderait d’environ un point de PIB en 2027.
Ce qui est contesté
La motion de rejet a reçu les voix des socialistes (64), de La France insoumise (51), des écologistes (26) et de la Gauche démocrate et républicaine (8). Rassemblement national, EPR, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté contre. Arguments du 13 octobre :
- Estelle Mercier (socialiste) juge que ce budget n’est « pas marqué par la responsabilité, mais par l’injustice » et regrette l’allègement des donations et l’absence de taxe Zucman.
- Eva Sas (écologiste) n’y trouve « ni l’un ni l’autre » de ses deux priorités, justice fiscale et écologie. Emmanuel Maurel (GDR) affirme : « vous nous préparez la récession ».
- Sophie-Laurence Roy (RN) estime que « ce budget est mauvais » mais refuse la motion pour pouvoir l’amender en séance. Marie-Christine Dalloz (Droite républicaine) veut « une baisse des dépenses ».
- Jean-Paul Mattei (Démocrates) et Félicie Gérard (Horizons) défendent le débat ; pour Horizons, le projet est « une base de travail qui doit être améliorée ». Charles de Courson (LIOT) critique « un recours excessif aux prélèvements obligatoires » tout en voulant débattre.
L’article 55 a été adopté malgré l’opposition du Rassemblement national, de La France insoumise, de l’UDR et de la GDR. Les amendements portant articles additionnels après l’article 3 (76 scrutins publics) et après l’article 4 (55) sont les plus disputés à ce jour (open data de l’Assemblée).
Où en est le texte
Première lecture à l’Assemblée, discussion de la première partie (recettes) en cours. Le 23 octobre, le Gouvernement a demandé l’examen prioritaire de plusieurs articles (6, 9, 15, 17, 18, 56 et 10) à la reprise des débats (compte rendu ; dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi de finances pour 2027 » (01/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, exposé général des motifs (01/10/2026)
- Scrutin public n° 8707 sur la motion de rejet préalable (13/10/2026)
- Scrutin public n° 8725 sur l’article 55 (14/10/2026)
- Scrutin public n° 8737 sur l’article 2 (15/10/2026)
- Scrutins publics n° 8818 et 8876 sur les articles 4 et 5 (16/10/2026)
- Scrutins publics n° 8888 et 8892 sur les articles 38 et 40 (19/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 13 octobre 2026 (motion de rejet préalable) (13/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 23 octobre 2026 (annonce de l’ordre d’examen) (23/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 31
- Contre
- 66
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 99
- Exprimés
- 97
- Majorité requise
- 49
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Contre | 0 | 40 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 8 | 0 | 2 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 40 dans le décompte
Contre (40) : Emmanuel Blairy, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Cyril Tribuiani, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Florence Goulet, Philippe Ballard, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Catherine Dellong Meng, Laurence Gardet, Benoit Gilhet, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Ensemble pour la République 11 dans le décompte
Contre (10) : Vincent Ledoux, Guillaume Kasbarian, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Amélia Lakrafi, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Nicolas Metzdorf, Paul Midy
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Pour (12) : Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Nathalie Oziol, Marianne Maximi, Aurélie Trouvé, Damien Maudet, Carlos Martens Bilongo, Perceval Gaillard, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (8) : Jérôme Guedj, Christine Pirès Beaune, Christian Baptiste, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Dorine Bregman, Estelle Mercier, Céline Hervieu
Abstention (2) : Jacques Oberti, Florence Herouin-Léautey
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Philippe Juvin, Michel Barnier, Nicolas Ray, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (9) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (4) : Sophie Mette, Jean-Paul Mattei, Sabine Gervais, Louise Morel
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Contre (2) : Laurent Marcangeli, Félicie Gérard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Stéphane Peu
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Gérault Verny, Maxime Michelet, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin