Votes · Scrutin n° 8834 · 16 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 300 de Mme Lejeune après l'article 4 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
Dossier : Projet de loi de finances pour 2027 · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 4
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2027 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Lejeune et 68 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe LFI propose d’imposer les plus-values réalisées lors de la vente de bois ou forêts communales destinés à être urbanisés. Nous appelons le gouvernement à ce que le produit de l’impôt sur les plus-values immobilières prévu soit affecté au Fonds stratégique de la forêt et du bois.
Les forêts et bois communaux sont des écosystèmes essentiels à la vie et à l’équilibre écologique. Ils constituent des réservoirs de biodiversité, participent à la séquestration du carbone, à la régulation du climat, et offrent de multiples services écosystémiques indispensables au bien-être des populations.
Ces espaces sont pourtant de plus en plus menacés, à la fois par les incendies aggravés par le réchauffement climatique et par l’artificialisation des sols liée à la pression foncière et urbaine. Ainsi, plus de 92 000 hectares ont déjà brûlé cette année sur le seul territoire français.
Le régime fiscal actuel crée une incitation néfaste à la destruction de ces espaces naturels : les communes, souvent en difficulté financière, peuvent modifier leur PLU pour reclasser un bois communal en zone à urbaniser, le vendre comme terrain constructible et réaliser une plus-value considérable sans qu’aucune imposition ne soit due.
Elles bénéficient ensuite des recettes fiscales de l’aménagement (taxe d’aménagement, taxe sur le foncier bâti, TASCOM, etc.), sans qu’aucune étude d’impact environnemental, consultation de l’ONF ou mesure de compensation écologique ne soit exigée.
Cette situation est incompatible avec les objectifs de lutte contre le changement climatique, de préservation de la biodiversité et avec la politique de zéro artificialisation nette (ZAN). La fiscalité ne doit en aucun cas récompenser la destruction de biens communs naturels. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article 150 UD du code général des impôts, il est inséré un article 150 UE ainsi rédigé :
« Art. 150 UE. – I. – Les plus-values réalisées par les communes lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers non bâtis constituant un bois communal ou une forêt communale, qu’ils relèvent ou non du régime forestier, sont soumises à l’impôt sur les plus-values immobilières dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VE.
« II. – Les dispositions du I ne s’appliquent pas lorsque l’acquéreur s’engage, dans l’acte de cession, à conserver la vocation forestière des parcelles pour une durée d’au moins trente ans et à respecter la réglementation applicable aux bois et forêts. En cas de non-respect de cet engagement avant l’expiration de cette durée, l’impôt prévu au I devient exigible au titre de l’année au cours de laquelle le manquement est constaté. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 4 : 55 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Rien n’est adopté définitivement : le texte est en première lecture à l’Assemblée. Ce qui suit décrit le projet déposé le 1er octobre 2026 (n° 3210), présenté au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu par Roland Lescure (économie et finances) et David Amiel (comptes publics), puis les votes déjà intervenus.
- Objectif : un déficit public de 5,0 % du PIB en 2027, après 5,4 % prévus en 2026, et une dette à 121,7 % du PIB, selon l’exposé général des motifs. Le Gouvernement y fait de « la stabilité fiscale une priorité » et annonce des économies sur les ministères et leurs opérateurs.
- Impôt sur le revenu : revalorisation du barème (article 2) et plafond de l’abattement des retraités ramené à 3 000 euros (article 3).
- Patrimoine et entreprises : allègement temporaire de la fiscalité des donations (article 4), recentrage de l’apport-cession (article 5), « mise à contribution des grandes entreprises » (article 15).
- Collectivités : montant de la dotation globale de fonctionnement (article 34) et contribution des collectivités à l’effort budgétaire (article 37). Droits d’inscription en classes préparatoires et en sections de techniciens supérieurs (article 54).
Votes intervenus en séance : motion de rejet préalable du groupe socialiste repoussée le 13 octobre par 236 voix contre 149 (scrutin n° 8707) ; article 55 (contribution de la France au budget de l’Union européenne) adopté par 111 voix contre 93 (n° 8725) ; article 2 adopté par 96 voix contre 0 (n° 8737) ; articles 4 (66 contre 25) et 5 (25 contre 23) adoptés (n° 8818, n° 8876) ; article 38 adopté et article 40, sur le financement de la Métropole du Grand Paris, rejeté (79 contre 61) le 19 octobre (n° 8888, n° 8892).
Ce que ça change
Pour l’instant, rien : le budget de l’État pour 2027 n’est pas voté. S’il était adopté tel que déposé, il toucherait notamment les retraités imposables (abattement réduit), les donateurs, les grandes entreprises et les collectivités. Selon l’exposé des motifs, « à politique inchangée », le déficit se dégraderait d’environ un point de PIB en 2027.
Ce qui est contesté
La motion de rejet a reçu les voix des socialistes (64), de La France insoumise (51), des écologistes (26) et de la Gauche démocrate et républicaine (8). Rassemblement national, EPR, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté contre. Arguments du 13 octobre :
- Estelle Mercier (socialiste) juge que ce budget n’est « pas marqué par la responsabilité, mais par l’injustice » et regrette l’allègement des donations et l’absence de taxe Zucman.
- Eva Sas (écologiste) n’y trouve « ni l’un ni l’autre » de ses deux priorités, justice fiscale et écologie. Emmanuel Maurel (GDR) affirme : « vous nous préparez la récession ».
- Sophie-Laurence Roy (RN) estime que « ce budget est mauvais » mais refuse la motion pour pouvoir l’amender en séance. Marie-Christine Dalloz (Droite républicaine) veut « une baisse des dépenses ».
- Jean-Paul Mattei (Démocrates) et Félicie Gérard (Horizons) défendent le débat ; pour Horizons, le projet est « une base de travail qui doit être améliorée ». Charles de Courson (LIOT) critique « un recours excessif aux prélèvements obligatoires » tout en voulant débattre.
L’article 55 a été adopté malgré l’opposition du Rassemblement national, de La France insoumise, de l’UDR et de la GDR. Les amendements portant articles additionnels après l’article 3 (76 scrutins publics) et après l’article 4 (55) sont les plus disputés à ce jour (open data de l’Assemblée).
Où en est le texte
Première lecture à l’Assemblée, discussion de la première partie (recettes) en cours. Le 23 octobre, le Gouvernement a demandé l’examen prioritaire de plusieurs articles (6, 9, 15, 17, 18, 56 et 10) à la reprise des débats (compte rendu ; dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi de finances pour 2027 » (01/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, exposé général des motifs (01/10/2026)
- Scrutin public n° 8707 sur la motion de rejet préalable (13/10/2026)
- Scrutin public n° 8725 sur l’article 55 (14/10/2026)
- Scrutin public n° 8737 sur l’article 2 (15/10/2026)
- Scrutins publics n° 8818 et 8876 sur les articles 4 et 5 (16/10/2026)
- Scrutins publics n° 8888 et 8892 sur les articles 38 et 40 (19/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 13 octobre 2026 (motion de rejet préalable) (13/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 23 octobre 2026 (annonce de l’ordre d’examen) (23/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 23
- Contre
- 49
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 74
- Exprimés
- 72
- Majorité requise
- 37
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 6 | 1 | 2 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Contre (25) : Emmanuel Blairy, Nicolas Dragon, José Beaurain, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Caroline Parmentier, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Gabriel Tomatis, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Catherine Dellong Meng, Thierry Perez, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Patrice Martin, Matthias Renault, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Ensemble pour la République 10 dans le décompte
Contre (9) : Vincent Ledoux, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Amélia Lakrafi, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Nicolas Metzdorf, Paul Midy, Prisca Thevenot
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Pour (9) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Nathalie Oziol, Ersilia Soudais, Perceval Gaillard, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Pour (6) : Christine Pirès Beaune, Iñaki Echaniz, Dorine Bregman, Jacques Oberti, Estelle Mercier, Florence Herouin-Léautey
Contre (1) : Christian Baptiste
Abstention (2) : Jérôme Guedj, Mickaël Bouloux
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Juvin, Nicolas Ray, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (7) : Eva Sas, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 2 dans le décompte
Contre (1) : Jean-Paul Mattei
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (4) : Laurent Marcangeli, François Jolivet, Félicie Gérard, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Valérie Létard, Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Nicolas Sansu
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin