Votes · Scrutin n° 8835 · 16 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1460 de M. Echaniz après l'article 4 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
Dossier : Projet de loi de finances pour 2027 · Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 4
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2027 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Echaniz et 28 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à lutter contre la rétention et la spéculation immobilières en supprimant l’abattement pour durée de détention des biens soumis à l’imposition sur les plus-values de cession.
Les plus-values immobilières – hors résidence principale – sont soumises à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux lorsqu’elles sont réalisées à l’occasion de la cession d’un bien immobilier ou d’un droit relatif à un immeuble. La plus-value imposable est calculée comme la différence entre le prix de vente et le prix d’achat, avec, le cas échéant, un abattement pour durée de détention ainsi que différentes majorations du prix de vente, comme les dépenses de travaux (évaluées au forfait ou au réel).
Le montant de l’impôt dû, après application des éventuels abattements, est égal à 19 % de la plus-value au titre de l’IR et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux, soit un taux global de 36,2 % de la plus-value imposable.
L’abattement pour durée de détention diffère selon qu’il s’applique à l’impôt sur le revenu ou aux prélèvements sociaux. En conséquence, la plus-value immobilière est exonérée au bout de 22 ans au titre de l’IR et au bout de 30 ans au titre des prélèvements sociaux.
Le vendeur est donc encouragé à conserver son bien sur une longue durée, particulièrement à l’approche de l’exonération totale, sans nécessairement l’entretenir. Cette situation peut contribuer à la dégradation de certains logements, alors même que ces biens pourraient être remis en vente ou mis en location. Le CPO, dans un rapport de 2023, souligne bien cet effet de rétention et préconise de remplacer les abattements par une prise en compte de l’évolution des prix. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le code général des impôts est ainsi modifié :
1° Le I de l’article 150 VC est ainsi modifié :
a) À la fin du premier alinéa, les mots : « fixé à : » sont remplacés par les mots : « correspondant à l’actualisation du prix d’acquisition tel qu’il est mentionné dans les actes en fonction du dernier indice des prix à la consommation hors tabac publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques. » ;
b) Les deuxième à quatrième alinéas sont supprimés ;
c) Au cinquième alinéa, les mots : « des abattements mentionnés au deuxième à quatrième alinéas » sont remplacés par les mots : « de l’abattement mentionné au premier alinéa » ;
2° A la fin de la première phrase de l’article 200 B, les mots : « forfaitaire de 19 % » sont remplacés par les mots : « mentionné au 1° du B du 1 de l’article 200 A »
II. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 4 : 55 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Rien n’est adopté définitivement : le texte est en première lecture à l’Assemblée. Ce qui suit décrit le projet déposé le 1er octobre 2026 (n° 3210), présenté au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu par Roland Lescure (économie et finances) et David Amiel (comptes publics), puis les votes déjà intervenus.
- Objectif : un déficit public de 5,0 % du PIB en 2027, après 5,4 % prévus en 2026, et une dette à 121,7 % du PIB, selon l’exposé général des motifs. Le Gouvernement y fait de « la stabilité fiscale une priorité » et annonce des économies sur les ministères et leurs opérateurs.
- Impôt sur le revenu : revalorisation du barème (article 2) et plafond de l’abattement des retraités ramené à 3 000 euros (article 3).
- Patrimoine et entreprises : allègement temporaire de la fiscalité des donations (article 4), recentrage de l’apport-cession (article 5), « mise à contribution des grandes entreprises » (article 15).
- Collectivités : montant de la dotation globale de fonctionnement (article 34) et contribution des collectivités à l’effort budgétaire (article 37). Droits d’inscription en classes préparatoires et en sections de techniciens supérieurs (article 54).
Votes intervenus en séance : motion de rejet préalable du groupe socialiste repoussée le 13 octobre par 236 voix contre 149 (scrutin n° 8707) ; article 55 (contribution de la France au budget de l’Union européenne) adopté par 111 voix contre 93 (n° 8725) ; article 2 adopté par 96 voix contre 0 (n° 8737) ; articles 4 (66 contre 25) et 5 (25 contre 23) adoptés (n° 8818, n° 8876) ; article 38 adopté et article 40, sur le financement de la Métropole du Grand Paris, rejeté (79 contre 61) le 19 octobre (n° 8888, n° 8892).
Ce que ça change
Pour l’instant, rien : le budget de l’État pour 2027 n’est pas voté. S’il était adopté tel que déposé, il toucherait notamment les retraités imposables (abattement réduit), les donateurs, les grandes entreprises et les collectivités. Selon l’exposé des motifs, « à politique inchangée », le déficit se dégraderait d’environ un point de PIB en 2027.
Ce qui est contesté
La motion de rejet a reçu les voix des socialistes (64), de La France insoumise (51), des écologistes (26) et de la Gauche démocrate et républicaine (8). Rassemblement national, EPR, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté contre. Arguments du 13 octobre :
- Estelle Mercier (socialiste) juge que ce budget n’est « pas marqué par la responsabilité, mais par l’injustice » et regrette l’allègement des donations et l’absence de taxe Zucman.
- Eva Sas (écologiste) n’y trouve « ni l’un ni l’autre » de ses deux priorités, justice fiscale et écologie. Emmanuel Maurel (GDR) affirme : « vous nous préparez la récession ».
- Sophie-Laurence Roy (RN) estime que « ce budget est mauvais » mais refuse la motion pour pouvoir l’amender en séance. Marie-Christine Dalloz (Droite républicaine) veut « une baisse des dépenses ».
- Jean-Paul Mattei (Démocrates) et Félicie Gérard (Horizons) défendent le débat ; pour Horizons, le projet est « une base de travail qui doit être améliorée ». Charles de Courson (LIOT) critique « un recours excessif aux prélèvements obligatoires » tout en voulant débattre.
L’article 55 a été adopté malgré l’opposition du Rassemblement national, de La France insoumise, de l’UDR et de la GDR. Les amendements portant articles additionnels après l’article 3 (76 scrutins publics) et après l’article 4 (55) sont les plus disputés à ce jour (open data de l’Assemblée).
Où en est le texte
Première lecture à l’Assemblée, discussion de la première partie (recettes) en cours. Le 23 octobre, le Gouvernement a demandé l’examen prioritaire de plusieurs articles (6, 9, 15, 17, 18, 56 et 10) à la reprise des débats (compte rendu ; dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi de finances pour 2027 » (01/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, exposé général des motifs (01/10/2026)
- Scrutin public n° 8707 sur la motion de rejet préalable (13/10/2026)
- Scrutin public n° 8725 sur l’article 55 (14/10/2026)
- Scrutin public n° 8737 sur l’article 2 (15/10/2026)
- Scrutins publics n° 8818 et 8876 sur les articles 4 et 5 (16/10/2026)
- Scrutins publics n° 8888 et 8892 sur les articles 38 et 40 (19/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 13 octobre 2026 (motion de rejet préalable) (13/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 23 octobre 2026 (annonce de l’ordre d’examen) (23/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 19
- Contre
- 55
- Abstention
- 10
- Non-votant
- 2
- Votants
- 84
- Exprimés
- 74
- Majorité requise
- 38
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Abstention | 1 | 0 | 7 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Abstention | 0 | 1 | 3 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 32 dans le décompte
Contre (32) : Emmanuel Blairy, Nicolas Dragon, José Beaurain, Julien Rancoule, Cyril Tribuiani, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Florence Goulet, Alexandre Sabatou, Caroline Parmentier, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Gabriel Tomatis, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Catherine Dellong Meng, Laurence Gardet, Benoit Gilhet, Thierry Perez, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Patrice Martin, Matthias Renault, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard
Ensemble pour la République 9 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Ledoux, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Amélia Lakrafi, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Paul Midy, Prisca Thevenot
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 8 dans le décompte
Pour (1) : Arnaud Saint-Martin
Abstention (7) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Nathalie Oziol, Ersilia Soudais, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (10) : Jérôme Guedj, Christine Pirès Beaune, Christian Baptiste, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Dorine Bregman, Jacques Oberti, Estelle Mercier, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Juvin, Nicolas Ray, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (7) : Eva Sas, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (1) : Éric Martineau
Abstention (3) : Jean-Paul Mattei, Sabine Gervais, Louise Morel
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (4) : Laurent Marcangeli, François Jolivet, Félicie Gérard, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Valérie Létard, Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Nicolas Sansu
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin