Votes · Scrutin n° 8987 · 22 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1364 de M. Maudet à l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (première lecture).
Dossier : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 7
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Maudet et 68 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise a pour objet de soumettre les revenus d’intéressement, de participation et l’épargne salariale à l’assiette des cotisations de sécurité sociale pour leur part patronale.
Pour contourner la question de l’augmentation des salaires, les Gouvernements successifs ont renforcé le recours aux dispositifs de rémunération désocialisés : prime de partage de la valeur, participation et intéressement. Ce faisant, les compléments de salaire se sont, en partie, substitués aux salaires de base, ce qui a contribué à l’érosion de la base contributive des cotisations sociales.
Selon le service statistiques du ministère du Travail, la part du salaire de base dans les rémunérations du secteur privé a reculé de 2,4 points pendant le mandat d’Emmanuel Macron.
La dynamique récente des compléments de salaires a entrainé une augmentation de la perte nette de recettes équivalente à la hausse du déficit de la sécurité sociale entre 2018 et 2022, pour atteindre 18 milliards en 2022 (Cour des comptes, 2024).
Si l’intéressement, la participation et les abondements d’épargne salariale ne sont pas soumis à cotisations sociales, il sont assujettis au forfait social de manière inégale et dont la compensation, bien trop faible, a été marquée par des allègements successifs au cours de la période récente.
En 2015, le taux du forfait social sur l’intéressement a été réduit de 20 % à 16 % en cas d’investissement dans des PME et un taux de 10 % a été créé, sous conditions, lorsque l’employeur abonde l’intéressement des salariés. En 2019, l’assujettissement au forfait social a été supprimé dans les entreprises de moins de 250 salariés. En 2021, il a été supprimé sur les abondements volontaires des employeurs au plan d’épargne entreprise. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Substituer aux alinéas 38 et 39 les huit alinéas suivants :
« G. – L’article L. 242‑1 est ainsi modifié :
« 1° Après le I, il est inséré un I bis ainsi rédigé :
« I bis. – Par dérogation au I du présent article, sont exclus de l’assiette des cotisations de sécurité sociale pour leur part salariale :
« 1° Les sommes allouées au salarié au titre de l’intéressement prévu à l’article L. 3312‑4 du code du travail ;
« 2° Les sommes réparties au titre de la réserve spéciale de participation conformément à l’article L. 3324‑5 du même code ; » ;
« 2° Le II est ainsi modifié :
« a) Les 1 et 2° sont abrogés ;
« b) Au 3°, les mots : « même code » sont remplacés par les mots : « code du travail » ; ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 7 : 29 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Rien n’est adopté à ce stade. Ce qui suit décrit le texte déposé le 1er octobre 2026 (n° 3211), présenté au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu par Jean-Pierre Farandou (travail), Stéphanie Rist (santé) et David Amiel (comptes publics), puis les votes déjà intervenus.
- Déficit des régimes obligatoires de base prévu à 12,7 milliards d’euros en 2027, après 21,8 milliards en 2026, selon l’exposé des motifs (articles 1er et 16).
- Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam, plafond voté chaque année pour les dépenses de santé) fixé à 278,7 milliards d’euros, en hausse de 2,0 % (article 43).
- Recettes : nouvelle assiette des allègements généraux de cotisations (article 7), régime social des indemnités de rupture du contrat de travail (article 6), extension de la « taxe soda » (article 8), contribution de 2,05 % des complémentaires santé prolongée en 2027 (article 12).
- Dépenses : revalorisation complète des retraites en 2027 pour une pension totale jusqu’à 1 260 euros par mois, réduite au-delà (article 35) ; condition d’un an de résidence pour certaines prestations familiales versées aux étrangers hors Union européenne (article 37).
Votes intervenus : la motion de rejet préalable de La France insoumise a été repoussée le 20 octobre par 259 voix contre 128 (scrutin n° 8895). L’article 6 a été adopté par 100 voix contre 27 (scrutin n° 8964), l’article 7 rejeté par 128 voix contre 34 (scrutin n° 8998). Le 23 octobre, la deuxième partie, consacrée aux recettes de 2027, a été rejetée par 115 voix contre 1 (scrutin n° 9097).
Ce que ça change
Pour l’instant, rien : aucune mesure n’est en vigueur. La présidente de séance a rappelé que, selon le code de la sécurité sociale, « la troisième partie ne peut être mise en discussion qu’après l’adoption de la deuxième » ; le projet a donc été rejeté dans son ensemble (compte rendu). Les dépenses (retraites, prestations familiales, Ondam) n’ont pas été débattues en séance.
Ce qui est contesté
Sur la deuxième partie, ont voté contre : Rassemblement national (60), La France insoumise (21), écologistes (10), socialistes (8), Droite républicaine (8), UDR (3), EPR (2), GDR (2), LIOT (1). Se sont abstenus : Démocrates (12), Horizons (5), EPR (4), Droite républicaine (1). Un député Démocrate a voté pour.
Explications de vote du 23 octobre :
- Joëlle Mélin (RN) refuse de passer au volet des dépenses, « qui sera tout aussi malmené ». Olivier Fayssat (UDR) dénonce « une litanie de taxes » et la hausse des cotisations sur les indemnités de rupture.
- Sandrine Runel (socialiste) estime que les recettes sont cherchées « chez les malades, les retraités les plus pauvres » et défend une CSG sur le capital. Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) vise les exonérations de cotisations.
- Audrey Abadie-Amiel (LIOT) relève que « presque toutes les mesures d’économies ou de recettes ont été supprimées ». Justine Gruet (Droite républicaine) chiffre le dérapage du déficit à « 24 milliards d’euros ».
- Michel Lauzzana (EPR) juge la copie du Gouvernement « très critiquable » mais parle d’une « dérive financière complète » après les votes ; son groupe s’abstient. Cyrille Isaac-Sibille (Démocrates) défend un projet « difficile, mais courageux » et s’abstient. Laurent Marcangeli (Horizons) s’abstient aussi.
Les amendements portant articles additionnels après l’article 7 (34 scrutins publics) et après l’article 8 (30), puis l’article 7 lui-même (29), ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Où en est le texte
Le projet a été rejeté par l’Assemblée nationale en première lecture le 23 octobre 2026 (T.A. n° 358). Le dossier de l’Assemblée, consulté le 24 octobre 2026, n’indique pas encore l’étape suivante.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 » (23/10/2026)
- Projet de loi n° 3211 et exposés des motifs (01/10/2026)
- Projet de loi rejeté, T.A. n° 358 (23/10/2026)
- Scrutin public n° 9097 sur la deuxième partie (23/10/2026)
- Scrutin public n° 8998 sur l’article 7 (22/10/2026)
- Scrutin public n° 8964 sur l’article 6 (21/10/2026)
- Scrutin public n° 8895 sur la motion de rejet préalable (20/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 23 octobre 2026 (23/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 octobre 2026 (motion de rejet préalable) (20/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 41
- Contre
- 100
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 141
- Exprimés
- 141
- Majorité requise
- 71
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Contre | 0 | 57 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 57 dans le décompte
Contre (57) : José Beaurain, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Cyril Tribuiani, Joëlle Mélin, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Muriel Fiol, Édouard Jordan, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Florence Joubert, René Lioret, Laurence Gardet, Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Contre (19) : Vincent Ledoux, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Pieyre-Alexandre Anglade, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Annie Vidal, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Julie Delpech, Nathalie Coggia, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (15) : Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Louis Boyard, Karen Erodi, Anaïs Belouassa-Cherifi, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (14) : Jérôme Guedj, Belkhir Belhaddad, Melouka Hadj-Mimoune, Elie Califer, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Denis Fégné, Sandrine Runel, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Rolland, Thibault Bazin, Sylvie Bonnet, Jérôme End, Justine Gruet, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Julie Ozenne
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Jean-Carles Grelier, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Frédéric Petit, Sabine Gervais, Emmanuel Mandon, Louise Morel
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (8) : Bertrand Bouyx, Christine Le Nabour, François Gernigon, Pierre Marle, Frédéric Valletoux, Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Paul Lecoq, Yannick Monnet, Jean-Victor Castor, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Contre (3) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin