Votes · Scrutin n° 9019 · 22 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3143 de M. Valletoux après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (première lecture).
Dossier : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 · Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 7
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Valletoux (HOR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le recours aux programmes de dépistage organisé des cancers reste en France très en deçà des objectifs fixés par les recommandations européennes, en particulier pour le cancer colorectal. Les actifs, souvent éloignés du système de soins faute de temps ou d’information, sont parmi les publics les plus difficiles à atteindre. Parallèlement, les difficultés d’accès aux soins et le retard de prise en charge alimentent la désinsertion professionnelle, avec un coût important pour les personnes, les entreprises et l’assurance maladie.
L’entreprise constitue un lieu privilégié pour toucher ces publics. Pourtant, les sommes qu’un employeur consacre à des services de prévention et d’orientation vers les soins au bénéfice de ses salariés sont aujourd’hui intégrées à l’assiette des cotisations sociales, ce qui en freine le développement.
Le présent article exclut donc de l’assiette des cotisations, dans la limite de 150 euros par salarié et par an, les sommes que l’employeur consacre au financement de tels services. Ce montant est revalorisé chaque année.
Cette exonération est strictement encadrée :
les services doivent avoir pour seul objet l’orientation vers le dépistage organisé, l’aide à l’accès aux soins et la prévention de la désinsertion professionnelle ;
ils doivent être rendus par des professionnels de santé ou sous leur responsabilité, dans le respect du secret médical, et les données de santé doivent être confiées à un hébergeur agréé ; l’employeur n’a ainsi accès à aucune information individuelle sur la santé de ses salariés ;
ils doivent être mis en place à titre collectif, selon les mêmes modalités que les garanties de protection sociale complémentaire, et être gratuits pour les salariés concernés. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le II de l’article L. 242‑1 du code de la sécurité sociale est complété par un 8° ainsi rédigé :
« 8° Les sommes consacrées par l’employeur au financement de services de prévention et d’accompagnement vers les soins au bénéfice de ses salariés, lorsque ces services remplissent les conditions suivantes :
« a) Ils ont pour seul objet l’orientation vers les programmes de dépistage organisé, l’aide à l’accès aux soins et la prévention de la désinsertion professionnelle ;
« b) Ils sont rendus par des professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du code de la santé publique ou sous leur responsabilité, dans le respect du secret prévu au I de l’article L. 1110‑4 du même code, et les données de santé qu’ils recueillent sont hébergées dans les conditions prévues à l’article L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 7 : 34 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Rien n’est adopté à ce stade. Ce qui suit décrit le texte déposé le 1er octobre 2026 (n° 3211), présenté au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu par Jean-Pierre Farandou (travail), Stéphanie Rist (santé) et David Amiel (comptes publics), puis les votes déjà intervenus.
- Déficit des régimes obligatoires de base prévu à 12,7 milliards d’euros en 2027, après 21,8 milliards en 2026, selon l’exposé des motifs (articles 1er et 16).
- Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam, plafond voté chaque année pour les dépenses de santé) fixé à 278,7 milliards d’euros, en hausse de 2,0 % (article 43).
- Recettes : nouvelle assiette des allègements généraux de cotisations (article 7), régime social des indemnités de rupture du contrat de travail (article 6), extension de la « taxe soda » (article 8), contribution de 2,05 % des complémentaires santé prolongée en 2027 (article 12).
- Dépenses : revalorisation complète des retraites en 2027 pour une pension totale jusqu’à 1 260 euros par mois, réduite au-delà (article 35) ; condition d’un an de résidence pour certaines prestations familiales versées aux étrangers hors Union européenne (article 37).
Votes intervenus : la motion de rejet préalable de La France insoumise a été repoussée le 20 octobre par 259 voix contre 128 (scrutin n° 8895). L’article 6 a été adopté par 100 voix contre 27 (scrutin n° 8964), l’article 7 rejeté par 128 voix contre 34 (scrutin n° 8998). Le 23 octobre, la deuxième partie, consacrée aux recettes de 2027, a été rejetée par 115 voix contre 1 (scrutin n° 9097).
Ce que ça change
Pour l’instant, rien : aucune mesure n’est en vigueur. La présidente de séance a rappelé que, selon le code de la sécurité sociale, « la troisième partie ne peut être mise en discussion qu’après l’adoption de la deuxième » ; le projet a donc été rejeté dans son ensemble (compte rendu). Les dépenses (retraites, prestations familiales, Ondam) n’ont pas été débattues en séance.
Ce qui est contesté
Sur la deuxième partie, ont voté contre : Rassemblement national (60), La France insoumise (21), écologistes (10), socialistes (8), Droite républicaine (8), UDR (3), EPR (2), GDR (2), LIOT (1). Se sont abstenus : Démocrates (12), Horizons (5), EPR (4), Droite républicaine (1). Un député Démocrate a voté pour.
Explications de vote du 23 octobre :
- Joëlle Mélin (RN) refuse de passer au volet des dépenses, « qui sera tout aussi malmené ». Olivier Fayssat (UDR) dénonce « une litanie de taxes » et la hausse des cotisations sur les indemnités de rupture.
- Sandrine Runel (socialiste) estime que les recettes sont cherchées « chez les malades, les retraités les plus pauvres » et défend une CSG sur le capital. Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) vise les exonérations de cotisations.
- Audrey Abadie-Amiel (LIOT) relève que « presque toutes les mesures d’économies ou de recettes ont été supprimées ». Justine Gruet (Droite républicaine) chiffre le dérapage du déficit à « 24 milliards d’euros ».
- Michel Lauzzana (EPR) juge la copie du Gouvernement « très critiquable » mais parle d’une « dérive financière complète » après les votes ; son groupe s’abstient. Cyrille Isaac-Sibille (Démocrates) défend un projet « difficile, mais courageux » et s’abstient. Laurent Marcangeli (Horizons) s’abstient aussi.
Les amendements portant articles additionnels après l’article 7 (34 scrutins publics) et après l’article 8 (30), puis l’article 7 lui-même (29), ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Où en est le texte
Le projet a été rejeté par l’Assemblée nationale en première lecture le 23 octobre 2026 (T.A. n° 358). Le dossier de l’Assemblée, consulté le 24 octobre 2026, n’indique pas encore l’étape suivante.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 » (23/10/2026)
- Projet de loi n° 3211 et exposés des motifs (01/10/2026)
- Projet de loi rejeté, T.A. n° 358 (23/10/2026)
- Scrutin public n° 9097 sur la deuxième partie (23/10/2026)
- Scrutin public n° 8998 sur l’article 7 (22/10/2026)
- Scrutin public n° 8964 sur l’article 6 (21/10/2026)
- Scrutin public n° 8895 sur la motion de rejet préalable (20/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 23 octobre 2026 (23/10/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 octobre 2026 (motion de rejet préalable) (20/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 42
- Contre
- 5
- Abstention
- 61
- Non-votant
- 2
- Votants
- 108
- Exprimés
- 47
- Majorité requise
- 24
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Abstention | 0 | 0 | 40 | 0 | |
| EPR 90 membres | Pour | 11 | 2 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Abstention | 0 | 0 | 13 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 3 | 0 | 5 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 3 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 40 dans le décompte
Abstention (40) : Jordan Guitton, Angélique Ranc, Julien Rancoule, Joëlle Mélin, Géraldine Grangier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Muriel Fiol, Édouard Jordan, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 14 dans le décompte
Pour (11) : Sébastien Huyghe, Vincent Ledoux, François Cormier-Bouligeon, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Jean-François Rousset, Françoise Buffet, Prisca Thevenot, Emmanuelle Hoffman
Contre (2) : Liliana Tanguy, Annie Vidal
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Abstention (13) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Laurent Alexandre, Hadrien Clouet, François Piquemal, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Karen Erodi, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Pour (9) : Martine Froger, Aurélien Rousseau, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Denis Fégné, Thierry Sother, Sandrine Runel
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Thibault Bazin, Sylvie Bonnet, Josiane Corneloup, Justine Gruet
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (3) : Dominique Voynet, Damien Girard, Boris Tavernier
Abstention (5) : Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (7) : Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Frédéric Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (5) : Pierre Marle, Anne-Cécile Violland, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (3) : Stéphane Viry, Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac
Contre (2) : Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Abstention (3) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Antoine Valentin
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin