Votes · Scrutin n° 990 · 13 mars 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 28 de M. Schreck à l'article premier de la proposition de loi visant à assouplir la gestion des compétences "eau" et "assainissement" (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Proposition de loi visant à assouplir la gestion des compétences « eau » et « assainissement » Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Schreck et 122 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, nous souhaitons aborder le retour des compétences « eau » et « assainissement » dans certains cas et de manière encadrée.
Cette réversibilité a toujours été envisagée lors des tentatives parlementaires visant à atténuer le transfert obligatoire vers les communautés de communes, obligation qui avait été décidée soudainement sans concertation ni étude d’impact.
En commission des lois, le sujet a été abordé au travers de divers amendements.
Nous estimons que le principe de libre administration des communes doit être pleinement restauré et que les dispositions de la présente loi ne peuvent être que de simples « assouplissements », mais doivent permettre de rendre aux communes les compétences dont elles s’estiment lésées, qu’elles ont parfois transférées dans la précipitation…
Cette reprise de compétence doit néanmoins être conditionnée et c’est le sens de cet amendement.
Il prévoit que :
1° Seules les communautés de communes seront concernées par le retour des compétences. En effet, il n’est pas concevable d’organiser ce retour dans les communautés d’agglomération ou dans les métropoles.
2° L’éventuel retour des compétences est en outre envisageable par un vote conforme de la commune et de la communauté de commune auxquelles elles appartiennent.
3° Ce transfert ne serait en outre pas envisageable dès lors :
· que toutes les communes d’une communauté de communes ont déjà transféré les compétences « eau » et « assainissement » ;
· que des investissements importants sur les réseaux d’adduction et infrastructures d’assainissement ont été réalisés par la communauté de communes au profit de la commune qui solliciterait le retour des compétences et ne satisferait plus ainsi à son devoir de solidarité réciproque. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 7, insérer les trois alinéas suivants :
« a bis) Après le même 7° , sont insérés deux alinéas ainsi rédigés :
« Lorsque l’ensemble des communes membres d’une communauté de communes n’a pas transféré tout ou partie des compétences mentionnées aux 6° et 7° , et sous réserve qu’aucune dépense substantielle relative à des investissements structurants n’ait été engagée en la matière, ces compétences peuvent, à tout moment et en tout ou partie, être restituées à chacune de ces communes membres après accord de la moitié au moins de leurs conseils municipaux, ou à une ou plusieurs d’entre elles après délibérations concordantes de l’organe délibérant de la communauté de communes et des conseils municipaux des communes membres concernées. Sont applicables à ces restitutions de compétences les articles L. 1321‑1 à L. 1321‑6. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée au Sénat le 29 avril 2024 par le sénateur Jean-Michel Arnaud et plusieurs de ses collègues, avec procédure accélérée engagée le 9 octobre 2024. Selon son exposé des motifs, le transfert obligatoire des compétences « eau » et « assainissement » des communes aux communautés de communes, au plus tard le 1er janvier 2026, va « à l’encontre des dynamiques de différenciation et de territorialisation de l’action publique ». D’après le texte définitif :
- une communauté de communes n’exerce ces compétences à titre obligatoire que si toutes ses communes les lui avaient transférées à la date de la loi ; sinon, elles deviennent facultatives (article 2) ;
- la communauté de communes peut déléguer l’eau, l’assainissement et les eaux pluviales, par convention, à une commune membre ou à un syndicat inclus dans son périmètre ; elle doit répondre en deux mois à la demande d’une commune (article 2) ;
- après chaque élection municipale, la commission départementale de la coopération intercommunale, puis les conseils municipaux et communautaires, débattent de la ressource en eau, sur la base d’un rapport du préfet (article 3) ;
- une commune privée d’eau potable pour la première fois depuis cinq ans peut demander de l’eau gratuite à une commune voisine excédentaire, l’acheminement restant à sa charge (article 4).
Ce que ça change
Selon la ministre Françoise Gatel, une commune qui n’a pas transféré ces compétences au 1er janvier 2026 pourra les « conserver », les confier à un syndicat ou les transférer à la communauté de communes. Elle indique que 3 600 communes exercent seules ces compétences, soit 14 % des communes membres d’une communauté de communes (séance du 13 mars 2025). Les transferts déjà réalisés, y compris vers les communautés d’agglomération (effectifs depuis 2020 selon la ministre), ne sont pas remis en cause.
Ce qui est contesté
Le texte a fait l’objet d’un large accord : l’Assemblée l’a adopté le 13 mars 2025 par 113 voix contre 3, sans abstention. Les 3 voix contre viennent de 2 députés SOC et 1 député Dem ; tous les groupes ont voté pour majoritairement (scrutin n° 997).
Le désaccord principal a porté sur l’article premier : fallait-il permettre aux communes de reprendre des compétences déjà transférées ? Philippe Schreck (RN) l’a défendu, jugeant le retour en arrière « justifié par les principes de justice et de libre administration des collectivités ». Le rapporteur Jean-Luc Warsmann s’y est opposé « au nom d’un principe de stabilité pour les communes qui ont transféré leurs compétences » (13 mars 2025). L’amendement de René Pilato, défendu par Gabriel Amard (LFI-NFP), et celui de Philippe Schreck ont été rejetés par 77 voix contre 21 et 65 voix contre 27 (scrutin n° 989, n° 990). Éric Martineau (Dem) a rappelé que pour son groupe « l’intercommunalité est, à nos yeux, l’échelon le plus pertinent ».
L’article 6, ajouté en commission, allégeait les contrôles des installations d’assainissement individuel. Nicole Le Peih (EPR) estimait qu’il « affaiblit gravement le contrôle des installations d’assainissement non collectif » ; il a été supprimé par 92 voix contre 9 (scrutin n° 995). Pour les partisans du texte, Jean-Luc Warsmann parle d’une « proposition de loi de liberté » ; Constance de Pélichy (LIOT) y voit « une porte de sortie équilibrée ».
Où en est le texte
Le Sénat a adopté sans modification, en deuxième lecture, le texte de l’Assemblée le 1er avril 2025. Promulguée : loi n° 2025-327 du 11 avril 2025 visant à assouplir la gestion des compétences « eau » et « assainissement », publiée au Journal officiel du 12 avril 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Exposé des motifs de la proposition de loi n° 556 (Sénat) (29/04/2024)
- Texte définitif adopté par le Sénat (T.A. n° 96) (01/04/2025)
- Scrutin n° 997 (ensemble, Assemblée) (13/03/2025)
- Scrutin n° 989 (amendement n° 13 de M. Pilato, article premier) (13/03/2025)
- Scrutin n° 990 (amendement n° 28 de M. Schreck, article premier) (13/03/2025)
- Scrutin n° 995 (suppression de l’article 6) (13/03/2025)
- Compte rendu de la séance du 13 mars 2025 (13/03/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 27
- Contre
- 65
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 94
- Exprimés
- 92
- Majorité requise
- 47
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 27 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 5 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 8 | 1 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 27 dans le décompte
Pour (27) : Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Alexis Jolly, Christophe Bentz, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Philippe Schreck, Bruno Clavet, Pascal Markowsky, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Contre (16) : Stéphane Mazars (ancien député), Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Philippe Fait, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Bastien Marchive, David Amiel (ancien député), Joséphine Missoffe, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 8 dans le décompte
Contre (8) : Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Gabriel Amard (ancien député), Rodrigo Arenas, Maxime Laisney, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 6 dans le décompte
Contre (5) : Claudia Rouaux, Christine Pirès Beaune, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand
Abstention (1) : Sophie Pantel
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Descoeur, Olivier Marleix (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Fabrice Brun, Émilie Bonnivard, Alexandre Portier, François-Xavier Ceccoli
Abstention (1) : Thibault Bazin
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Contre (6) : Hendrik Davi, Marie Pochon, Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Lisa Belluco, Emmanuel Duplessy
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Marc Fesneau, Philippe Bolo (ancien député), Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Bertrand Bouyx, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Luc Warsmann, Salvatore Castiglione (ancien député), Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Stella Dupont, Sacha Houlié, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin