Votes · Scrutin n° 993 · 13 mars 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 17 de Mme Pochon à l'article 3 bis de la proposition de loi visant à assouplir la gestion des compétences "eau" et "assainissement" (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire" Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3 bis
- Texte
- Proposition de loi visant à assouplir la gestion des compétences « eau » et « assainissement » Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pochon et 34 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement a pour objectif de restaurer la version précédente de l’alinéa 7 qui précisait que la réunion de la CDCI doit avoir lieu une fois par an. Tenir une réunion de la CDCI seulement une fois après le renouvellement des conseils municipaux n’est pas tenable pour les élus locaux chargés de la gestion et du cycle de l’eau. Après le renouvellement des conseils municipaux de 2026, les prochaines élections municipales auront sans doute lieu en 2033, dans 8 ans ; d’ici là le dérèglement climatique aura frappé durement certains territoire par la sécheresse ou la dégradation de la qualité de l’eau potable. Il est primordial de maintenir une réunion de la CDCI une fois par an, tant les enjeux autour de cette question de la ressource en eau sont évolutifs.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au début de l’alinéa 7, substituer aux mots :
« Dans les six mois suivant chaque renouvellement général des conseils municipaux »
les mots :
« Une fois par an ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée au Sénat le 29 avril 2024 par le sénateur Jean-Michel Arnaud et plusieurs de ses collègues, avec procédure accélérée engagée le 9 octobre 2024. Selon son exposé des motifs, le transfert obligatoire des compétences « eau » et « assainissement » des communes aux communautés de communes, au plus tard le 1er janvier 2026, va « à l’encontre des dynamiques de différenciation et de territorialisation de l’action publique ». D’après le texte définitif :
- une communauté de communes n’exerce ces compétences à titre obligatoire que si toutes ses communes les lui avaient transférées à la date de la loi ; sinon, elles deviennent facultatives (article 2) ;
- la communauté de communes peut déléguer l’eau, l’assainissement et les eaux pluviales, par convention, à une commune membre ou à un syndicat inclus dans son périmètre ; elle doit répondre en deux mois à la demande d’une commune (article 2) ;
- après chaque élection municipale, la commission départementale de la coopération intercommunale, puis les conseils municipaux et communautaires, débattent de la ressource en eau, sur la base d’un rapport du préfet (article 3) ;
- une commune privée d’eau potable pour la première fois depuis cinq ans peut demander de l’eau gratuite à une commune voisine excédentaire, l’acheminement restant à sa charge (article 4).
Ce que ça change
Selon la ministre Françoise Gatel, une commune qui n’a pas transféré ces compétences au 1er janvier 2026 pourra les « conserver », les confier à un syndicat ou les transférer à la communauté de communes. Elle indique que 3 600 communes exercent seules ces compétences, soit 14 % des communes membres d’une communauté de communes (séance du 13 mars 2025). Les transferts déjà réalisés, y compris vers les communautés d’agglomération (effectifs depuis 2020 selon la ministre), ne sont pas remis en cause.
Ce qui est contesté
Le texte a fait l’objet d’un large accord : l’Assemblée l’a adopté le 13 mars 2025 par 113 voix contre 3, sans abstention. Les 3 voix contre viennent de 2 députés SOC et 1 député Dem ; tous les groupes ont voté pour majoritairement (scrutin n° 997).
Le désaccord principal a porté sur l’article premier : fallait-il permettre aux communes de reprendre des compétences déjà transférées ? Philippe Schreck (RN) l’a défendu, jugeant le retour en arrière « justifié par les principes de justice et de libre administration des collectivités ». Le rapporteur Jean-Luc Warsmann s’y est opposé « au nom d’un principe de stabilité pour les communes qui ont transféré leurs compétences » (13 mars 2025). L’amendement de René Pilato, défendu par Gabriel Amard (LFI-NFP), et celui de Philippe Schreck ont été rejetés par 77 voix contre 21 et 65 voix contre 27 (scrutin n° 989, n° 990). Éric Martineau (Dem) a rappelé que pour son groupe « l’intercommunalité est, à nos yeux, l’échelon le plus pertinent ».
L’article 6, ajouté en commission, allégeait les contrôles des installations d’assainissement individuel. Nicole Le Peih (EPR) estimait qu’il « affaiblit gravement le contrôle des installations d’assainissement non collectif » ; il a été supprimé par 92 voix contre 9 (scrutin n° 995). Pour les partisans du texte, Jean-Luc Warsmann parle d’une « proposition de loi de liberté » ; Constance de Pélichy (LIOT) y voit « une porte de sortie équilibrée ».
Où en est le texte
Le Sénat a adopté sans modification, en deuxième lecture, le texte de l’Assemblée le 1er avril 2025. Promulguée : loi n° 2025-327 du 11 avril 2025 visant à assouplir la gestion des compétences « eau » et « assainissement », publiée au Journal officiel du 12 avril 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Exposé des motifs de la proposition de loi n° 556 (Sénat) (29/04/2024)
- Texte définitif adopté par le Sénat (T.A. n° 96) (01/04/2025)
- Scrutin n° 997 (ensemble, Assemblée) (13/03/2025)
- Scrutin n° 989 (amendement n° 13 de M. Pilato, article premier) (13/03/2025)
- Scrutin n° 990 (amendement n° 28 de M. Schreck, article premier) (13/03/2025)
- Scrutin n° 995 (suppression de l’article 6) (13/03/2025)
- Compte rendu de la séance du 13 mars 2025 (13/03/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 29
- Contre
- 63
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 94
- Exprimés
- 92
- Majorité requise
- 47
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 4 | 10 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 9 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Contre (25) : Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Alexis Jolly, Christophe Bentz, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Philippe Schreck, Bruno Clavet, Pascal Markowsky, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Pour (4) : Stéphane Mazars (ancien député), Nicole Le Peih, Jean-François Rousset, Anne-Sophie Ronceret
Contre (10) : Jean-René Cazeneuve, Denis Masséglia, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, David Amiel (ancien député), Laure Miller
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Pour (9) : Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Matthias Tavel, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Maxime Laisney, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (9) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Christine Pirès Beaune, Boris Vallaud, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Céline Thiébault-Martinez
Abstention (1) : Sophie Pantel
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (7) : Vincent Descoeur, Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Fabrice Brun, Émilie Bonnivard
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Hendrik Davi, Marie Pochon, Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Lisa Belluco, Emmanuel Duplessy
Les Démocrates 10 dans le décompte
Contre (10) : Marc Fesneau, Philippe Bolo (ancien député), Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Bertrand Bouyx, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Luc Warsmann, Salvatore Castiglione (ancien député), Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Abstention (1) : Nicolas Sansu
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin