Votes · Scrutin n° 994 · 13 mars 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 39 de M. Fesneau à l'article 5 de la proposition de loi visant à assouplir la gestion des compétences "eau" et "assainissement" (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Proposition de loi visant à assouplir la gestion des compétences « eau » et « assainissement » Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Fesneau et 32 cosignataires (DEM) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L'article 5 de la présente proposition de loi, introduit en commission des lois, entend permettre l'organisation de la solidarité territoriale en cas de pénurie d’eau dans une commune.
Dans ce sens, il prévoit que lorsque le service public d’eau potable d’une commune connait pour la première fois en 5 ans une pénurie d’eau potable, le maire pourrait demander à une commune voisine qui connait un excédent d’eau potable la mise à disposition d’une partie de cette eau au bénéfice de sa commune. La ressource en eau serait fournie gratuitement par la commune excédentaire et la commune déficitaire finance son acheminement. La commune donatrice serait également exemptée de toute contribution sur l’eau faisant l’objet du transfert gratuit.
Si ces dispositions confèrent une certaine liberté aux communes, elles ne vont pas dans le sens d'une responsabilisation des collectivités dans leur gestion de l'eau. Ainsi, les communes pourraient bénéficier dans certaines conditions d'une eau gratuite et dans un contexte de changement climatique de raréfaction de la ressource en eau, les collectivités se doivent d'adopter une gestion responsable de l'eau et de veiller aux rendements.
Il est en conséquence proposé à travers cet amendement de supprimer cet article.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée au Sénat le 29 avril 2024 par le sénateur Jean-Michel Arnaud et plusieurs de ses collègues, avec procédure accélérée engagée le 9 octobre 2024. Selon son exposé des motifs, le transfert obligatoire des compétences « eau » et « assainissement » des communes aux communautés de communes, au plus tard le 1er janvier 2026, va « à l’encontre des dynamiques de différenciation et de territorialisation de l’action publique ». D’après le texte définitif :
- une communauté de communes n’exerce ces compétences à titre obligatoire que si toutes ses communes les lui avaient transférées à la date de la loi ; sinon, elles deviennent facultatives (article 2) ;
- la communauté de communes peut déléguer l’eau, l’assainissement et les eaux pluviales, par convention, à une commune membre ou à un syndicat inclus dans son périmètre ; elle doit répondre en deux mois à la demande d’une commune (article 2) ;
- après chaque élection municipale, la commission départementale de la coopération intercommunale, puis les conseils municipaux et communautaires, débattent de la ressource en eau, sur la base d’un rapport du préfet (article 3) ;
- une commune privée d’eau potable pour la première fois depuis cinq ans peut demander de l’eau gratuite à une commune voisine excédentaire, l’acheminement restant à sa charge (article 4).
Ce que ça change
Selon la ministre Françoise Gatel, une commune qui n’a pas transféré ces compétences au 1er janvier 2026 pourra les « conserver », les confier à un syndicat ou les transférer à la communauté de communes. Elle indique que 3 600 communes exercent seules ces compétences, soit 14 % des communes membres d’une communauté de communes (séance du 13 mars 2025). Les transferts déjà réalisés, y compris vers les communautés d’agglomération (effectifs depuis 2020 selon la ministre), ne sont pas remis en cause.
Ce qui est contesté
Le texte a fait l’objet d’un large accord : l’Assemblée l’a adopté le 13 mars 2025 par 113 voix contre 3, sans abstention. Les 3 voix contre viennent de 2 députés SOC et 1 député Dem ; tous les groupes ont voté pour majoritairement (scrutin n° 997).
Le désaccord principal a porté sur l’article premier : fallait-il permettre aux communes de reprendre des compétences déjà transférées ? Philippe Schreck (RN) l’a défendu, jugeant le retour en arrière « justifié par les principes de justice et de libre administration des collectivités ». Le rapporteur Jean-Luc Warsmann s’y est opposé « au nom d’un principe de stabilité pour les communes qui ont transféré leurs compétences » (13 mars 2025). L’amendement de René Pilato, défendu par Gabriel Amard (LFI-NFP), et celui de Philippe Schreck ont été rejetés par 77 voix contre 21 et 65 voix contre 27 (scrutin n° 989, n° 990). Éric Martineau (Dem) a rappelé que pour son groupe « l’intercommunalité est, à nos yeux, l’échelon le plus pertinent ».
L’article 6, ajouté en commission, allégeait les contrôles des installations d’assainissement individuel. Nicole Le Peih (EPR) estimait qu’il « affaiblit gravement le contrôle des installations d’assainissement non collectif » ; il a été supprimé par 92 voix contre 9 (scrutin n° 995). Pour les partisans du texte, Jean-Luc Warsmann parle d’une « proposition de loi de liberté » ; Constance de Pélichy (LIOT) y voit « une porte de sortie équilibrée ».
Où en est le texte
Le Sénat a adopté sans modification, en deuxième lecture, le texte de l’Assemblée le 1er avril 2025. Promulguée : loi n° 2025-327 du 11 avril 2025 visant à assouplir la gestion des compétences « eau » et « assainissement », publiée au Journal officiel du 12 avril 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Exposé des motifs de la proposition de loi n° 556 (Sénat) (29/04/2024)
- Texte définitif adopté par le Sénat (T.A. n° 96) (01/04/2025)
- Scrutin n° 997 (ensemble, Assemblée) (13/03/2025)
- Scrutin n° 989 (amendement n° 13 de M. Pilato, article premier) (13/03/2025)
- Scrutin n° 990 (amendement n° 28 de M. Schreck, article premier) (13/03/2025)
- Scrutin n° 995 (suppression de l’article 6) (13/03/2025)
- Compte rendu de la séance du 13 mars 2025 (13/03/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 28
- Contre
- 63
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 94
- Exprimés
- 91
- Majorité requise
- 46
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 7 | 5 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 5 | 3 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 1 | 5 | 2 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 1 | 9 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 3 | 1 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Contre (25) : Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Alexis Jolly, Christophe Bentz, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Philippe Schreck, Bruno Clavet, Pascal Markowsky, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 13 dans le décompte
Pour (7) : Jean-René Cazeneuve, Denis Masséglia, Véronique Riotton, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech
Contre (5) : Stéphane Mazars (ancien député), Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Jean-François Rousset, Laure Miller
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Contre (9) : Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Maxime Laisney, Pierre-Yves Cadalen, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Pour (5) : Guillaume Garot, Christine Pirès Beaune, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Sophie Pantel
Contre (3) : Iñaki Echaniz, Valérie Rossi, Céline Thiébault-Martinez
Abstention (1) : Marietta Karamanli
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (1) : Thibault Bazin
Contre (5) : Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Fabrice Brun, Émilie Bonnivard, François-Xavier Ceccoli
Abstention (2) : Vincent Descoeur, Virginie Duby-Muller
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Pour (1) : Nicolas Bonnet
Contre (9) : Hendrik Davi, Marie Pochon, Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (9) : Marc Fesneau, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Pour (3) : Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard
Contre (1) : Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (1) : Salvatore Castiglione (ancien député)
Contre (2) : Jean-Luc Warsmann, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Yannick Monnet, Frédéric Maillot
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin