Votes · Scrutin n° 1100 · 20 mars 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 571 de M. Jacques après l'article 8 bis (examen prioritaire) de la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 8 bis
- Texte
- Proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Jacques et 5 cosignataires (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le délai d’autorisation prévu à l’article L. 853-3 du code de la sécurité intérieure pour l’introduction dans un lieu privé ou un véhicule (ILP) afin de mettre en place, d’utiliser ou de retirer des dispositifs techniques, est de trente jours. Par opposition, l’autorisation pour la mise en place, l’utilisation ou le retrait de ces dispositifs techniques (la pose d’une balise, la sonorisation des lieux ou la captation d’images et de données informatiques) est de deux mois.
Le présent amendement a pour objet d’harmoniser les durées d’autorisation. La Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) précisait elle-même dans son 8ème rapport d’activité de 2023 que « certaines règles de recours aux techniques ou d’encadrement de ces dernières mériteraient d’être harmonisées par souci de cohérence et d’efficacité. Il en va notamment ainsi de la durée d’autorisation de l’introduction dans un lieu privé (ILP), fixée à 30 jours (…). L’ILP ne constitue en effet pas une technique en tant que telle, mais le support nécessaire à la mise en œuvre d’une autre technique telle que la captation d’images, ou de sons ou encore le recueil de données informatiques. Or, les durées d’autorisation de ces techniques sont plus longues que celle prévue pour l’ILP (deux mois maximum en vertu du II respectivement de l’article L. 853-1 et de l’article L. 853-2 du code de la sécurité intérieure), de sorte qu’il arrive régulièrement qu’une demande de renouvellement d’ILP soit nécessaire afin de permettre la mise en œuvre d’une technique par ailleurs toujours autorisée mais qui, en pratique, n’a pas pu être installée. ». […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le premier alinéa du III de l’article L. 853‑3 du code de la sécurité intérieure est ainsi modifié :
1° A la fin de la première, les mots : « maximale de trente jours et est renouvelable dans les mêmes conditions de durée que l’autorisation initiale » sont remplacés par les mots : « similaire à celle de l’autorisation d’utilisation des dispositifs techniques prévus aux articles L. 851‑5, L. 853‑1 et L. 853‑2 dont elle permet la mise en place, l’utilisation, la maintenance ou le retrait. »
2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsqu’elle a pour unique objet de permettre le retrait des dispositifs techniques après l’échéance de l’autorisation d’utilisation de ces dispositifs, l’autorisation, spécialement motivée, est délivrée pour une durée maximale de trente jours et est renouvelable dans les mêmes conditions de durée. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi des sénateurs Étienne Blanc et Jérôme Durain, déposée le 12 juillet 2024 et adoptée par le Sénat le 4 février 2025. Principales mesures, d’après la décision du Conseil constitutionnel :
- un parquet national anti-criminalité organisée et un service chef de file chargé de coordonner l’action de l’État (art. 1er et 3) ;
- la fermeture administrative de commerces liés au trafic (art. 4) et le gel administratif des avoirs (art. 12) ;
- des quartiers de prison à régime strict pour la criminalité organisée (art. 61) ;
- l’activation à distance d’appareils pour écouter ou filmer (art. 38 et 39) et un « dossier coffre » qui tient certaines informations sur ces techniques hors du dossier de procédure (art. 40) ;
- un délit de concours à une organisation criminelle (art. 18) et une cour d’assises spéciale pour les crimes en bande organisée (art. 30).
Ce que ça change
Enquêteurs et magistrats ont de nouveaux moyens ; certains détenus peuvent être placés dans des quartiers dédiés ; l’administration peut fermer des établissements. Selon le baromètre de l’Assemblée, le service chef de file a été mis en place par le décret n° 2025-935 du 8 septembre 2025, et des obligations anti-blanchiment pour les marchands de biens entrent en vigueur au plus tard le 10 juillet 2027.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 1er avril 2025 par 436 voix contre 75 (scrutin n° 1194), puis la version finale le 29 avril par 396 voix contre 68 (scrutin n° 1473). LFI-NFP a voté contre ; les Écologistes et GDR se sont surtout abstenus ; les autres groupes, dont les Socialistes, ont voté pour.
- Pour LFI-NFP, Gabrielle Cathala critique le dossier coffre et l’isolement en prison : « Vous ne parviendrez pas à lutter contre le trafic et les addictions en restant accros à la répression. »
- Pour les Écologistes, Pouria Amirshahi estime que le dossier coffre « permettra carrément de cacher à la défense des éléments de procédure ». Elsa Faucillon (GDR) refuse de « brader nos libertés, quand l’efficacité des mesures n’est pas certaine ».
- Les Socialistes votent pour ; Colette Capdevielle regrette toutefois un texte qui n’a bénéficié « ni d’une étude d’impact ni d’une analyse juridique exhaustive ».
- Pour EPR, Sébastien Huyghe : « La création du parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) est une avancée majeure. » Pour le RN, Michaël Taverne estime que le texte « va incontestablement dans le bon sens ».
- Selon nos données, parmi les articles les plus disputés figurent l’incarcération des trafiquants (article 23 du texte examiné, 14 scrutins) et la corruption (article 22, 14 scrutins).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 12 et 13 mai 2025 par des députés LFI-NFP, écologistes, GDR et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2025-885 DC le 12 juin 2025.
- Censurés, pour atteinte à la vie privée : l’accès direct du renseignement aux fichiers fiscaux, sans traçabilité (art. 5, § 66 à 69) ; l’extension, « de manière générale et indifférenciée », de la surveillance algorithmique à la criminalité organisée (art. 15, § 128 et 129), et l’analyse des adresses internet complètes déjà prévue par la loi (§ 132).
- Censurés : l’aggravation des peines pour le seul port d’une arme, même cachée, jugée manifestement disproportionnée (art. 19, § 184 à 187) ; la possibilité de condamner sur des preuves du dossier coffre que la personne n’a pas pu contester (art. 40, § 361 à 363).
- Censurés : la garde à vue de 96 heures pour la corruption liée à la criminalité organisée (art. 55, § 443 à 445) et la visioconférence imposée pour certaines audiences de détenus (art. 56, § 484 à 497).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) : fermetures proportionnées (§ 46), activation à distance limitée aux délits en bande organisée punis d’au moins cinq ans (§ 319 et 330), délais de contestation du dossier coffre (§ 351), fouilles en prison (§ 553 et 554), obligations des locataires (§ 585).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, publiée au Journal officiel du 14 juin 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1194 (première lecture) (01/04/2025)
- Scrutin n° 1473 (texte de la commission mixte paritaire) (29/04/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 1er avril 2025 (explications de vote) (01/04/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-885 DC (12/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 92
- Contre
- 0
- Abstention
- 22
- Non-votant
- 2
- Votants
- 114
- Exprimés
- 92
- Majorité requise
- 47
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 32 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 3 | 0 | 11 | 1 | |
| SOC 66 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 0 | 0 | 10 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 32 dans le décompte
Pour (32) : Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Romain Baubry, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Gaëtan Dussausaye, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 16 dans le décompte
Pour (15) : Sébastien Huyghe, Franck Riester (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Stéphanie Rist (ancien député), Jean-Luc Fugit, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Mathieu Lefèvre (ancien député), Paul Midy, Joséphine Missoffe, Moerani Frébault, Jean Laussucq (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (3) : Élisa Martin, Jérôme Legavre, Arnaud Saint-Martin
Abstention (11) : Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Nathalie Oziol, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Mathilde Feld, Gabrielle Cathala
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (21) : Jérôme Guedj, Marietta Karamanli, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Olivier Marleix (ancien député), Eric Liégeon, Éric Pauget, Corentin Le Fur
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Abstention (10) : Pouria Amirshahi, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (5) : Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Blandine Brocard, Delphine Lingemann, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Pour (8) : Paul Christophe (ancien député), Isabelle Rauch, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Béatrice Bellamy (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Elsa Faucillon
UDR 4 dans le décompte
Pour (4) : Brigitte Barèges (ancien député), Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin