Votes · Scrutin n° 1119 · 21 mars 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 558 de M. Davi à l'article 3 de la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3
- Texte
- Proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Davi et 33 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à soumettre les clubs de foot aux obligations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent (LCB-FT) au-delà d’un montant total de rémunération des sportifs qu’ils emploient qui devra être fixé par décret. Les obligations de LCB-FT améliorent la traçabilité des transactions financières réalisées et permettent une lutte effective contre le blanchiment.
Le football professionnel compte parmi les secteurs particulièrement exposés au risque de blanchiment. Les agents sportifs sont soumis depuis 2010 aux obligations de LCB-FT, mais les clubs de foot ne le seront qu’à compter de 2029 selon la réglementation européenne adoptée en 2023. Ainsi, les transactions avec les investisseurs et les sponsors, mais aussi le transfert de joueurs, ne font pas l’objet de vérifications renforcées du côté des clubs pour l’heure.
Dès 2009 le Groupe d’Action Financière (GAFI) alertait quant à la vulnérabilité du football au recyclage d’argent sale, en raison notamment de l’usage fréquent de comptes off-shore et des nombreuses transactions non-déclarées. En 2012, TRACFIN relevait que les difficultés financières auxquelles étaient confrontés les clubs risquaient de rendre ces derniers moins regardants sur l’origine des capitaux, dans un contexte de rude concurrence nationale et internationale. Les flux de trésorerie et les intérêts financiers attachés au foot n’ont cessé de croître depuis, et avec eux les risques de transactions opaques.
Plusieurs pays, dont la Belgique, ont d’ores et déjà fait le choix d’assujettir les clubs à la législation anti-blanchiment, suite à des scandales d’envergure. La France doit sans attendre en faire de même.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 45, insérer les deux alinéas suivants :
« c) Après le 16° , il est inséré un 16° bis ainsi rédigé :
« 16° bis Les sociétés sportives mentionnées à l’article L. 122‑1 du code du sport affiliées à la Fédération française de football qui emploient des sportifs dont le montant total des rémunérations excède un montant fixé par décret ; »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 3 : 10 scrutins publics, dont 2 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi des sénateurs Étienne Blanc et Jérôme Durain, déposée le 12 juillet 2024 et adoptée par le Sénat le 4 février 2025. Principales mesures, d’après la décision du Conseil constitutionnel :
- un parquet national anti-criminalité organisée et un service chef de file chargé de coordonner l’action de l’État (art. 1er et 3) ;
- la fermeture administrative de commerces liés au trafic (art. 4) et le gel administratif des avoirs (art. 12) ;
- des quartiers de prison à régime strict pour la criminalité organisée (art. 61) ;
- l’activation à distance d’appareils pour écouter ou filmer (art. 38 et 39) et un « dossier coffre » qui tient certaines informations sur ces techniques hors du dossier de procédure (art. 40) ;
- un délit de concours à une organisation criminelle (art. 18) et une cour d’assises spéciale pour les crimes en bande organisée (art. 30).
Ce que ça change
Enquêteurs et magistrats ont de nouveaux moyens ; certains détenus peuvent être placés dans des quartiers dédiés ; l’administration peut fermer des établissements. Selon le baromètre de l’Assemblée, le service chef de file a été mis en place par le décret n° 2025-935 du 8 septembre 2025, et des obligations anti-blanchiment pour les marchands de biens entrent en vigueur au plus tard le 10 juillet 2027.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 1er avril 2025 par 436 voix contre 75 (scrutin n° 1194), puis la version finale le 29 avril par 396 voix contre 68 (scrutin n° 1473). LFI-NFP a voté contre ; les Écologistes et GDR se sont surtout abstenus ; les autres groupes, dont les Socialistes, ont voté pour.
- Pour LFI-NFP, Gabrielle Cathala critique le dossier coffre et l’isolement en prison : « Vous ne parviendrez pas à lutter contre le trafic et les addictions en restant accros à la répression. »
- Pour les Écologistes, Pouria Amirshahi estime que le dossier coffre « permettra carrément de cacher à la défense des éléments de procédure ». Elsa Faucillon (GDR) refuse de « brader nos libertés, quand l’efficacité des mesures n’est pas certaine ».
- Les Socialistes votent pour ; Colette Capdevielle regrette toutefois un texte qui n’a bénéficié « ni d’une étude d’impact ni d’une analyse juridique exhaustive ».
- Pour EPR, Sébastien Huyghe : « La création du parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) est une avancée majeure. » Pour le RN, Michaël Taverne estime que le texte « va incontestablement dans le bon sens ».
- Selon nos données, parmi les articles les plus disputés figurent l’incarcération des trafiquants (article 23 du texte examiné, 14 scrutins) et la corruption (article 22, 14 scrutins).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 12 et 13 mai 2025 par des députés LFI-NFP, écologistes, GDR et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2025-885 DC le 12 juin 2025.
- Censurés, pour atteinte à la vie privée : l’accès direct du renseignement aux fichiers fiscaux, sans traçabilité (art. 5, § 66 à 69) ; l’extension, « de manière générale et indifférenciée », de la surveillance algorithmique à la criminalité organisée (art. 15, § 128 et 129), et l’analyse des adresses internet complètes déjà prévue par la loi (§ 132).
- Censurés : l’aggravation des peines pour le seul port d’une arme, même cachée, jugée manifestement disproportionnée (art. 19, § 184 à 187) ; la possibilité de condamner sur des preuves du dossier coffre que la personne n’a pas pu contester (art. 40, § 361 à 363).
- Censurés : la garde à vue de 96 heures pour la corruption liée à la criminalité organisée (art. 55, § 443 à 445) et la visioconférence imposée pour certaines audiences de détenus (art. 56, § 484 à 497).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) : fermetures proportionnées (§ 46), activation à distance limitée aux délits en bande organisée punis d’au moins cinq ans (§ 319 et 330), délais de contestation du dossier coffre (§ 351), fouilles en prison (§ 553 et 554), obligations des locataires (§ 585).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, publiée au Journal officiel du 14 juin 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1194 (première lecture) (01/04/2025)
- Scrutin n° 1473 (texte de la commission mixte paritaire) (29/04/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 1er avril 2025 (explications de vote) (01/04/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-885 DC (12/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 82
- Contre
- 0
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 83
- Exprimés
- 82
- Majorité requise
- 42
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 38 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 9 | 0 | 1 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 38 dans le décompte
Pour (38) : Marine Le Pen, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Gisèle Lelouis, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Alexandre Loubet, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Manon Bouquin (ancien député), Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Anne Sicard
Ensemble pour la République 7 dans le décompte
Pour (6) : Sébastien Huyghe, Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Pour (9) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Sophia Chikirou, Jérôme Legavre, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Abstention (1) : Thomas Portes
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (7) : Christian Baptiste, Boris Vallaud, Mickaël Bouloux, Marc Pena, Paul Christophle, Sophie Pantel, Céline Hervieu
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Olivier Marleix (ancien député), Éric Pauget
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Pour (10) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Julie Laernoes, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Julie Ozenne
Les Démocrates 4 dans le décompte
Pour (4) : Sandrine Josso, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (4) : Agnès Firmin Le Bodo, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député)
Non-votant (1) : Naïma Moutchou (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Elsa Faucillon, Emmanuel Maurel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin