Votes · Scrutin n° 1167 · 24 mars 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 915 du Gouvernement à l'article 21 ter de la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 21 ter
- Texte
- Proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à reprendre en partie le dispositif de visites domiciliaires en dehors des heures prévues à l’article 64 du code des douanes (de 6 heures à 21 heures) adopté par le Sénat en y intégrant la possibilité offerte par le code de procédure pénale de réaliser des perquisitions de nuit dans le cadre de la flagrance (article 706-89 du code de procédure pénale).
Une visite domiciliaire ne pourra être réalisée en flagrance hors des heures précitées uniquement dans le respect des conditions suivantes :
– il y a commission en bande organisée d’un flagrant délit mentionné aux articles 414, 414-2 et 415 du code des douanes ;
– les nécessités de l’enquête douanière l'exigent ;
– le juge des libertés et de la détention délivre une ordonnance motivée comportant des mentions obligatoires à peine de nullité ;
– les agents des douanes sont spécifiquement habilités.
Ainsi, la mesure proposée exige que les opérations de visite domiciliaire aient lieu uniquement sur autorisation de l’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, et que le déroulement des mesures autorisées soit assorti de garanties procédurales appropriées et effectives.
Par ailleurs, l’amendement autorise les opérations de visite et de saisie en dehors des heures prévues par l'article 64 du code des douanes et hors la situation de flagrance, lorsque ces opérations ne concernent pas des locaux d'habitation, à l’instar de l’article 706-90 du code de procédure pénale.
Par cohérence, l’amendement supprime l’extension de la possibilité de procéder à des perquisitions de nuit dans des locaux d’habitation en matière de criminalité organisée en dehors des cas de flagrant délit. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Supprimer les alinéas 1 à 5.
II. – En conséquence, supprimer l’alinéa 7.
III. – En conséquence, à l’alinéa 8, substituer aux mots :
« 64 bis et 64 ter »
les mots :
« 64‑1 à 64‑6 ».
IV. – En conséquence, substituer aux alinéas 9 à 22 les douze alinéas suivants :
« Art. 64‑1. – En cas de flagrant délit, si les nécessités de l’enquête douanière relative à l’un des délits, lorsqu’il est commis en bande organisée, mentionnés aux articles 414, 414‑2 et 415 l’exigent, le juge des libertés et de la détention peut autoriser les agents des douanes habilités à effectuer des opérations de visite et de saisie en dehors des heures prévues par l’article 64.
« Art. 64‑2. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi des sénateurs Étienne Blanc et Jérôme Durain, déposée le 12 juillet 2024 et adoptée par le Sénat le 4 février 2025. Principales mesures, d’après la décision du Conseil constitutionnel :
- un parquet national anti-criminalité organisée et un service chef de file chargé de coordonner l’action de l’État (art. 1er et 3) ;
- la fermeture administrative de commerces liés au trafic (art. 4) et le gel administratif des avoirs (art. 12) ;
- des quartiers de prison à régime strict pour la criminalité organisée (art. 61) ;
- l’activation à distance d’appareils pour écouter ou filmer (art. 38 et 39) et un « dossier coffre » qui tient certaines informations sur ces techniques hors du dossier de procédure (art. 40) ;
- un délit de concours à une organisation criminelle (art. 18) et une cour d’assises spéciale pour les crimes en bande organisée (art. 30).
Ce que ça change
Enquêteurs et magistrats ont de nouveaux moyens ; certains détenus peuvent être placés dans des quartiers dédiés ; l’administration peut fermer des établissements. Selon le baromètre de l’Assemblée, le service chef de file a été mis en place par le décret n° 2025-935 du 8 septembre 2025, et des obligations anti-blanchiment pour les marchands de biens entrent en vigueur au plus tard le 10 juillet 2027.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 1er avril 2025 par 436 voix contre 75 (scrutin n° 1194), puis la version finale le 29 avril par 396 voix contre 68 (scrutin n° 1473). LFI-NFP a voté contre ; les Écologistes et GDR se sont surtout abstenus ; les autres groupes, dont les Socialistes, ont voté pour.
- Pour LFI-NFP, Gabrielle Cathala critique le dossier coffre et l’isolement en prison : « Vous ne parviendrez pas à lutter contre le trafic et les addictions en restant accros à la répression. »
- Pour les Écologistes, Pouria Amirshahi estime que le dossier coffre « permettra carrément de cacher à la défense des éléments de procédure ». Elsa Faucillon (GDR) refuse de « brader nos libertés, quand l’efficacité des mesures n’est pas certaine ».
- Les Socialistes votent pour ; Colette Capdevielle regrette toutefois un texte qui n’a bénéficié « ni d’une étude d’impact ni d’une analyse juridique exhaustive ».
- Pour EPR, Sébastien Huyghe : « La création du parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) est une avancée majeure. » Pour le RN, Michaël Taverne estime que le texte « va incontestablement dans le bon sens ».
- Selon nos données, parmi les articles les plus disputés figurent l’incarcération des trafiquants (article 23 du texte examiné, 14 scrutins) et la corruption (article 22, 14 scrutins).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 12 et 13 mai 2025 par des députés LFI-NFP, écologistes, GDR et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2025-885 DC le 12 juin 2025.
- Censurés, pour atteinte à la vie privée : l’accès direct du renseignement aux fichiers fiscaux, sans traçabilité (art. 5, § 66 à 69) ; l’extension, « de manière générale et indifférenciée », de la surveillance algorithmique à la criminalité organisée (art. 15, § 128 et 129), et l’analyse des adresses internet complètes déjà prévue par la loi (§ 132).
- Censurés : l’aggravation des peines pour le seul port d’une arme, même cachée, jugée manifestement disproportionnée (art. 19, § 184 à 187) ; la possibilité de condamner sur des preuves du dossier coffre que la personne n’a pas pu contester (art. 40, § 361 à 363).
- Censurés : la garde à vue de 96 heures pour la corruption liée à la criminalité organisée (art. 55, § 443 à 445) et la visioconférence imposée pour certaines audiences de détenus (art. 56, § 484 à 497).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) : fermetures proportionnées (§ 46), activation à distance limitée aux délits en bande organisée punis d’au moins cinq ans (§ 319 et 330), délais de contestation du dossier coffre (§ 351), fouilles en prison (§ 553 et 554), obligations des locataires (§ 585).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, publiée au Journal officiel du 14 juin 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1194 (première lecture) (01/04/2025)
- Scrutin n° 1473 (texte de la commission mixte paritaire) (29/04/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 1er avril 2025 (explications de vote) (01/04/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-885 DC (12/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 150
- Contre
- 0
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 151
- Exprimés
- 150
- Majorité requise
- 76
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 54 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 18 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 54 dans le décompte
Pour (54) : Emmanuel Blairy, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Alexandra Masson (ancien député), Bryan Masson (ancien député), Romain Baubry, Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 22 dans le décompte
Pour (21) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Graziella Melchior, Michel Lauzzana, Stéphanie Rist (ancien député), Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Moerani Frébault, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Pour (13) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Sophia Chikirou, Murielle Lepvraud, David Guiraud (ancien député), Idir Boumertit, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Farida Amrani, Antoine Léaument, René Pilato, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 19 dans le décompte
Pour (18) : Pascale Got, Marietta Karamanli, Hervé Saulignac, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay
Abstention (1) : Jiovanny William
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Pour (11) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Philippe Juvin, Olivier Marleix (ancien député), Eric Liégeon, Éric Pauget, Sylvie Bonnet, Christelle Petex (ancien député), Nicolas Ray, Thierry Liger, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (12) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Christine Arrighi, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (5) : Christophe Blanchet, Sabine Thillaye, Frédéric Petit, Maud Petit, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (9) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Lise Magnier, Naïma Moutchou (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Jean-Paul Lecoq, Elsa Faucillon
UDR 5 dans le décompte
Pour (5) : Brigitte Barèges (ancien député), Marc Chavent, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin