Votes · Scrutin n° 1189 · 27 mars 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 481 de M. Léaument après l'article 24 de la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 24
- Texte
- Proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Léaument et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement reprend l’inquiétude portée par l’UNICEF France contre cette proposition de loi, qui reproche l’absence de proposition pour lutter contre l’exploitation criminelle des mineurs et propose la remise d’un rapport sur l’exploitation criminelle des mineurs.
En effet, les déclarations des ministres stigmatisantes et caricaturales envers les jeunes, inquiètent profondément et cachent difficilement leur volonté répressive en dépit de toute considération des principes de la justice des mineurs.
Comme le souligne l’UNICEF, les rapports existants et les recherches menées dans le cadre du projet « RACE in Europe » ont démontré que certaines politiques gouvernementales, telles que celles liées à la « guerre contre la drogue », peuvent, involontairement, contribuer à perpétuer le problème.
L’exploitation de mineurs par les mêmes réseaux criminels est une réalité et même si dans sa circulaire de politique pénale du 28 janvier 2025, le Garde des sceaux a mentionné la nécessité d’envisager « le traitement des procédures sous l’angle de la répression de la traite des êtres humains contraints à commettre les délits et les crimes générés par le narcotrafic », il n’en reste pas moins qu’aucune mesure ne figure dans cette proposition de loi visant les mineurs exploités aux fins d’activités criminelles, alors qu’il faudrait améliorer la protection des victimes en particulier mineures d’exploitation criminelle dans le cadre des procédures de poursuite des exploitants (protocole d’auditions, garanties de protection et possibilités d’anonymisation des mineurs et des travailleurs sociaux signalants). […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur l’exploitation criminelle des mineurs par la criminalité organisée.
Ce rapport s’attache à élaborer une stratégie nationale de lutte contre l’exploitation criminelle, centrée sur les victimes et articulée avec le plan de lutte contre la traite des êtres humains.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi des sénateurs Étienne Blanc et Jérôme Durain, déposée le 12 juillet 2024 et adoptée par le Sénat le 4 février 2025. Principales mesures, d’après la décision du Conseil constitutionnel :
- un parquet national anti-criminalité organisée et un service chef de file chargé de coordonner l’action de l’État (art. 1er et 3) ;
- la fermeture administrative de commerces liés au trafic (art. 4) et le gel administratif des avoirs (art. 12) ;
- des quartiers de prison à régime strict pour la criminalité organisée (art. 61) ;
- l’activation à distance d’appareils pour écouter ou filmer (art. 38 et 39) et un « dossier coffre » qui tient certaines informations sur ces techniques hors du dossier de procédure (art. 40) ;
- un délit de concours à une organisation criminelle (art. 18) et une cour d’assises spéciale pour les crimes en bande organisée (art. 30).
Ce que ça change
Enquêteurs et magistrats ont de nouveaux moyens ; certains détenus peuvent être placés dans des quartiers dédiés ; l’administration peut fermer des établissements. Selon le baromètre de l’Assemblée, le service chef de file a été mis en place par le décret n° 2025-935 du 8 septembre 2025, et des obligations anti-blanchiment pour les marchands de biens entrent en vigueur au plus tard le 10 juillet 2027.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 1er avril 2025 par 436 voix contre 75 (scrutin n° 1194), puis la version finale le 29 avril par 396 voix contre 68 (scrutin n° 1473). LFI-NFP a voté contre ; les Écologistes et GDR se sont surtout abstenus ; les autres groupes, dont les Socialistes, ont voté pour.
- Pour LFI-NFP, Gabrielle Cathala critique le dossier coffre et l’isolement en prison : « Vous ne parviendrez pas à lutter contre le trafic et les addictions en restant accros à la répression. »
- Pour les Écologistes, Pouria Amirshahi estime que le dossier coffre « permettra carrément de cacher à la défense des éléments de procédure ». Elsa Faucillon (GDR) refuse de « brader nos libertés, quand l’efficacité des mesures n’est pas certaine ».
- Les Socialistes votent pour ; Colette Capdevielle regrette toutefois un texte qui n’a bénéficié « ni d’une étude d’impact ni d’une analyse juridique exhaustive ».
- Pour EPR, Sébastien Huyghe : « La création du parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) est une avancée majeure. » Pour le RN, Michaël Taverne estime que le texte « va incontestablement dans le bon sens ».
- Selon nos données, parmi les articles les plus disputés figurent l’incarcération des trafiquants (article 23 du texte examiné, 14 scrutins) et la corruption (article 22, 14 scrutins).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 12 et 13 mai 2025 par des députés LFI-NFP, écologistes, GDR et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2025-885 DC le 12 juin 2025.
- Censurés, pour atteinte à la vie privée : l’accès direct du renseignement aux fichiers fiscaux, sans traçabilité (art. 5, § 66 à 69) ; l’extension, « de manière générale et indifférenciée », de la surveillance algorithmique à la criminalité organisée (art. 15, § 128 et 129), et l’analyse des adresses internet complètes déjà prévue par la loi (§ 132).
- Censurés : l’aggravation des peines pour le seul port d’une arme, même cachée, jugée manifestement disproportionnée (art. 19, § 184 à 187) ; la possibilité de condamner sur des preuves du dossier coffre que la personne n’a pas pu contester (art. 40, § 361 à 363).
- Censurés : la garde à vue de 96 heures pour la corruption liée à la criminalité organisée (art. 55, § 443 à 445) et la visioconférence imposée pour certaines audiences de détenus (art. 56, § 484 à 497).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) : fermetures proportionnées (§ 46), activation à distance limitée aux délits en bande organisée punis d’au moins cinq ans (§ 319 et 330), délais de contestation du dossier coffre (§ 351), fouilles en prison (§ 553 et 554), obligations des locataires (§ 585).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, publiée au Journal officiel du 14 juin 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Scrutin n° 1194 (première lecture) (01/04/2025)
- Scrutin n° 1473 (texte de la commission mixte paritaire) (29/04/2025)
- Compte rendu de la deuxième séance du 1er avril 2025 (explications de vote) (01/04/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-885 DC (12/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 29
- Contre
- 50
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 79
- Exprimés
- 79
- Majorité requise
- 40
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Contre (25) : Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Yoann Gillet, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Michaël Taverne, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Anne Sicard
Ensemble pour la République 16 dans le décompte
Contre (15) : Sébastien Huyghe, Franck Riester (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Didier Le Gac, Liliana Tanguy, Stéphanie Rist (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Christophe Marion, Françoise Buffet, Yannick Chenevard, Jean Laussucq (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 8 dans le décompte
Pour (8) : Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Emmanuel Fernandes, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Antoine Léaument, Aurélien Le Coq, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Pour (11) : Marietta Karamanli, Dominique Potier, Olivier Faure, Boris Vallaud, Anna Pic, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Marleix (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (9) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Julie Laernoes, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Steevy Gustave
Les Démocrates 2 dans le décompte
Contre (2) : Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Agnès Firmin Le Bodo, Paul Christophe (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Elsa Faucillon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin