Votes · Scrutin n° 1827 · 19 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 21 de M. Hetzel et les amendements identiques suivants à l'article 4 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Hetzel et 8 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La loi se doit d’être intelligible et non équivoque selon la jurisprudence constitutionnelle. Introduire un tel qualificatif aussi arbitraire et peu encadré serait une source de dysfonctionnement dans l’activité médicale et de contentieux inutile en divisant les familles.
L’Académie de médecine a estimé que le qualificatif de phase avancée était inadapté et dangereux. « Une fois le pronostic vital effacé, il risque d’inclure les personnes atteintes d’une maladie certes a priori incurable mais avec laquelle il est possible de vivre longtemps. Il en est ainsi, par exemple, des malades atteints de maladies neurodégénératives sévères, des malades atteints de cancers avec métastases … ou (des personnes) atteintes d’une maladie chronique avec complication ».
Ce critère d’appréciation est arbitraire pour le médecin, alors que sont en jeu la vie et la mort d’un patient. L’insécurité juridique créée n’est pas souhaitable. De plus, cette extension ouvre la mort provoquée à un nombre indéfinissable de situations dont on a encore peine à mesurer l’ampleur et la diversité.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 7, supprimer les mots :
« avancée ou ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 67
- Contre
- 87
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 1
- Votants
- 156
- Exprimés
- 154
- Majorité requise
- 78
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 44 | 0 | 2 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 5 | 16 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 46 dans le décompte
Pour (44) : Hervé de Lépinau, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Roger Chudeau, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Patrice Martin, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard
Abstention (2) : Jean-Philippe Tanguy, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 22 dans le décompte
Pour (5) : Sébastien Huyghe, Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Joséphine Missoffe
Contre (16) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Didier Le Gac, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Céline Calvez, Jean-François Rousset, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Pauline Levasseur (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Contre (28) : Mathilde Panot, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 15 dans le décompte
Contre (15) : Jérôme Guedj, Guillaume Garot, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Mickaël Bouloux, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Peio Dufau, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (8) : Philippe Juvin, Olivier Marleix (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Justine Gruet, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (2) : Maud Petit, Cyrille Isaac-Sibille
Contre (5) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Geneviève Darrieussecq, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Jean-François Portarrieu, Lise Magnier, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Yannick Monnet
UDR 8 dans le décompte
Pour (8) : Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin