Votes · Scrutin n° 1829 · 19 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2676 du Gouvernement et l'amendement identique suivant à l'article 4 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à préciser la définition de la phase avancée. L’inclusion d’une définition de la phase avancée de la maladie dans la loi permet d’apporter une garantie supplémentaire à la sécurité du dispositif.
Elle permet ainsi de préciser l’un des critères centraux d’éligibilité à l’aide à mourir, dans un cadre respectueux des réalités médicales. Il ne s’agit pas de figer un pronostic vital dans une limite de temps arbitraire – la Haute Autorité de Santé a d’ailleurs souligné l’impossibilité de borner précisément ce pronostic – mais de s’appuyer sur les repères cliniques qu’elle propose pour identifier les évolutions caractéristiques d’une maladie grave et incurable à un stade avancé.
Ces repères constituent un socle objectif à partir duquel il est possible d’encadrer la notion de phase avancée. Leur prise en compte dans la loi permet d’éviter une application variable de l’aide à mourir, qui pourrait générer des inégalités d’accès ou exposer les médecins à des décisions isolées, sans fondement partagé. La loi n’a pas vocation à trancher au cas par cas, mais elle doit fournir un cadre de référence permettant une lecture cohérente et équitable des situations. Le médecin dans ce cadre pourra apprécier le parcours nécessairement singulier de la personne malade.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 7, après le mot :
« avancée »
insérer les mots :
« , caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 144
- Contre
- 25
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 172
- Exprimés
- 169
- Majorité requise
- 85
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 40 | 10 | 1 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 22 | 5 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 30 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 16 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 4 | 2 | 1 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 51 dans le décompte
Pour (40) : Hervé de Lépinau, José Beaurain, Jorys Bovet, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Julien Odoul, Jean-Philippe Tanguy, Stéphane Rambaud, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Romain Tonussi, Thibaut Monnier, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière, Anne Sicard
Contre (10) : Nicolas Dragon, Timothée Houssin, Roger Chudeau, Laurent Jacobelli, Marine Hamelet, Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Abstention (1) : Frédéric Weber
Ensemble pour la République 28 dans le décompte
Pour (22) : Sébastien Huyghe, Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Didier Le Gac, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Céline Calvez, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Prisca Thevenot, Pauline Levasseur (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Vincent Caure
Contre (5) : Éric Woerth (ancien député), Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Karl Olive
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 30 dans le décompte
Pour (30) : Mathilde Panot, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Jérôme Legavre, Maxime Laisney, Paul Vannier, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 17 dans le décompte
Pour (16) : Guillaume Garot, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Mickaël Bouloux, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Peio Dufau, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Abstention (1) : Dominique Potier
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Philippe Juvin, Olivier Marleix (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Justine Gruet, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (11) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (9) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Geneviève Darrieussecq, Maud Petit, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (6) : Jean-François Portarrieu, Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Laurent Panifous (ancien député), Stéphane Lenormand
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Stéphane Peu, Yannick Monnet
UDR 7 dans le décompte
Pour (4) : Marc Chavent, Olivier Fayssat, Maxime Michelet, Éric Michoux
Contre (2) : Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot
Abstention (1) : Bartolomé Lenoir
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin