Votes · Scrutin n° 1846 · 19 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 24 de M. Hetzel et les amendements identiques suivants à l'article 4 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Hetzel et 12 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les psychiatres flamands ont alerté sur ce cas de figure qui n’est pas dans le texte d’origine de la loi belge du 28 mai 2002 relative à l’euthanasie, à savoir celui où la personne se place délibérément par son refus de traitement dans un cas de souffrance insupportable. Le refus de traitement n’a pas été conçu en 2002 par la loi Kouchner pour cela.
Le refus de traitement n’est pas accepté aujourd’hui quand il y a urgence. Le Conseil d’État dans son arrêt du 26 octobre 2001, Témoins de Jéhovah, où le Conseil d’État, en conciliant le consentement du malade et le devoir d’assurer sa survie, a considéré que le service hospitalier n’avait pas commis de faute en ne mettant pas en œuvre des traitements autres que des transfusions sanguines. Est-ce que demain un service hospitalier commettra une faute en mettant en œuvre une transfusion sanguine contre l’avis du patient ? Il convient de dissiper cette contradiction soulevée par cette rédaction qui complexifie les choses pour la médecine.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la fin de l’alinéa 8, supprimer les mots :
« lorsque celle‑ci a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 72
- Contre
- 107
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 182
- Exprimés
- 179
- Majorité requise
- 90
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 52 | 10 | 1 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 1 | 21 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 1 | 14 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 9 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 10 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 1 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 63 dans le décompte
Pour (52) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Roger Chudeau, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (10) : Yoann Gillet, Thomas Ménagé, Kévin Pfeffer, Jean-Philippe Tanguy, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Bruno Clavet, Maxime Amblard, Théo Bernhardt, Gaëtan Dussausaye
Abstention (1) : Anthony Boulogne
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Pour (1) : Charles Sitzenstuhl
Contre (21) : Franck Riester (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Graziella Melchior, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Stéphane Vojetta (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Céline Calvez, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Philippe Fait, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Pauline Levasseur (ancien député), Vincent Caure
Abstention (2) : Liliana Tanguy, Annie Vidal
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Contre (29) : Mathilde Panot, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jérôme Legavre, Maxime Laisney, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 15 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (14) : Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Joël Aviragnet, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Peio Dufau, Thierry Sother, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Pour (9) : Philippe Juvin, Olivier Marleix (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Justine Gruet, Élisabeth de Maistre
Contre (1) : Jean-Pierre Taite (ancien député)
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Contre (10) : Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Pour (1) : Blandine Brocard
Contre (10) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Josy Poueyto, Maud Petit, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Michel Brard
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Paul Christophe (ancien député), Jean-François Portarrieu, Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, Xavier Albertini, Jean Moulliere (ancien député), Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Yannick Monnet
UDR 7 dans le décompte
Pour (7) : Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Non-votant : Jérôme Legavre
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin