Votes · Scrutin n° 1848 · 19 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 211 de Mme Lorho et l'amendement identique suivant à l'article 4 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Lorho et 48 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
C'est le droit de la personne de ne pas recevoir un traitement. Pour autant, une personne qui fait ce choix ne peut engager la société sur sa décision. En refusant de se voir prodiguer des soins et en demandant pour cette raison de pratiquer le suicide assisté ou de bénéficier d'une euthanasie, la personne encourage tacitement la société à accepter la mort de personnes qui pourraient recevoir des soins. Cette ouverture est grave, en ce qu'elle fait privilégier la demande de soins sur l'octroi du soin, que tout médecin est tenu de donner.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 8, supprimer les mots :
« de ne pas recevoir ou ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 195 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 73
- Contre
- 104
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 180
- Exprimés
- 177
- Majorité requise
- 89
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 51 | 10 | 2 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 22 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 1 | 14 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 10 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 3 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 1 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 63 dans le décompte
Pour (51) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Roger Chudeau, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard, Anchya Bamana
Contre (10) : Gisèle Lelouis, Yoann Gillet, Thomas Ménagé, Kévin Pfeffer, Jean-Philippe Tanguy, Philippe Lottiaux, Bruno Clavet, Maxime Amblard, Théo Bernhardt, Gaëtan Dussausaye
Abstention (2) : Kévin Mauvieux, Anthony Boulogne
Ensemble pour la République 24 dans le décompte
Contre (22) : Franck Riester (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Graziella Melchior, Corinne Vignon, Camille Galliard-Minier (ancien député), Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Stéphane Vojetta (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Céline Calvez, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Philippe Fait, Charles Sitzenstuhl, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Pauline Levasseur (ancien député), Vincent Caure
Abstention (1) : Sébastien Huyghe
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 29 dans le décompte
Contre (29) : Mathilde Panot, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 15 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (14) : Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Joël Aviragnet, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Peio Dufau, Thierry Sother, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Pour (10) : Nicolas Forissier (ancien député), Philippe Juvin, Olivier Marleix (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Justine Gruet, Élisabeth de Maistre
Contre (1) : Jean-Pierre Taite (ancien député)
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Pour (3) : Maud Petit, Blandine Brocard, Cyrille Isaac-Sibille
Contre (8) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Josy Poueyto, Nicolas Turquois, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Michel Brard
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Paul Christophe (ancien député), Jean-François Portarrieu, Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, Xavier Albertini, Jean Moulliere (ancien député), Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Yannick Monnet
UDR 7 dans le décompte
Pour (7) : Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin