Votes · Scrutin n° 1909 · 21 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 295 de Mme Hamelet à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Hamelet et 46 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La loi permet déjà d’assurer une fin de vie digne aux personnes qui souffrent. En 2016, la loi dite Claeys-Leonetti a introduit pour les malades la possibilité de bénéficier d’une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience, associée à une analgésie et à l’arrêt des traitements. La sédation profonde et continue permet d’accompagner le patient.
Cet amendement propose d’obliger le médecin qui reçoit la demande d’euthanasie ou de suicide assisté d’informer le patient de sa possibilité de bénéficier du dispositif Claeys-Leonetti.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 6, insérer l’alinéa suivant :
« Dès la réception de la demande d’accès à l’aide à mourir, le médecin informe la personne de sa possibilité de bénéficier du dispositif prévu par la loi n° 2016‑87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 113 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 73
- Contre
- 113
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 189
- Exprimés
- 186
- Majorité requise
- 94
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 52 | 0 | 1 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 2 | 19 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 12 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 53 dans le décompte
Pour (52) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Lionel Tivoli, Bryan Masson (ancien député), Joëlle Mélin, José Gonzalez, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Alexis Jolly, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Julien Odoul, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Laure Lavalette, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Jonathan Gery, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sophie-Laurence Roy
Abstention (1) : Philippe Lottiaux
Ensemble pour la République 23 dans le décompte
Pour (2) : Liliana Tanguy, Annie Vidal
Contre (19) : Franck Riester (ancien député), Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Denis Masséglia, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Guillaume Gouffier Valente, Gabriel Attal, Charles Sitzenstuhl, Pierre Cazeneuve, Joséphine Missoffe, Pauline Levasseur (ancien député), Vincent Caure
Abstention (1) : Olivia Grégoire
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 32 dans le décompte
Contre (32) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Ugo Bernalicis, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 27 dans le décompte
Contre (27) : François Hollande, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Isabelle Santiago, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Océane Godard, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (9) : Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Fabien Di Filippo (ancien député), Anne-Laure Blin, Hubert Brigand, Justine Gruet, Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Contre (10) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Sandra Regol, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Géraldine Bannier, Josy Poueyto, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (12) : Agnès Firmin Le Bodo, Xavier Lacombe (ancien député), Jean-François Portarrieu, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé
Abstention (1) : Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Laurent Panifous (ancien député), Martine Froger
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Yannick Monnet
UDR 10 dans le décompte
Pour (10) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Maxime Michelet
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Elsa Faucillon
Voulait voter Non-votant : Nicolas Sansu
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin