Votes · Scrutin n° 1922 · 21 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2007 de M. Trébuchet à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "UDR"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Trébuchet et 16 cosignataires (UDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement réaffirme que les soins palliatifs constituent la réponse de premier recours pour accompagner et soulager la douleur et la souffrance. Il souligne que les patients en situation de détresse ne doivent pas envisager prioritairement l’euthanasie ou le suicide assisté. Il incombe au médecin de garantir que toutes les options thérapeutiques et les dispositifs d’accompagnement psychologique et social ont été pleinement mobilisés avant d’envisager toute décision mettant fin à la vie.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rédiger ainsi l’alinéa 10 :
« 2° Vérifie que la personne bénéficie de l’accompagnement et des soins palliatifs définis à l’article L. 1110‑10 et est suivie au sein d’une unité de soins palliatifs ou d’une maison d’accompagnement de soins palliatifs ; ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 113 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 59
- Contre
- 96
- Abstention
- 7
- Non-votant
- 2
- Votants
- 162
- Exprimés
- 155
- Majorité requise
- 78
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 43 | 4 | 2 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 19 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 3 | 9 | 1 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 1 | 4 | 2 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 49 dans le décompte
Pour (43) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sophie-Laurence Roy
Contre (4) : Bryan Masson (ancien député), Thomas Ménagé, Philippe Lottiaux, Guillaume Bigot
Abstention (2) : Frédéric Falcon, Kévin Pfeffer
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (19) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Roland Lescure (ancien député), Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Jean-Luc Fugit, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Vincent Caure
Abstention (1) : Antoine Armand (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 25 dans le décompte
Contre (25) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Andrée Taurinya, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Contre (21) : François Hollande, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Océane Godard, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Sandrine Runel, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Pour (6) : Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Anne-Laure Blin, Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (7) : François Ruffin, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 13 dans le décompte
Pour (3) : Geneviève Darrieussecq, Maud Petit, Cyrille Isaac-Sibille
Contre (9) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Marc Fesneau, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Anne Bergantz
Abstention (1) : Louise Morel
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (1) : Sylvain Berrios
Contre (4) : Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Frédéric Valletoux
Abstention (2) : Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Paul Molac, Laurent Panifous (ancien député), Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Elsa Faucillon
UDR 6 dans le décompte
Pour (6) : Olivier Fayssat, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Charles Alloncle
Non inscrit 4 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Sacha Houlié
Abstention (1) : Aurélien Pradié
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Non-votant : Sébastien Huyghe
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin