Votes · Scrutin n° 1927 · 21 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2119 de Mme Leboucher à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Leboucher et 67 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vient préciser que le refus de soins palliatifs par la personne ayant fait une demande d’aide à mourir ne peut constituer un motif de refus de sa demande.
Lorsqu’il recueille une demande d’aide à mourir, le médecin doit informer qu’elle peut bénéficier de l’accompagnement et de soins palliatifs. L’adoption d’un amendement insoumis a permis de préciser que si la personne souhaite en bénéficier, le professionnel de santé doit s’assurer qu’elle y a accès de manière effective.
Dans le cas contraire, il convient de préciser que le refus de soins palliatifs ne peut rendre caduque la demande d’aide à mourir, qui demeure subordonnée à des critères administratifs, médicaux et de discernement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 10 par la phrase suivante :
« Le refus de soins palliatifs par la personne ne peut constituer pour le médecin un motif de rejet de la demande. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 113 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 63
- Contre
- 108
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 2
- Votants
- 177
- Exprimés
- 171
- Majorité requise
- 86
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 1 | 50 | 4 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 30 | 0 | 1 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 23 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 2 | 1 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 55 dans le décompte
Pour (1) : Kévin Pfeffer
Contre (50) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, René Lioret, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Abstention (4) : Sébastien Chenu, Bryan Masson (ancien député), Stéphanie Galzy, Thomas Ménagé
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Contre (19) : Sébastien Huyghe, Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Roland Lescure (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Annie Vidal, Gabriel Attal, Charles Sitzenstuhl, Antoine Armand (ancien député), Bastien Marchive, Joséphine Missoffe, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 31 dans le décompte
Pour (30) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault
Abstention (1) : Idir Boumertit
Socialistes et apparentés 23 dans le décompte
Pour (23) : François Hollande, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Océane Godard, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Sandrine Runel, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Anne-Laure Blin, Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (7) : François Ruffin, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Sandrine Rousseau, Emmanuel Duplessy, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Contre (2) : Sébastien Peytavie, Marie-Charlotte Garin
Abstention (1) : Sandra Regol
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson, Louise Morel, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Contre (11) : Agnès Firmin Le Bodo, Sylvain Berrios, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Paul Molac, Laurent Panifous (ancien député), Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (1) : Elsa Faucillon
Contre (1) : Yannick Monnet
UDR 7 dans le décompte
Contre (7) : Olivier Fayssat, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : David Magnier
Voulait voter Non-votant : Emmanuel Fouquart
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin