Votes · Scrutin n° 1929 · 21 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 97 de M. Di Filippo et les amendements identiques suivants à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Di Filippo et 8 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement rend la consultation psychologique ou psychiatrique obligatoire pour les personnes demandant le suicide assisté ou l’euthanasie. Cette mesure, mise en œuvre dans de nombreux pays ayant légalisé ces pratiques, favorise l’identification d’éventuels facteurs traitables influençant le désir de mourir et permet d’apporter une réponse adaptée à la personne qui souffre et qui pourrait être soignée.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au début de l’alinéa 11, substituer aux mots :
« Propose à la personne de l’orienter »
les mots :
« Oriente la personne ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 113 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 72
- Contre
- 111
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 186
- Exprimés
- 183
- Majorité requise
- 92
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 52 | 2 | 3 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 5 | 15 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 13 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 3 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 57 dans le décompte
Pour (52) : Hervé de Lépinau, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, René Lioret, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Contre (2) : Stéphanie Galzy, Kévin Pfeffer
Abstention (3) : Sébastien Chenu, Alexis Jolly, Thomas Ménagé
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Pour (5) : Sébastien Huyghe, Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Joséphine Missoffe
Contre (15) : Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Guillaume Gouffier Valente, Céline Calvez, Gabriel Attal, Christophe Marion, Anthony Brosse, Bastien Marchive, Emmanuelle Hoffman, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 32 dans le décompte
Contre (32) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 26 dans le décompte
Contre (26) : Pascale Got, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Océane Godard, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Justine Gruet, Alexandre Portier
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (1) : Sandrine Rousseau
Contre (6) : Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 14 dans le décompte
Pour (1) : Romain Daubié
Contre (13) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Nicolas Turquois, Mickaël Cosson, Louise Morel, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Pour (3) : Sylvain Berrios, Anne-Cécile Violland, Thomas Lam
Contre (9) : Agnès Firmin Le Bodo, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Paul Molac, Laurent Panifous (ancien député), Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Elsa Faucillon, Yannick Monnet, Édouard Bénard
UDR 6 dans le décompte
Pour (6) : Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Aurélien Pradié
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : David Magnier
Voulait voter Non-votant : Emmanuel Fouquart
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin