Votes · Scrutin n° 1937 · 21 mai 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1818 de Mme Colin-Oesterlé à l'article 5 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Fin de vie Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Colin-Oesterlé et 1 cosignataire (HOR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à garantir que la personne ayant formulé une demande d’aide à mourir puisse s’exprimer librement et sans influence extérieure. Dans certaines situations, la présence de proches peut inhiber la parole du patient, qui n’ose pas toujours exprimer pleinement ses souhaits ou ses doutes devant son entourage. Cette disposition permet de s’assurer que la volonté exprimée est personnelle, réfléchie et exempte de toute pression.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« 6° S’entretient également seul avec elle, sans la présence de tierces personnes, y compris de proches, afin de s’assurer de la volonté libre et éclairée de la personne qui souhaite accéder à l’aide à mourir. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 113 scrutins publics, dont 7 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi d’Olivier Falorni, député du groupe Les Démocrates, déposée le 11 mars 2025 (n° 1100). Elle reprend, selon son exposé des motifs, un texte interrompu par la dissolution de 2024. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi définitive, le texte :
- crée un « droit à l’aide à mourir » : être autorisé à recourir à une substance létale et être accompagné pour se l’administrer ou, si la personne n’en est pas physiquement capable, se la faire administrer par un médecin ou un infirmier (§ 9) ;
- fixe cinq conditions cumulatives : être majeur, Français ou résident stable et régulier, atteint d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, avec une souffrance réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et apte à exprimer une volonté libre et éclairée (§ 10) ;
- confie la décision à un médecin, après avis d’un collège pluriprofessionnel, dans un délai de quinze jours, avec un délai de réflexion d’au moins deux jours avant la confirmation (§ 107, 111 et 113) ;
- prévoit une clause de conscience pour les soignants, une commission de contrôle et d’évaluation et la prise en charge des frais par l’assurance maladie (§ 160, 258 et 286).
Ce que ça change
Les malades majeurs remplissant ces conditions pourront demander l’aide à mourir, à domicile, chez un proche ou en établissement (§ 142). Seule la personne qui a fait la demande peut contester la décision du médecin devant le juge administratif, sauf recours de la personne chargée de sa mesure de protection (§ 223). L’application dépend de décrets : selon le baromètre de l’Assemblée, leur publication est envisagée entre novembre 2026 et janvier 2027.
Ce qui est contesté
Rejeté trois fois par le Sénat, le texte a été adopté en lecture définitive (dernier mot donné à l’Assemblée en cas de désaccord entre les chambres) le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241 (scrutin n° 8280). Contre : RN (106 contre, 12 pour), Droite républicaine (41 contre, 5 pour), UDR (17). Pour : LFI-NFP (61), socialistes (57), écologistes (33), GDR (10). Partagés : EPR (64 pour, 18 contre), Démocrates (20 pour, 16 contre), Horizons (16 pour, 18 contre), LIOT (10 pour, 8 contre).
- Pour l’UDR, Olivier Fayssat estime : « Ce texte est dangereux : nous avons échoué à sécuriser son application. »
- Pour la Droite républicaine, Justine Gruet demande : « Comment expliquez-vous le choix d’un recours a posteriori plutôt que d’un contrôle a priori ? »
- Pour le RN, Christophe Bentz déclare : « Notre société n’a pas le droit de renoncer à protéger les plus vulnérables, les personnes handicapées, les personnes les plus pauvres. »
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi répond : « Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi. »
- Selon nos données, les conditions d’accès (article 4) ont fait l’objet de 195 scrutins publics, la procédure (article 6) de 143.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi notamment par le Premier ministre, le président du Sénat et des députés (recours conduits par Patrick Hetzel, DR, et Marine Le Pen, RN), le Conseil a rendu la décision n° 2026-910 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il juge que les conditions d’accès ne sont « ni imprécises, ni équivoques » (§ 40). Il émet trois réserves d’interprétation (lecture obligatoire de la loi, sans laquelle elle serait contraire à la Constitution) :
- le médecin doit tenir compte des observations de la personne chargée de la mesure de protection d’un majeur protégé (§ 121) ;
- les pharmaciens qui préparent ou délivrent la substance ne peuvent être tenus de participer à la procédure (§ 166) ;
- un établissement privé peut refuser la procédure dans ses locaux si elle est manifestement contraire à son projet, à condition que d’autres établissements puissent répondre aux besoins locaux (§ 188).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir. Au 24 octobre 2026, ses décrets d’application ne sont pas publiés.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Fin de vie » (dont baromètre de l’application des lois) (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1100 et exposé des motifs (11/03/2025)
- Scrutin n° 2107 (première lecture) (27/05/2025)
- Scrutin n° 5729 (deuxième lecture) (25/02/2026)
- Scrutin n° 7894 (nouvelle lecture) (30/06/2026)
- Scrutin n° 8280 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (lecture définitive) (15/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-910 DC et saisines (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 77
- Contre
- 86
- Abstention
- 10
- Non-votant
- 2
- Votants
- 173
- Exprimés
- 163
- Majorité requise
- 82
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 48 | 0 | 6 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 5 | 7 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 3 | 9 | 1 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 5 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 2 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 1 | 1 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 54 dans le décompte
Pour (48) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Christine Loir, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Roger Chudeau, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Sandra Delannoy, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Abstention (6) : Bryan Masson (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Jean-Philippe Tanguy, Bruno Clavet, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Pour (5) : Sébastien Huyghe, Liliana Tanguy, Annie Vidal, Charles Sitzenstuhl, Maud Bregeon (ancien député)
Contre (7) : Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, François Cormier-Bouligeon, Denis Masséglia, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Jean-François Rousset
Abstention (2) : Jean-René Cazeneuve, Thomas Cazenave (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 31 dans le décompte
Contre (31) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Karen Erodi, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 18 dans le décompte
Contre (18) : Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Gérard Leseul, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Océane Godard, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (8) : Xavier Breton, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Nicolas Ray, Justine Gruet, Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Contre (11) : François Ruffin, Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Benoît Biteau, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 13 dans le décompte
Pour (3) : Geneviève Darrieussecq, Romain Daubié, Marina Ferrari (ancien député)
Contre (9) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Sophie Mette, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Éric Martineau, Anne Bergantz
Abstention (1) : Louise Morel
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (5) : Sylvain Berrios, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nathalie Colin-Oesterlé
Contre (4) : Agnès Firmin Le Bodo, Isabelle Rauch, Xavier Albertini, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (2) : Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Contre (3) : Paul Molac, Laurent Panifous (ancien député), Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Yannick Monnet, Édouard Bénard
UDR 5 dans le décompte
Pour (5) : Olivier Fayssat, Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Bonnecarrère
Contre (1) : Stella Dupont
Abstention (1) : Aurélien Pradié
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin