Votes · Scrutin n° 2955 · 7 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L’amendement n° 469 de M. Duplessy après l’article premier de la proposition de loi portant création d’un statut de l’élu local (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article premier
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Duplessy et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à créer une enveloppe spécifique et non-utilisable à d’autres fins, de la dotation globale de fonctionnement qui prenne en charge les frais inhérents à la fonction d’élu.
Devoir arbitrer, dans les finances communales, entre juste rétribution des élus et financement des projets communaux, est souvent un casse-tête pour les équipes municipales, tout particulièrement dans les petites communes.
Ces dépenses ne sont pourtant pas de même nature, et il n’est pas acceptable que les élus en arrivent à limiter leurs propres indemnités en considérant que c’est la seule solution pour financer la réfection de la cantine ou améliorer la sécurité du centre-bourg.
Cette enveloppe, qui n'accroît pas les dépenses de l'État puisqu'elle est comprise dans la dotation forfaitaire, leur enlèverait une forte pression face à un arbitrage financier souvent cornélien.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le 1° du I de l’article L. 2334‑7 du code général des collectivités territoriales est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Cette dotation prend en charge toutes les dépenses inhérentes à la fonction d’élu, soit notamment les indemnités, les frais liés à l’exercice du mandat et les formations, à l’exclusion de toute autre dépense. La somme attribuée à ces dépenses de fonctionnement démocratique est fixée annuellement en loi de finances et ne peut être utilisée pour aucune autre dépense. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 8
- Contre
- 53
- Abstention
- 56
- Non-votant
- 2
- Votants
- 117
- Exprimés
- 61
- Majorité requise
- 31
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 1 | 32 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 23 | 1 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 33 dans le décompte
Contre (1) : Hervé de Lépinau
Abstention (32) : Bruno Bilde, Nicolas Dragon, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Alexandra Masson (ancien député), Bryan Masson (ancien député), Franck Allisio, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 14 dans le décompte
Contre (13) : Sébastien Huyghe, Florent Boudié (ancien député), Brigitte Klinkert, Sandra Marsaud, Annaïg Le Meur, Didier Le Gac, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Violette Spillebout, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 24 dans le décompte
Abstention (23) : Élisa Martin, Sophia Chikirou, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Louis Boyard, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Bérenger Cernon, Aly Diouara
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Contre (10) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Marie-José Allemand, Pierre Pribetich, Jacques Oberti
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Marie-Christine Dalloz, Guillaume Lepers (ancien député), Sylvie Dezarnaud (ancien député), Élisabeth de Maistre, Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (5) : Pouria Amirshahi, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Sophie Mette, Géraldine Bannier, Blandine Brocard, Bruno Fuchs, Romain Daubié, Marina Ferrari (ancien député), Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (13) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Christophe Plassard (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Philippe Fait, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Pierre Bataille, Laurent Panifous (ancien député), Constance de Pélichy
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin