Votes · Scrutin n° 2977 · 9 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 339 de Mme Mette après l'article 5 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 5
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Mette (DEM) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Amendement travaillé avec les élus de la 9e circonscription de la Gironde.
Il vise à instaurer un cadre clair, équitable et lisible pour le remboursement des frais engagés dans le cadre du mandat local, sans modifier les plafonds existants ni créer de nouvelle charge publique.
Cette grille nationale permettra d’aligner les pratiques sur le terrain tout en laissant une liberté d’adaptation aux communes. Les elus ont besoin de lisibilité, notamment pour justifier leurs dépenses à leurs administrés
Le présent amendement vise donc à sécuriser les élus dans l’exercice quotidien de leur mandat et à renforcer l’égalité de traitement entre collectivités.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après le deuxième alinéa de l’article L. 2123‑18 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Une grille indicative nationale des frais de mandat remboursables, dans la limite des montants maximaux fixés au présent article, est fixée par arrêté ministériel. Elle comprend notamment les frais kilométriques, de restauration, de péage et de garde d’enfant. Chaque conseil municipal est tenu de l’adopter ou de l’amender lors de sa première séance suivant le renouvellement général. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
En bref
Cette loi améliore les conditions d’exercice des mandats locaux : maires, adjoints, conseillers municipaux, départementaux et régionaux. Elle augmente les indemnités des maires des petites communes, accorde des trimestres de retraite, facilite les campagnes électorales des salariés et modifie le délit de prise illégale d’intérêts. Venue du Sénat, elle a été adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025 par 109 voix contre 0, avant les municipales de mars 2026. C’est la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025.
Pourquoi ce texte
Les orateurs ont décrit une crise des vocations. Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) cite 129 démissions de maires en 2008 et 417 en 2025 ; Stéphane Peu (GDR) parle de « près de 13 000 élus locaux » démissionnaires depuis 2020 (compte rendu du 8 décembre 2025). Selon France 3 Grand Est, près de 1 500 maires ont renoncé depuis 2020.
La proposition de loi a été déposée au Sénat le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs collègues (dossier du Sénat). Adoptée par le Sénat le 7 mars 2024, elle a été examinée par l’Assemblée après la dissolution, puis a fait l’aller-retour entre les deux chambres. Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final. Les rapporteurs à l’Assemblée étaient Didier Le Gac et Stéphane Delautrette.
Ce qui est voté
D’après le texte définitif, adopté sans modification par l’Assemblée le 8 décembre 2025 :
- de nouveaux taux d’indemnité pour les maires, selon la population : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- un trimestre de retraite en plus par mandat complet pour les maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois trimestres (article 5) ;
- jusqu’à vingt jours ouvrables accordés par l’employeur à un salarié candidat pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- une nouvelle définition de la prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité de l’élu, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30, texte définitif) ;
- la protection, par sa commune, de l’élu mis en cause pénalement (article 34), un registre des dons et invitations de plus de 150 euros, et une allocation de fin de mandat versée par France Travail (article 40).
Ce que ça change pour vous
- Maires et adjoints des petites communes : indemnités revalorisées ; selon France 3 Occitanie, la hausse atteint 10 % pour les élus des petites communes, avec une prise en charge des frais de garde d’enfants.
- Salariés candidats : l’employeur doit leur laisser, dans la limite de vingt jours ouvrables, le temps de faire campagne, pour toutes les élections locales, nationales et européennes (texte définitif, article 14).
- Élus en fin de mandat : l’allocation de fin de mandat est étendue à toutes les communes et son taux porté à 100 % (article 40, texte définitif).
- Élus mis en cause en justice : la commune doit leur accorder sa protection, même sans poursuites engagées, dès lors que le code de procédure pénale leur reconnaît le droit à un avocat (article 34, texte définitif).
Une salariée candidate aux municipales pourra ainsi demander à son employeur jusqu’à vingt jours pour mener campagne. Les mesures visent les élus en fonctions et ceux issus des municipales de mars 2026.
Ce qui est contesté
La prise illégale d’intérêts. Pour LFI, Élisa Martin juge la question du conflit d’intérêts « pour nous indépassable » et annonce l’abstention (compte rendu). Catherine Hervieu (écologistes) se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » (compte rendu). Stéphane Peu (GDR) vote pour malgré des « réserves » sur ce délit (compte rendu). Selon nos données, cet article 18 du texte en discussion est celui qui a fait l’objet du plus grand nombre de scrutins publics à l’Assemblée (7).
Le financement. Élisa Martin craint que « nombre de communes n’en auront pas les moyens », notamment pour la garde d’enfants ; Philippe Gosselin (Droite républicaine) demande « les moyens de leur autonomie » pour les collectivités (compte rendu). Pour Sophie Ricourt Vaginay (UDR), le statut « risque de devenir un outil théorique » dans les zones rurales (compte rendu).
Le choix d’un vote conforme. Pour éviter une nouvelle navette avant les municipales, la majorité a adopté le texte du Sénat sans le modifier. Catherine Hervieu regrette que le Sénat ait supprimé des avancées pour les étudiants, les commerçants, les artisans et les agriculteurs (compte rendu).
Qui a voté quoi, et pourquoi
Deuxième lecture, 8 décembre 2025 : 109 pour, 0 contre, 22 abstentions (scrutin n° 4691). Position de chaque groupe d’après son orateur (compte rendu) :
- Rassemblement national : pour (21). Bruno Bilde : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement », même si le texte ne répond « que très partiellement » aux problèmes (compte rendu).
- Ensemble pour la République : pour (22). Violette Spillebout : « À l’aube de l’élection municipale de 2026, il est urgent d’agir. » (compte rendu).
- La France insoumise : abstention (21), 1 pour. Élisa Martin salue des avancées mais refuse la réforme du conflit d’intérêts (compte rendu).
- Socialistes : pour (16). Marie-José Allemand souhaite « une publication rapide des décrets d’application » (compte rendu).
- Droite républicaine : pour (8). Philippe Gosselin demande que les décrets soient pris pour que le texte ne reste pas « lettre morte » (compte rendu).
- Écologiste et social : pour (7). Catherine Hervieu : « Ce texte est une étape » (compte rendu).
- Les Démocrates : pour (6), 1 abstention. Éric Martineau : « attention aux déceptions et au financement » (compte rendu).
- Horizons & indépendants : pour (11). Agnès Firmin Le Bodo souhaite une adoption dans les mêmes termes qu’au Sénat pour une promulgation rapide (compte rendu).
- LIOT : pour (8). Joël Bruneau : « Ce texte constitue une avancée intéressante » (compte rendu).
- Gauche démocrate et républicaine : pour (3). Stéphane Peu y voit « une étape importante dans la reconnaissance et la valorisation de l’engagement local » (compte rendu).
- Union des droites pour la République : pour (2). Sophie Ricourt Vaginay salue des avancées « nécessaires » tout en s’inquiétant pour les petites communes (compte rendu).
Aucun député n’a voté contre, en première comme en deuxième lecture. En première lecture, le 10 juillet 2025, le texte avait recueilli 132 voix contre 0, avec l’abstention de LFI (24) et de 12 députés Démocrates (scrutin n° 3053). Les Démocrates ont ensuite voté pour, comme l’a rappelé Éric Martineau.
Ce qu’en disent les médias
- France 3 Grand Est (15 décembre 2025) interroge des présidents d’associations de maires ruraux : pour Bernard Guy (Haute-Marne), « Le problème principal à régler, au niveau des petites communes, c’est l’isolement des maires dans leur fonction » (article).
- France 3 Occitanie (29 décembre 2025) recueille l’avis du maire de Saint-Jory, Hugo Cavagnac, qui salue une avancée mais estime que le statut ne règle pas l’« excès de normes » qui épuise les maires (article).
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel, la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local a été publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025 (dossier de l’Assemblée). Plusieurs mesures dépendent de décrets, dont les groupes ont demandé la publication rapide.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (08/12/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- France 3 Grand Est, « Maires : un nouveau statut de l’élu pour attirer des jeunes » (15/12/2025)
- France 3 Occitanie, « Le nouveau statut de l’élu local va-t-il changer la donne ? » (29/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 25 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 11
- Contre
- 67
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 2
- Votants
- 84
- Exprimés
- 78
- Majorité requise
- 40
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 3 | 10 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 0 | 0 | 5 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 12 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 30 dans le décompte
Contre (30) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Jordan Guitton, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Romain Tonussi, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 14 dans le décompte
Pour (3) : Camille Galliard-Minier (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Freddy Sertin (ancien député)
Contre (10) : Didier Le Gac, Christine Le Nabour, Denis Masséglia, Pieyre-Alexandre Anglade, Christophe Marion, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Contre (14) : Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Clémence Guetté, Damien Maudet, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Contre (7) : Marie-Noëlle Battistel, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Sébastien Saint-Pasteur
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Hubert Brigand
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Abstention (5) : Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Sandra Regol, Emmanuel Duplessy, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (7) : Sophie Mette, Sabine Thillaye, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Emmanuel Mandon, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Pour (1) : Agnès Firmin Le Bodo
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Martine Froger, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Édouard Bénard
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin