Votes · Scrutin n° 2981 · 9 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 359 de Mme Corneloup et les amendements identiques suivants après l'article 7 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 7
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Corneloup et 3 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La difficile conciliation entre l’engagement électif et la vie professionnelle et personnelle empêche parfois de pouvoir assister à une séance du conseil municipal. C’est le cas par exemple pour les jeunes élus étudiant en dehors de leur commune d’élection, faute d’établissement d’enseignement supérieur dans leur commune.
Comme cela a pu être expérimenté pendant la crise sanitaire du Covid-19 pour les EPCI, cet amendement propose d’étendre aux séances du conseil municipal l’usage de la visioconférence pour participer aux commissions municipales inscrit à l’article 7 de la présente proposition de loi.
La loi n° 2022-217 du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale avait déjà consacré la possibilité de tenir en visioconférence une séance de conseil départemental, de conseil régional, de l’Assemblée de Corse, de l’Assemblée de Guyane et de l’Assemblée de Martinique. Cet amendement propose d’élargir cette possibilité aux conseils municipaux.
L’amendement précise également, sur le modèle de la loi 3DS, que les séances lors desquelles il est procédé à l’élection du maire et des adjoints ainsi que celles consacrées à l’adoption du budget primitif ne peuvent se tenir, même partiellement, en visioconférence.
Enfin, l’amendement prévoit que cette disposition soit entièrement laissée à la discrétion du maire. Il n’est aucunement envisagé de généraliser la visio-conférence à l’ensemble des conseils municipaux.
Le décret précisant les modalités d’application de cet article devra lister les motifs d’empêchement considérés comme légitimes.
Cet amendement a été travaillé avec l’Association des jeunes élus de France (AJEF).
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 2121‑20 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 2121‑20‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 2121‑20-1 – En cas d’empêchement légitime pour un membre du conseil municipal de se rendre à une séance du conseil municipal au lieu indiqué sur la convocation de la séance, le maire peut proposer à cet élu d’assister à la séance par visioconférence, sous réserve de l’envoi d’un justificatif. Dans ce cas de figure, l’élu participant par visioconférence est intégré au quorum, et se voit garantir les mêmes droits d’expression et de vote que l’ensemble des participants physiquement présents à la séance.
« Les dispositions du présent article ne sont pas applicables pour l’élection du maire et des adjoints, ni pour l’adoption du budget primitif. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 23
- Contre
- 107
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 1
- Votants
- 131
- Exprimés
- 130
- Majorité requise
- 66
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 46 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Pour | 11 | 5 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 8 | 1 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 1 | 1 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 12 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 46 dans le décompte
Contre (46) : Nicolas Meizonnet, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), José Gonzalez, Romain Baubry, Franck Allisio, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Romain Tonussi, Sylvie Josserand (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Pour (11) : Sébastien Huyghe, Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Christine Le Nabour, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Freddy Sertin (ancien député), Françoise Buffet, Julie Delpech, Prisca Thevenot
Contre (5) : Florent Boudié (ancien député), Didier Le Gac, Pieyre-Alexandre Anglade, Charles Sitzenstuhl, Mathieu Lefèvre (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Contre (19) : Élisa Martin, Laurent Alexandre, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Damien Maudet, Carlos Martens Bilongo, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Marie Mesmeur, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 16 dans le décompte
Contre (16) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Anna Pic, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Sandrine Runel, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Philippe Juvin, Josiane Corneloup, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Contre (9) : Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (8) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Marc Fesneau, Blandine Brocard, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Anne Bergantz
Contre (1) : Romain Daubié
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Agnès Firmin Le Bodo, Sylvain Berrios, Xavier Lacombe (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (1) : Nicole Sanquer
Contre (1) : Martine Froger
Abstention (1) : Jean-Pierre Bataille
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Édouard Bénard
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin