Votes · Scrutin n° 2984 · 9 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 331 de Mme Dalloz à l'article 8 A (supprimé) de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 8 A
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Dalloz et 6 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à supprimer l’incompatibilité entre l’exercice d’un mandat de conseiller communautaire et l’exercice d’un emploi salarié dans l’une des communes membres.
Il apparait compréhensible que le mandat de conseiller communautaire soit incompatible avec l’exercice d’un emploi salarié au sein de l’EPCI concerné, les risques de conflit d’intérêts et de suspicion de partialité dans la prise de décision peut être légitime. Néanmoins, l’incompatibilité n’est pas justifiée pour l’exercice d’un emploi salarié dans l’une des communes membres. Les risques de conflit d’intérêts étant nuls.
Cela apparait troublant alors même qu’aucune disposition n’empêche un élu municipal d'être salarié au sein d'une autre commune ou d'être salarié au sein d'une commune, élu municipal et participer à des commissions intercommunales.
Surtout, à l’occasion d’une réponse à une question d’un député publiée le 28 janvier 2020, le ministère de l’Intérieur pointait du doigt cette incongruité. La possibilité d’instituer des traitements différents étant posée, « il n'en demeure pas moins que l'asymétrie qui existe entre le salarié d'une commune (inéligible au conseil municipal et qui ne peut donc pas être conseiller communautaire) et celui d'un EPCI (qui peut être conseiller municipal) n'est pas nécessairement justifiée.Il est toujours loisible au législateur de revenir sur cette asymétrie prévue par la loi ».
Par ailleurs, afin d’encadrer avec justesse la fin de cette incompatibilité, il est prévu que le conseiller communautaire employé dans une commune membre ne prenne pas part à la préparation de la délibération. Il n’est pour autant pas envisagé qu’il se déporte afin qu’il conserve sa voix lors du vote de la délibération. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rétablir ainsi l'article 8 A :
1° À la fin du II de l’article L. 237-1 du code électoral, les mots : « ou de ses communes membres » sont supprimés.
2° Après l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales, il est inséré un article L. 2131-11-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 2131-11-1. – Est également illégale la délibération impliquant la commune membre dans laquelle le conseiller communautaire y est employé sauf s’il s’est abstenu de toute intervention dans la préparation de la délibération. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
En bref
Cette loi améliore les conditions d’exercice des mandats locaux : maires, adjoints, conseillers municipaux, départementaux et régionaux. Elle augmente les indemnités des maires des petites communes, accorde des trimestres de retraite, facilite les campagnes électorales des salariés et modifie le délit de prise illégale d’intérêts. Venue du Sénat, elle a été adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025 par 109 voix contre 0, avant les municipales de mars 2026. C’est la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025.
Pourquoi ce texte
Les orateurs ont décrit une crise des vocations. Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) cite 129 démissions de maires en 2008 et 417 en 2025 ; Stéphane Peu (GDR) parle de « près de 13 000 élus locaux » démissionnaires depuis 2020 (compte rendu du 8 décembre 2025). Selon France 3 Grand Est, près de 1 500 maires ont renoncé depuis 2020.
La proposition de loi a été déposée au Sénat le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs collègues (dossier du Sénat). Adoptée par le Sénat le 7 mars 2024, elle a été examinée par l’Assemblée après la dissolution, puis a fait l’aller-retour entre les deux chambres. Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final. Les rapporteurs à l’Assemblée étaient Didier Le Gac et Stéphane Delautrette.
Ce qui est voté
D’après le texte définitif, adopté sans modification par l’Assemblée le 8 décembre 2025 :
- de nouveaux taux d’indemnité pour les maires, selon la population : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- un trimestre de retraite en plus par mandat complet pour les maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois trimestres (article 5) ;
- jusqu’à vingt jours ouvrables accordés par l’employeur à un salarié candidat pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- une nouvelle définition de la prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité de l’élu, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30, texte définitif) ;
- la protection, par sa commune, de l’élu mis en cause pénalement (article 34), un registre des dons et invitations de plus de 150 euros, et une allocation de fin de mandat versée par France Travail (article 40).
Ce que ça change pour vous
- Maires et adjoints des petites communes : indemnités revalorisées ; selon France 3 Occitanie, la hausse atteint 10 % pour les élus des petites communes, avec une prise en charge des frais de garde d’enfants.
- Salariés candidats : l’employeur doit leur laisser, dans la limite de vingt jours ouvrables, le temps de faire campagne, pour toutes les élections locales, nationales et européennes (texte définitif, article 14).
- Élus en fin de mandat : l’allocation de fin de mandat est étendue à toutes les communes et son taux porté à 100 % (article 40, texte définitif).
- Élus mis en cause en justice : la commune doit leur accorder sa protection, même sans poursuites engagées, dès lors que le code de procédure pénale leur reconnaît le droit à un avocat (article 34, texte définitif).
Une salariée candidate aux municipales pourra ainsi demander à son employeur jusqu’à vingt jours pour mener campagne. Les mesures visent les élus en fonctions et ceux issus des municipales de mars 2026.
Ce qui est contesté
La prise illégale d’intérêts. Pour LFI, Élisa Martin juge la question du conflit d’intérêts « pour nous indépassable » et annonce l’abstention (compte rendu). Catherine Hervieu (écologistes) se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » (compte rendu). Stéphane Peu (GDR) vote pour malgré des « réserves » sur ce délit (compte rendu). Selon nos données, cet article 18 du texte en discussion est celui qui a fait l’objet du plus grand nombre de scrutins publics à l’Assemblée (7).
Le financement. Élisa Martin craint que « nombre de communes n’en auront pas les moyens », notamment pour la garde d’enfants ; Philippe Gosselin (Droite républicaine) demande « les moyens de leur autonomie » pour les collectivités (compte rendu). Pour Sophie Ricourt Vaginay (UDR), le statut « risque de devenir un outil théorique » dans les zones rurales (compte rendu).
Le choix d’un vote conforme. Pour éviter une nouvelle navette avant les municipales, la majorité a adopté le texte du Sénat sans le modifier. Catherine Hervieu regrette que le Sénat ait supprimé des avancées pour les étudiants, les commerçants, les artisans et les agriculteurs (compte rendu).
Qui a voté quoi, et pourquoi
Deuxième lecture, 8 décembre 2025 : 109 pour, 0 contre, 22 abstentions (scrutin n° 4691). Position de chaque groupe d’après son orateur (compte rendu) :
- Rassemblement national : pour (21). Bruno Bilde : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement », même si le texte ne répond « que très partiellement » aux problèmes (compte rendu).
- Ensemble pour la République : pour (22). Violette Spillebout : « À l’aube de l’élection municipale de 2026, il est urgent d’agir. » (compte rendu).
- La France insoumise : abstention (21), 1 pour. Élisa Martin salue des avancées mais refuse la réforme du conflit d’intérêts (compte rendu).
- Socialistes : pour (16). Marie-José Allemand souhaite « une publication rapide des décrets d’application » (compte rendu).
- Droite républicaine : pour (8). Philippe Gosselin demande que les décrets soient pris pour que le texte ne reste pas « lettre morte » (compte rendu).
- Écologiste et social : pour (7). Catherine Hervieu : « Ce texte est une étape » (compte rendu).
- Les Démocrates : pour (6), 1 abstention. Éric Martineau : « attention aux déceptions et au financement » (compte rendu).
- Horizons & indépendants : pour (11). Agnès Firmin Le Bodo souhaite une adoption dans les mêmes termes qu’au Sénat pour une promulgation rapide (compte rendu).
- LIOT : pour (8). Joël Bruneau : « Ce texte constitue une avancée intéressante » (compte rendu).
- Gauche démocrate et républicaine : pour (3). Stéphane Peu y voit « une étape importante dans la reconnaissance et la valorisation de l’engagement local » (compte rendu).
- Union des droites pour la République : pour (2). Sophie Ricourt Vaginay salue des avancées « nécessaires » tout en s’inquiétant pour les petites communes (compte rendu).
Aucun député n’a voté contre, en première comme en deuxième lecture. En première lecture, le 10 juillet 2025, le texte avait recueilli 132 voix contre 0, avec l’abstention de LFI (24) et de 12 députés Démocrates (scrutin n° 3053). Les Démocrates ont ensuite voté pour, comme l’a rappelé Éric Martineau.
Ce qu’en disent les médias
- France 3 Grand Est (15 décembre 2025) interroge des présidents d’associations de maires ruraux : pour Bernard Guy (Haute-Marne), « Le problème principal à régler, au niveau des petites communes, c’est l’isolement des maires dans leur fonction » (article).
- France 3 Occitanie (29 décembre 2025) recueille l’avis du maire de Saint-Jory, Hugo Cavagnac, qui salue une avancée mais estime que le statut ne règle pas l’« excès de normes » qui épuise les maires (article).
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel, la loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local a été publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025 (dossier de l’Assemblée). Plusieurs mesures dépendent de décrets, dont les groupes ont demandé la publication rapide.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (08/12/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- France 3 Grand Est, « Maires : un nouveau statut de l’élu pour attirer des jeunes » (15/12/2025)
- France 3 Occitanie, « Le nouveau statut de l’élu local va-t-il changer la donne ? » (29/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 25 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 62
- Contre
- 75
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 140
- Exprimés
- 137
- Majorité requise
- 69
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 52 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 5 | 3 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 12 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 52 dans le décompte
Pour (52) : Nicolas Meizonnet, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jordan Guitton, Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Romain Tonussi, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 13 dans le décompte
Contre (12) : Sébastien Huyghe, Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Jean-René Cazeneuve, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Jean Terlier, Freddy Sertin (ancien député), Françoise Buffet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Contre (18) : Élisa Martin, Laurent Alexandre, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Carlos Martens Bilongo, Aymeric Caron, René Pilato, Marie Mesmeur, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 15 dans le décompte
Contre (15) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Anna Pic, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Fabrice Roussel
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Josiane Corneloup, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Damien Girard, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 10 dans le décompte
Pour (2) : Delphine Lingemann, Louise Morel
Contre (5) : Romain Daubié, Mickaël Cosson, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Abstention (3) : Christophe Blanchet, Sabine Thillaye, Blandine Brocard
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (10) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Xavier Lacombe (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Pierre Bataille, Nicole Sanquer, Charles de Courson
Contre (1) : Laurent Mazaury
UDR 3 dans le décompte
Pour (3) : Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Belkhir Belhaddad
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin