Votes · Scrutin n° 2998 · 9 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 490 de M. Duplessy après l'article 12 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 12
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Duplessy et 35 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendements du groupe Écologiste et Social vise à protéger les étudiants boursiers titulaires d’un mandat électif local, en garantissant que leurs absences justifiées dans le cadre de leur mandat ne puissent entraîner de sanction financière au titre de l’assiduité.
Les jeunes élus locaux, notamment les maires, adjoints ou conseillers municipaux, jouent un rôle croissant dans le renouvellement démocratique. De plus en plus de ces élus sont encore étudiants, conciliant mandat local et formation universitaire.
Cependant, dans le régime actuel, les étudiants boursiers titulaires d’un mandat local sont soumis aux mêmes obligations d’assiduité que leurs pairs, sans reconnaissance particulière de leur statut d’élu. En cas d’absence liée à l’exercice de leurs fonctions électives (participation à un conseil municipal, réunion obligatoire, représentation de la commune…), ils peuvent se voir sanctionnés financièrement, notamment par la suspension de leur bourse.
Cette situation crée une injustice manifeste, pénalisant des jeunes engagés au service de l’intérêt général. Elle constitue également un obstacle à l’engagement politique des jeunes, notamment des jeunes issus de milieux modestes.
Cet amendement vise ainsi à corriger cette situation.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article L. 821‑1 du code de l’éducation est compété par un alinéa ainsi rédigé :
« L’exercice d’un mandat électif local par un étudiant ne peut, en tant que tel, entraîner de sanction financière au titre de l’assiduité ou du contrôle de présence, dès lors que les absences sont justifiées par l’exercice de ce mandat. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 37
- Contre
- 30
- Abstention
- 22
- Non-votant
- 1
- Votants
- 89
- Exprimés
- 67
- Majorité requise
- 34
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 1 | 20 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| NI 12 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 21 dans le décompte
Contre (1) : Timothée Houssin
Abstention (20) : Bruno Bilde, Christian Girard, Jordan Guitton, Bryan Masson (ancien député), José Gonzalez, Romain Baubry, Caroline Colombier, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Jenft, Julien Guibert, David Magnier, Marc de Fleurian, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault
Ensemble pour la République 11 dans le décompte
Contre (10) : Sébastien Huyghe, Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Prisca Thevenot
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Pour (11) : Élisa Martin, Laurent Alexandre, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Carlos Martens Bilongo, Thomas Portes, Marie Mesmeur
Socialistes et apparentés 18 dans le décompte
Pour (18) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Estelle Mercier, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Philippe Gosselin, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (7) : Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Steevy Gustave
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Christophe Blanchet, Sabine Thillaye, Philippe Bolo (ancien député), Blandine Brocard, Mickaël Cosson, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (1) : Sylvain Berrios
Contre (6) : Agnès Firmin Le Bodo, Laetitia Saint-Paul, François Gernigon, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Abstention (1) : Constance de Pélichy
UDR 1 dans le décompte
Abstention (1) : Olivier Fayssat
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin