Votes · Scrutin n° 3004 · 9 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 782 de M. Peytavie après l'article 13 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 13
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Peytavie et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à créer un droit opposable à la mise en accessibilité des principaux lieux d’exercice du mandat pour les élus locaux handicapés.
Depuis l’adoption de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005, loi socle en matière de handicap, les obligations en matière d’accessibilité des établissements recevant du public ont été systématiquement revues à la baisse. Des dérogations ont été successivement accordées, tels que les agendas d’accessibilité programmée (Ad’AP), qui ont permis de repousser les échéances initiales, retardant ainsi la mise en conformité effective des lieux. Malgré la mise en place d’un fond territorial d’accessibilité à destination des ERP privés de 5ème catégorie, doté à hauteur de 300 millions d’euros pour la période de 2023 à 2027, seuls 1.6 millions d’euros ont été mobilisés, traduisant un manque flagrant de volonté. Les collectivités territoriales ne font pas exception, perpétuant des barrières administratives et structurelles pour les administrés concernés et privant les élus handicapés d’un participation pleine et effective à la vie politique.
Nous ne pourrons garantir l’exercice effectif du mandat d’élu pour les personnes handicapées si ces dernières demeurent systématiquement exclues des lieux de pouvoir. Vingt ans après l’adoption de la loi de 2005, alors que les dernières dérogations viennent de prendre fin, nous ne pouvons plus nous contenter de passe-droits et devons contraindre tous les acteurs concernés, y compris les collectivités territoriales, à garantir des locaux pleinement accessibles pour leurs élus handicapés. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’élu local en situation de handicap peut introduire un recours devant la juridiction administrative si les lieux d’exercice de son mandat ne répondent pas aux exigences d’accessibilité telles que mentionnées par la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées et qu’aucune démarche de mise en accessibilité ou de substitution équivalente n’a été engagée dans un délai de trois mois suivant sa demande, afin que soit ordonnée la mise en place des démarches requises sous peine d’astreinte journalière dont le montant est fixé par décret en conseil d'État. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 40
- Contre
- 73
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 2
- Votants
- 118
- Exprimés
- 113
- Majorité requise
- 57
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 7 | 11 | 4 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 2 | 8 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 12 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 30 dans le décompte
Contre (30) : Sébastien Chenu, Bruno Bilde, Christian Girard, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Bryan Masson (ancien député), Romain Baubry, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Bénédicte Auzanot, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, David Magnier, Marc de Fleurian, Patrice Martin, Matthias Renault
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Contre (13) : Sébastien Huyghe, Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Jean-Marie Fiévet, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet
Non-votant (2) : Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Pour (17) : Élisa Martin, Laurent Alexandre, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Clémence Guetté, Damien Maudet, Carlos Martens Bilongo, Thomas Portes, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (7) : Philippe Brun, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur, Estelle Mercier, Thierry Sother, Béatrice Bellay
Contre (11) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Karim Benbrahim
Abstention (4) : Arthur Delaporte, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Sophie Pantel
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Gosselin, Marie-Christine Dalloz, Patrick Hetzel, Thibault Bazin
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (11) : Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Bolo (ancien député), Blandine Brocard, Mickaël Cosson, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Pour (2) : François Gernigon, Béatrice Bellamy (ancien député)
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Christophe Plassard (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Frédéric Valletoux
Abstention (1) : Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (2) : Martine Froger, Constance de Pélichy
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Édouard Bénard
UDR 2 dans le décompte
Contre (2) : Olivier Fayssat, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin