Votes · Scrutin n° 3007 · 9 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 803 du Gouvernement et l'amendement identique suivant à l'article 15 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés" Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 15
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le Gouvernement propose de faire évoluer le congé de formation des élus locaux, en portant sa durée maximale de 18 à 21 jours par mandat.
Cette revalorisation vise à mieux accompagner les élus dans l’exercice de leurs responsabilités, en leur offrant des moyens accrus pour se former tout au long de leur mandat. Elle traduit une reconnaissance de l’engagement local, tout en tenant compte des contraintes organisationnelles que peuvent rencontrer les employeurs, publics comme privés.
Le passage à 21 jours constitue ainsi un juste milieu : il renforce les droits à formation des élus, sans alourdir de manière excessive les obligations pesant sur les structures qui les emploient.
Par ailleurs, le code général des collectivités territoriales prévoit un dispositif de compensation des pertes de revenus liées à l’exercice de ce droit, actuellement limité à 18 jours par mandat.
Dans un souci de cohérence, le présent amendement prévoit d’aligner ce plafond de prise en charge sur la nouvelle durée maximale de 21 jours, afin d’assurer une application harmonisée et équitable du droit à formation des élus locaux.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin de l’alinéa 3, substituer aux mots :
« vingt-quatre »
les mots :
« vingt-et-un ».
II. – Après l’alinéa 3, insérer l’alinéa suivant :
« 2°bis À la première phrase du deuxième alinéa des articles L. 2123‑14, L. 3123‑12, L. 4135‑12, L. 7125‑14 et L. 7227‑14, les mots : « dix-huit » sont remplacés par les mots : « vingt-et-un » ; ». »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 118
- Contre
- 5
- Abstention
- 8
- Non-votant
- 2
- Votants
- 131
- Exprimés
- 123
- Majorité requise
- 62
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 35 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 3 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 4 | 3 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Abstention | 5 | 0 | 7 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 12 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 35 dans le décompte
Pour (35) : Sébastien Chenu, Bruno Bilde, Christian Girard, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Bryan Masson (ancien député), Romain Baubry, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Guillaume Florquin, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Pour (16) : Sébastien Huyghe, Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Camille Galliard-Minier (ancien député), Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Joséphine Missoffe
Non-votant (2) : Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Pour (18) : Élisa Martin, Laurent Alexandre, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Clémence Guetté, Damien Maudet, Carlos Martens Bilongo, Thomas Portes, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (22) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Thierry Sother, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Pour (3) : Philippe Gosselin, Thibault Bazin, Sébastien Martin (ancien député)
Contre (2) : Marie-Christine Dalloz, Patrick Hetzel
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Pour (10) : Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Steevy Gustave
Les Démocrates 8 dans le décompte
Pour (4) : Philippe Bolo (ancien député), Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Contre (3) : Frédéric Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Laurent Croizier
Abstention (1) : Blandine Brocard
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Pour (5) : Thierry Benoit, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Béatrice Bellamy (ancien député)
Abstention (7) : Agnès Firmin Le Bodo, Laetitia Saint-Paul, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Martine Froger, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Édouard Bénard
UDR 2 dans le décompte
Pour (2) : Olivier Fayssat, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin