Votes · Scrutin n° 3012 · 9 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 593 de Mme Pochon à l'article 15 bis de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 15 bis
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pochon et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Pour améliorer la lisibilité des offres de formation à destination des élus locaux, il est proposé par cet amendement de rendre l’accès au compte de formation des élus locaux plus facile pour les élus. L’Etat doit en outre se charger de la promotion et de l’accessibilité de ce compte de formation qui est aujourd’hui trop peu mis en lumière et difficile d’accès pour les élus.
La formation des élus locaux constitue un levier essentiel pour renforcer la qualité de la gouvernance, garantir la montée en compétences et favoriser l’exercice éclairé du mandat.
Pourtant, le recours à la plateforme « Mon Compte Élu », qui centralise les droits à la formation des élus, reste extrêmement faible : moins de 5 % des élus l’utilisent effectivement.
Plusieurs freins ont été identifiés :
Complexité et manque d’ergonomie : Près de 40 % des élus déclarent rencontrer des difficultés techniques ou administratives pour utiliser la plateforme, faute d’une interface intuitive et de procédures simplifiées.Taux élevé d’abandon : Environ 20 % des élus disent avoir renoncé à mobiliser leur compte en raison de la lourdeur des démarches et du manque d’accompagnement.Disparités territoriales : Les élus des petites communes, souvent moins accompagnés administrativement, sont particulièrement désavantagés et peinent à faire valoir leurs droits.Communication insuffisante : L’absence d’information proactive (campagnes ciblées, tutoriels clairs, accompagnement personnalisé) limite fortement la visibilité et l’appropriation de l’outil.L’État a donc un rôle déterminant à jouer pour assurer la promotion effective de ce dispositif, simplifier son accès, et garantir une meilleure égalité entre élus, notamment en milieu rural. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« II. – L’État veille à l’accessibilité, à la simplification et à la promotion du compte de formation des élus locaux. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 15 bis : 6 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 31
- Contre
- 97
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 128
- Exprimés
- 128
- Majorité requise
- 65
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 3 | 17 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 12 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 32 dans le décompte
Contre (32) : Bruno Bilde, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Timothée Houssin, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 19 dans le décompte
Contre (17) : Sébastien Huyghe, Brigitte Klinkert, Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Camille Galliard-Minier (ancien député), Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Joséphine Missoffe
Non-votant (2) : Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Pour (17) : Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Clémence Guetté, Carlos Martens Bilongo, Thomas Portes, Aymeric Caron, René Pilato, Marie Mesmeur, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 20 dans le décompte
Pour (3) : Philippe Naillet, Philippe Brun, Béatrice Bellay
Contre (17) : Marie-Noëlle Battistel, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Philippe Gosselin, Marie-Christine Dalloz, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Élisabeth de Maistre, Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Pour (10) : Pouria Amirshahi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Sophie Mette, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Contre (12) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (1) : Martine Froger
Contre (2) : Paul Molac, Joël Bruneau
UDR 2 dans le décompte
Contre (2) : Olivier Fayssat, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin