Votes · Scrutin n° 3024 · 10 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L’amendement n° 492 de M. Duplessy à l'article 18 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 18
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Duplessy et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à maintenir les expressions de « nature à compromettre » et « de nature à influencer » dans la définition de la prise illégale d'intérêts.
Le délit de prise illégale d’intérêts est un « délit-obstacle » essentiel : il prévient les situations de conflit d’intérêts susceptibles de dériver vers des infractions plus graves, comme la corruption ou le trafic d’influence. Il constitue un outil précieux pour les magistrats lorsque la preuve d’un pacte corrupteur est difficile à établir. Selon les données les plus récentes sur les atteintes à la probité enregistrées par les services de sécurité et publiées par l’agence française anticorruption, le nombre d’infractions relatives à la prise illégale d’intérêts est passé de 121 à 199 entre 2016 et 2024. Il n’existe pas de vague de condamnations injustifiées pour prise illégale d’intérêts. Dans ce contexte, modifier la définition du délit de prise illégale d’intérêt dans le code pénal en utilisant les expressions « compromettant » pour remplacer de « nature à compromettre » ou « de nature à influencer » constitue un affaiblissement de l’élément matériel de l’infraction et affaiblit la réponse pénale aux atteintes à la probité.
Cet amendement a été proposé par Transparency International France et Anticor.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin de l’alinéa 5, substituer au mot :
« compromettant »
les mots :
« de nature à compromettre ».
II. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 8, substituer au mot :
« compromettant »
les mots :
« de nature à influencer ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 18 : 7 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 24
- Contre
- 76
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 100
- Exprimés
- 100
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 12 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 32 dans le décompte
Contre (32) : Bruno Bilde, Jérôme Buisson, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Gisèle Lelouis, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Julien Limongi, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Contre (14) : Sébastien Huyghe, Florent Boudié (ancien député), Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Jean-René Cazeneuve, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Jean Terlier, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Mathieu Lefèvre (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 18 dans le décompte
Pour (18) : Élisa Martin, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Jean-François Coulomme, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Carlos Martens Bilongo, Thomas Portes, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 8 dans le décompte
Contre (8) : Marie-Noëlle Battistel, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Sandrine Runel
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Patrick Hetzel, Sylvie Dezarnaud (ancien député)
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (6) : Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Marie-Charlotte Garin, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Christophe Blanchet, Blandine Brocard, Romain Daubié, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Thierry Benoit, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Pierre Bataille, Nicole Sanquer, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député)
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Olivier Fayssat
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin