Votes · Scrutin n° 3044 · 10 juillet 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 36 de Mme Hervieu et les amendements identiques suivants après l'article 30 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 30
- Texte
- Proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Catherine Hervieu et 35 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cette proposition part du simple constat qu’il n’existe, à ce jour, aucune étude ou prise de données spécifiques de l’assurance maladie sur la santé des élus. Or, des cas de burn-out, d’AVC, probablement liés à des risques médicaux accrus au regard des conditions d’exercice du mandat, mériteraient d’être mieux documentés pour être objectivés et ainsi envisager des mesures adéquates.
L’Association des Maires Ruraux de France a lancé, en partenariat avec l’Observatoire Amarok (association à but non lucratif) et le LABEX Entreprendre de l’Université de Montpellier, une étude exclusive sur la santé mentale des maires et les facteurs de risque menant au burn-out. Les résultats de cette étude ont mis en lumière la nécessité de créer « e-SANTE Maires », un dispositif inédit de prévention contre le burnout des maires avec une cellule d’écoute intégrée.
Cette étude est un premier pas, mais il sera nécessaire d’explorer d’autres axes de la santé des maires et de mettre en place des dispositifs complémentaires. C’est l’objet de cet amendement :
– Le gouvernement formule des préconisations à moyen terme ;
– A plus long terme, la Haute Autorité de Santé est missionnée pour assurer de manière régulière une évaluation et un suivi de la santé des élus.
Cet amendement a été proposé par l’Association des Maires Ruraux de France.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 31 décembre 2026 et après chaque rapport de la Haute Autorité de santé, un rapport sur les axes d’amélioration visant à mieux évaluer et prendre en considération la santé des élus municipaux. Le rapport formule des propositions concrètes et opérationnelles.
Trois ans après chaque renouvellement général des conseils municipaux, la Haute Autorité de santé remet au Gouvernement un rapport rendu public sur la santé mentale et physique des élus municipaux.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Après article 30 : 6 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi sénatoriale déposée le 18 janvier 2024 par Françoise Gatel, Mathieu Darnaud, François-Noël Buffet, Bruno Retailleau, Hervé Marseille et plusieurs de leurs collègues (dossier du Sénat). Devenue ministre, Françoise Gatel représentait le Gouvernement lors du vote final à l’Assemblée. D’après le texte définitif, la loi :
- fixe de nouveaux taux pour les indemnités des maires, selon la taille de la commune : de 28,1 % de l’indice de référence sous 500 habitants à 145 % à partir de 100 000 habitants (article 1er) ;
- accorde un trimestre de retraite supplémentaire par mandat complet aux maires, adjoints et membres des exécutifs locaux, dans la limite de trois (article 5) ;
- oblige l’employeur à laisser à un salarié candidat jusqu’à vingt jours ouvrables pour faire campagne, y compris aux municipales (article 14) ;
- modifie le délit de prise illégale d’intérêts : l’intérêt doit être pris « en connaissance de cause » et « altérant » l’impartialité, et un intérêt public ne peut plus constituer cet intérêt (article 30) ;
- impose de déclarer dans un registre les dons et invitations de plus de 150 euros (article 37) et améliore l’allocation de fin de mandat, désormais gérée par France Travail (article 40).
Ce que ça change
Les mesures visent les élus en place et ceux issus des municipales de mars 2026 ; le RN et EPR ont invoqué ce calendrier pour adopter le texte sans modification en deuxième lecture. La commune doit aussi accorder sa protection à l’élu mis en cause pénalement, même sans poursuites, lorsqu’il a droit à un avocat (article 34). La durée de mandat requise pour l’honorariat est ramenée à douze ans, contre dix-huit ou quinze selon les mandats (article 43). La loi ne chiffre pas son coût.
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre. En deuxième lecture, le 8 décembre 2025, le texte a été adopté par 109 voix contre 0 (scrutin n° 4691) ; La France insoumise s’est abstenue (21 abstentions, 1 pour), ainsi qu’un député Démocrate. En première lecture, le 10 juillet 2025 : 132 voix contre 0, avec 24 abstentions LFI-NFP et 12 abstentions du groupe Démocrates (scrutin n° 3053).
- Pour LFI-NFP, Élisa Martin salue des avancées (retraite, sortie de mandat) mais annonce l’abstention, la question des conflits d’intérêts étant « pour nous indépassable ». Elle craint que des communes n’aient pas les moyens de financer les nouveaux droits.
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu vote pour mais se dit déçue « par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts » et par les suppressions opérées par le Sénat.
- Pour le RN, Bruno Bilde appelle à un vote conforme avant les municipales : la revalorisation des indemnités « peut favoriser l’engagement ».
- Pour EPR, Violette Spillebout estime qu’« il est urgent d’agir » à l’approche des élections municipales. Socialistes et Droite républicaine votent pour et demandent la publication rapide des décrets.
- Selon nos données, aucun article n’a fait l’objet de plus de six scrutins publics à l’Assemblée.
Où en est le texte
Adoptée définitivement par l’Assemblée le 8 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local, publiée au Journal officiel du 23 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif « Création d’un statut de l’élu local » (24/10/2026)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 187) (08/12/2025)
- Scrutin n° 3053 (première lecture à l’Assemblée) (10/07/2025)
- Scrutin n° 4691 (deuxième lecture) (08/12/2025)
- Compte rendu de la séance du 8 décembre 2025 (explications de vote) (08/12/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 48
- Contre
- 35
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 83
- Exprimés
- 83
- Majorité requise
- 42
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 25 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 10 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 12 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Pour (25) : Bruno Bilde, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Géraldine Grangier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Hélène Laporte, Kévin Pfeffer, Yaël Ménaché, Laure Lavalette, Frank Giletti (ancien député), Emmanuel Fouquart, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Matthias Renault
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Contre (14) : Sébastien Huyghe, Florent Boudié (ancien député), Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Stéphane Vojetta (ancien député), Christophe Marion, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Pour (12) : Élisa Martin, Laurent Alexandre, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Rodrigo Arenas, Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Carlos Martens Bilongo, Aymeric Caron, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 6 dans le décompte
Contre (6) : Pascale Got, Marie-Noëlle Battistel, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Jacques Oberti, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (6) : Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Steevy Gustave
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 11 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Mandon
Contre (10) : Christophe Blanchet, Marc Fesneau, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Romain Daubié, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (4) : Thierry Benoit, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (1) : Laurent Mazaury
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Stéphane Peu
UDR 1 dans le décompte
Pour (1) : Olivier Fayssat
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin