Votes · Scrutin n° 3078 · 24 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 217 de M. Arnaud Bonnet après l'article 2 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 2
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Arnaud Bonnet et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cette disposition du code des impôts permet le maintien dans le foyer fiscal des jeunes majeurs en poursuite d’études. Elle s’inscrit dans une logique familialiste du système d’aides sociales français qui maintient les jeunes majeurs dans une minorité sociale.
Considérer que la famille constitue le premier cercle de solidarité renforce les inégalités sociales. Dans le même temps, l’État entretient un double standard sur la minorité sociale des jeunes majeurs. Ainsi, alors que la législation prévoit un possible maintien dans le foyer fiscal des étudiants jusqu’à 25 ans, elle n’étend le bénéfice des allocations familiales et des allocations logement pour les familles les plus précaires que jusqu’aux 21 ans de l’enfant, qu’il soit en étude ou non.
Ce maintien dans le foyer fiscal des majeurs en études — et donc la demi-part fiscale qui l’accompagne — bénéficie principalement aux foyers fiscaux les plus aisés. Les inégalités sociales se retrouvent dans l’accès, mais aussi dans la réussite scolaire au sein de l’enseignement supérieur. La différence entre la part d’accédant à l’enseignement supérieur et la part de diplômés illustre ce tri social. Ainsi, sur la période 2021‑2023, 67 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants sont diplômés du supérieur pour une proportion de 77 % d’accédant, contre 36 % des enfants d’ouvriers ou d’employés pour une proportion d’accédant de 52 %. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au premier alinéa du 3 de l’article 6 du code général des impôts, les mots : « , ou de moins de vingt-cinq ans lorsqu’elle poursuit ses études, » sont supprimés.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 2 : 59 scrutins publics, dont 10 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 28
- Contre
- 241
- Abstention
- 40
- Non-votant
- 14
- Votants
- 309
- Exprimés
- 269
- Majorité requise
- 135
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 52 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 49 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 1 | 56 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 2 | 12 | 36 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 25 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 1 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 3 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 52 dans le décompte
Contre (52) : Nicolas Meizonnet, Sébastien Chenu, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Julien Limongi, Guillaume Bigot
Ensemble pour la République 56 dans le décompte
Contre (49) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Stéphane Travert, Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Olga Givernet, Hervé Berville (ancien député), Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Camille Galliard-Minier (ancien député), Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Michel Lauzzana, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Jean-Michel Jacques, Ludovic Mendes, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Marie-Pierre Rixain, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Emmanuelle Hoffman
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 57 dans le décompte
Pour (1) : Éric Coquerel
Contre (56) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Aurélien Taché, Jean-Hugues Ratenon, Danièle Obono, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Rodrigo Arenas, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Aly Diouara
Socialistes et apparentés 50 dans le décompte
Pour (2) : Fatiha Keloua Hachi, Pierrick Courbon
Contre (12) : Dominique Potier, Olivier Faure, Boris Vallaud, Isabelle Santiago, Anna Pic, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Thierry Sother, Dieynaba Diop, Béatrice Bellay
Abstention (36) : Guillaume Garot, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Paul Christophle, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 36 dans le décompte
Contre (33) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Xavier Breton, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Michel Barnier, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Julien Dive, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Christelle Petex (ancien député), Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Sylvie Dezarnaud (ancien député), Justine Gruet, Thierry Liger, Alexandre Portier, Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 25 dans le décompte
Pour (25) : Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 16 dans le décompte
Contre (15) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Philippe Bolo (ancien député), Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Bruno Fuchs, Romain Daubié, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 18 dans le décompte
Contre (16) : Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, François Jolivet, Isabelle Rauch, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Christophe Plassard (ancien député), Félicie Gérard, Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député), Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député), Charles de Courson
Abstention (1) : Max Mathiasin
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Abstention (3) : Nicolas Sansu, Karine Lebon, Édouard Bénard
Non inscrit 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger, Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin