Votes · Scrutin n° 3091 · 25 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 892 de M. Lottiaux après l'article 2 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 2
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Lottiaux et 121 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à rétablir l’agrément pour le bénéfice, dans certains cas, de la déduction du revenu global des charges foncières et de l’imputation sur le revenu global des déficits fonciers, supprimé par l’article 26 de la loi de finances pour 2014.
Cet amendement part du constat établi par le rapport d’information de M. Philippe Lottiaux relatif à l’impact et aux évolutions possibles des dépenses fiscales en faveur du patrimoine, publié en juin 2025.
Le cadre normatif actuel prévoit trois exceptions au principe de détention directe, notamment lorsque la société civile bénéficiaire affecte le monument historique, au plus tard dans les deux ans qui suivent son acquisition, à l’habitation pour au moins 75 % de ses surfaces habitables. Or, cette exception était conditionnée, jusqu’au 1er janvier 2018, à un agrément du ministre chargé du budget après avis du ministre chargé de la culture.
Cet agrément a été supprimé par souci de simplification, bien qu’il ne concernât qu’une demi-douzaine de demandes chaque année. Cet agrément avait pour objectif de limiter les « ventes à la découpe » abusives, préjudiciables à la conservation des monuments historiques. Or, depuis lors, plusieurs cas de ce type ont marqué les esprits, comme l’affaire du château de Tancarville ou de celui de Ponchartrain.
Certes, l’achat d’un monument historique en vue de sa transformation en logements peut permettre dans certains cas de sauver un patrimoine en péril. Cela est particulièrement vrai dans les cas précis où le logement collectif constitue la vocation historique de ce monument historique (casernes, monastères, cités industrielles etc.). […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la première phrase du 1° du II de l’article 156 bis du code général des impôts, après le mot : « historiques », sont insérés les mots : « , a fait l’objet d’un agrément par le ministre chargé du budget, après avis du ministre chargé de la culture, en raison de son caractère historique ou artistique particulier, ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 2 : 59 scrutins publics, dont 10 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 111
- Contre
- 142
- Abstention
- 28
- Non-votant
- 15
- Votants
- 281
- Exprimés
- 253
- Majorité requise
- 127
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 76 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 92 membres | Contre | 2 | 40 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 2 | 20 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 50 | 2 | 0 | |
| DR 50 membres | Pour | 27 | 1 | 1 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 18 | 5 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 1 | 7 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 77 dans le décompte
Pour (76) : Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Franck Allisio, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Julien Odoul, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Aurélien Dutremble, Julien Limongi, Matthias Renault, Sophie-Laurence Roy
Non-votant (1) : Hélène Laporte
Ensemble pour la République 49 dans le décompte
Pour (2) : Danielle Brulebois, Anthony Brosse
Contre (40) : Sébastien Huyghe, Franck Riester (ancien député), Constance Le Grip, Stéphane Travert, Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Lionel Causse, Michel Lauzzana, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Jean-Michel Jacques, Ludovic Mendes, Brigitte Liso, Anne Genetet, Céline Calvez, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Paul Midy, Karl Olive, Pierre Cazeneuve, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Contre (2) : Éric Coquerel, Abdelkader Lahmar
Abstention (20) : Danièle Obono, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Idir Boumertit, Rodrigo Arenas, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, René Pilato, Marie Mesmeur, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 52 dans le décompte
Contre (50) : Pascale Got, Guillaume Garot, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Paul Christophle, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Abstention (2) : Marietta Karamanli, Hervé Saulignac
Droite Républicaine 32 dans le décompte
Pour (27) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Julien Dive, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Jérôme Nury (ancien député), Émilie Bonnivard, Christelle Petex (ancien député), Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Justine Gruet, Thierry Liger, Alexandre Portier, Corentin Le Fur
Contre (1) : Philippe Juvin
Abstention (1) : Michel Barnier
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 23 dans le décompte
Contre (18) : Delphine Batho, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Abstention (5) : Dominique Voynet, François Ruffin, Sophie Taillé-Polian, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet
Les Démocrates 19 dans le décompte
Contre (18) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sandrine Josso, Philippe Bolo (ancien député), Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Michel Brard
Contre (7) : Xavier Roseren, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Contre (3) : Joël Bruneau, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Stéphane Peu
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Charles Alloncle
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Daniel Grenon
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Raphaël Schellenberger
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin