Votes · Scrutin n° 3112 · 25 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1890 de M. Labaronne après l'article 2 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 2
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Labaronne et M. Jean-René Cazeneuve (EPR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement a pour objet d’élargir le bénéfice de la réduction d’impôt sur le revenu applicable aux travaux de conservation et de restauration d’objets mobiliers classés, afin d’y inclure également les objets mobiliers inscrits au titre des monuments historiques.
En l’état du droit, seuls les objets classés ouvrent droit à cette réduction, excluant ainsi les objets inscrits, alors même que ces derniers présentent des caractéristiques patrimoniales et des exigences d’entretien comparables. Les coûts liés à leur conservation, à leur restauration ou à leur présentation au public sont, dans la plupart des cas, de même nature et de même ampleur.
Cette mesure participe pleinement de l’effort national en faveur de la préservation et de la transmission du patrimoine, qui constitue une composante essentielle de notre identité collective. En soutenant les propriétaires dans leurs démarches de restauration, elle contribue à la défense concrète de notre patrimoine mobilier, souvent fragilisé par le temps, le coût des travaux et la complexité des procédures de protection.
Il convient enfin de souligner que cette dépense fiscale serait partiellement compensée par les recettes supplémentaires générées par les travaux entrepris (TVA, impôts sur les revenus des artisans et entreprises concernés) et par la dynamique économique et touristique liée à la valorisation de ces objets patrimoniaux.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Au I de l’article 199 duovicies du code général des impôts, après le mot : « classés », sont insérés les mots : « ou inscrits ».
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 2 : 59 scrutins publics, dont 10 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 96
- Contre
- 149
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 15
- Votants
- 251
- Exprimés
- 245
- Majorité requise
- 123
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 69 | 5 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 27 | 2 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 37 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Pour | 17 | 0 | 1 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 1 | 2 | |
| HOR 34 membres | Contre | 2 | 7 | 2 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 5 | 1 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 74 dans le décompte
Pour (69) : Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Franck Allisio, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Guillaume Bigot, Sophie-Laurence Roy
Contre (5) : José Beaurain, Christophe Barthès (ancien député), Alexis Jolly, Stéphane Rambaud, Alexandre Dufosset
Ensemble pour la République 36 dans le décompte
Contre (27) : Constance Le Grip, Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Lionel Causse, Denis Masséglia, Jean-Michel Jacques, Ludovic Mendes, Brigitte Liso, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Emmanuelle Hoffman
Abstention (2) : Jean-René Cazeneuve, Anne Genetet
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 37 dans le décompte
Contre (37) : Élisa Martin, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 31 dans le décompte
Contre (31) : Alain David, Jérôme Guedj, François Hollande, Guillaume Garot, Hervé Saulignac, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Denis Fégné, Thierry Sother, Sandrine Runel, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 21 dans le décompte
Pour (17) : Jean-Yves Bony, Laurent Wauquiez, Xavier Breton, Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Jean-Louis Thiériot, Christelle Petex (ancien député), Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Sylvie Dezarnaud (ancien député), Justine Gruet, Thierry Liger, Corentin Le Fur
Abstention (1) : Fabien Di Filippo (ancien député)
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 22 dans le décompte
Contre (22) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 15 dans le décompte
Contre (12) : Marc Fesneau, Sandrine Josso, Philippe Bolo (ancien député), Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Abstention (1) : Mickaël Cosson
Non-votant (2) : Christophe Blanchet, Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Pour (2) : Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Contre (7) : Paul Christophe (ancien député), François Jolivet, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, François Gernigon, Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député)
Abstention (2) : Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Pour (5) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Contre (1) : Harold Huwart (ancien député)
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Nicolas Sansu, Soumya Bourouaha, Stéphane Peu, Karine Lebon, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Pour (2) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat
Contre (1) : Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin