Votes · Scrutin n° 3118 · 25 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3745 de M. Fiévet après l'article 2 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 2
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Fiévet et 3 cosignataires (EPR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à prolonger, jusqu’au 31 décembre 2027, le bénéfice du crédit d’impôt pour l’acquisition et l’installation de systèmes de charge pilotable, intelligent et communicant pour véhicules électriques, tel que prévu à l’article 200 quater C du Code général des impôts.
Ce dispositif, dont l’échéance est actuellement fixée au 31 décembre 2025, est un levier essentiel pour une transition réussie vers la mobilité électrique. Son succès est attesté par le fait que 46 932 foyers en ont bénéficié en 2024, pour une dépense fiscale estimée à 23 millions d’euros.
La prolongation de ce crédit d'impôt est cruciale car elle favorise l'équipement en bornes intelligentes, apportant des bénéfices multiples :
Soutien au Pouvoir d'Achat : L'équipement en borne pilotable permet le pilotage dynamique (V1G) de la recharge, s'effectuant lorsque le prix de l’électricité est le plus bas. Selon diverses études, ce pilotage permet une économie annuelle de 150 € à 200 € par véhicule, divisant par deux le budget annuel de recharge d’un électromobiliste moyen.Optimisation du Système Électrique : Cette capacité de pilotage dynamique est essentielle pour l’équilibre du réseau. Elle permet non seulement de diminuer les épisodes de prix négatifs en augmentant la consommation pendant les heures creuses méridiennes, mais surtout de prévenir les pics de consommation du soir. Sans pilotage, RTE estime que la pointe de consommation augmenterait de 650 à 900 MW par million de véhicules non gérés. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le 1 de l’article 200 quater C du code général des impôts est ainsi modifié :
1° La date : « 31 décembre 2025 » est remplacée par la date : « 31 décembre 2027 » ;
2° Est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« L’État publie un rapport annuel visant à contrôler l’installation effective de point de charge piloté respectant les critères fixés par l’arrêté du 24 avril 2024 pris pour application de l’article 200 quater C du code général des impôts. »
II. – La perte de recettes pour les collectivités territoriales est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services
III. – Le I n’est applicable qu’aux sommes venant en déduction de l’impôt dû.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 2 : 59 scrutins publics, dont 10 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 61
- Contre
- 142
- Abstention
- 59
- Non-votant
- 15
- Votants
- 262
- Exprimés
- 203
- Majorité requise
- 102
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 3 | 73 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 1 | 27 | 5 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 39 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 42 | 1 | 1 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 11 | 0 | 12 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 2 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 2 | 1 | 1 | 0 | |
| NI 9 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 76 dans le décompte
Pour (3) : Jérôme Buisson, Philippe Schreck, Claire Marais-Beuil
Contre (73) : Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Franck Allisio, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Florence Goulet, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Guillaume Bigot, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 40 dans le décompte
Pour (1) : Sylvain Maillard
Contre (27) : Éric Woerth (ancien député), Constance Le Grip, Brigitte Klinkert, Guillaume Kasbarian, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Ludovic Mendes, Brigitte Liso, Jean Terlier, Céline Calvez, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Paul Midy, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Emmanuelle Hoffman
Abstention (5) : Sandrine Le Feur, Olivia Grégoire, Julie Delpech, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 39 dans le décompte
Abstention (39) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 44 dans le décompte
Pour (42) : Jérôme Guedj, Hervé Saulignac, Claudia Rouaux, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Philippe Naillet, Boris Vallaud, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Contre (1) : Alain David
Abstention (1) : Dominique Potier
Droite Républicaine 19 dans le décompte
Contre (16) : Michel Herbillon, Jean-Yves Bony, Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Jean-Louis Thiériot, Fabien Di Filippo (ancien député), Christelle Petex (ancien député), Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Sylvie Dezarnaud (ancien député), Justine Gruet
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 23 dans le décompte
Pour (11) : Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Nicolas Thierry, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Boris Tavernier
Abstention (12) : Dominique Voynet, Delphine Batho, Eva Sas, Sophie Taillé-Polian, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (10) : Sophie Mette, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Bruno Fuchs, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Non-votant (2) : Christophe Blanchet, Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Contre (10) : Paul Christophe (ancien député), Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Félicie Gérard, Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député), Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (1) : Harold Huwart (ancien député)
Contre (2) : Joël Bruneau, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (1) : Soumya Bourouaha
Abstention (1) : Édouard Bénard
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (2) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat
Contre (1) : Maxime Michelet
Abstention (1) : Alexandre Allegret-Pilot
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Claire Marais-Beuil, Philippe Schreck
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin