Votes · Scrutin n° 3132 · 27 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2159 de Mme Feld après l'article 2 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 2
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Feld et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
"Par cet amendement, le groupe parlementaire de la France insoumise propose de garantir une déconjugalisation des dettes fiscales en cas de séparation.
Aujourd’hui, en cas de séparation, chacun des ex-époux est tenu de régler les dettes fiscales créées pendant l’imposition commune, quelles que soient la nature et l’origine de ces dettes. La solidarité fiscale des époux se poursuit après la séparation pour les dettes engendrées pendant la période de l’union. En l’absence de paiement, l’administration fiscale est en droit de recouvrir la totalité de la dette sur l’ex-partenaire.
Le mariage sous le régime de la séparation de biens ne protège en rien de ces procédures : le Trésor public a la possibilité de gager et recouvrer la dette de l’ancien couple en hypothéquant les biens immobiliers d’un seul des partenaires, même ceux détenus avant l’union.
L’article 1691 bis du Code Général des Impôts, introduit par la loi de finances de 2008, a prévu un dispositif dit de « Décharge en responsabilité solidaire » visant à permettre la répartition des dettes fiscales de la période commune de l’union entre ces deux individus.
Cependant, la décharge de l’obligation de paiement des dettes fiscales du couple est accordée uniquement en cas de disproportion marquée entre le montant de la dette fiscale et la situation financière et patrimoniale nette du demandeur. En l’absence de critères fixés par la loi, cette « disproportion marquée » est souvent un motif de refus de la décharge, car elle est appréciée de manière discrétionnaire par le fisc. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Le premier alinéa du 2 du II de l’article 1691 bis du code général des impôts est ainsi modifié :
1° La première phrase est supprimée ;
2° À la dernière phrase, le mot : « alors » est supprimé.
II. – Le I est applicable aux demandes en décharge de l’obligation de paiement déposées à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi.
III. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 2 : 59 scrutins publics, dont 10 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 74
- Contre
- 63
- Abstention
- 57
- Non-votant
- 15
- Votants
- 194
- Exprimés
- 137
- Majorité requise
- 69
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 1 | 54 | 1 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 34 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 23 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 13 | 1 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 1 | 9 | 1 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 56 dans le décompte
Contre (1) : Emmanuel Blairy
Abstention (54) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Franck Allisio, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Julien Odoul, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 30 dans le décompte
Contre (23) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Sandra Marsaud, Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Jean-Michel Jacques, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Freddy Sertin (ancien député), Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Yannick Chenevard, Laure Miller
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 34 dans le décompte
Pour (34) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Arnaud Le Gall, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 24 dans le décompte
Pour (23) : Pascale Got, Guillaume Garot, Laurent Baumel, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Estelle Mercier, Florence Herouin-Léautey, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Abstention (1) : Sophie Pantel
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Contre (13) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Eric Liégeon, Frédérique Meunier, Christelle Petex (ancien député), Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Antoine Vermorel, Thierry Liger, Alexandre Portier, Corentin Le Fur
Abstention (1) : Anne-Laure Blin
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (12) : Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Marie Pochon, Cyrielle Chatelain, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 10 dans le décompte
Contre (9) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Jimmy Pahun, Bruno Fuchs, Emmanuel Mandon, Louise Morel, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Pour (1) : Anne-Cécile Violland
Contre (9) : Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Philippe Fait, Béatrice Bellamy (ancien député)
Abstention (1) : Didier Lemaire
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Marcellin Nadeau, Emmanuel Tjibaou
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Contre (3) : Vincent Trébuchet, Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin