Votes · Scrutin n° 3133 · 27 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3619 de M. Wauquiez après l'article 2 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 2
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Wauquiez et 44 cosignataires (DR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Droite Républicaine vise à prolonger l'exonération des pourboires pour trois ans.
La loi de finances pour 2022 prévoyait d'exonérer, d'impôt sur le revenu et de cotisations et contributions sociales, les sommes remises volontairement par les clients pour le service.
Cette exonération arrive à échéance au 31 décembre 2025, après avoir été prorogée pour un an lors de l'adoption de la loi de finances pour 2025.
Cette mesure rencontre l'attrait tant des entreprises que des salariés. Elle stimule l'attractivité des métiers aujourd'hui en tension, particulièrement dans les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration. Tout en constituant un soutien au pouvoir d'achat pour les employés dont les pourboires représentent parfois une part importante de la rémunération.
Dans le débat budgétaire, la Droite Républicaine défendre une priorité : la revalorisation du travail et la lutte contre l'assistanat. C'est le sens de cet amendement dont l'adoption contribuerait à valoriser l'engagement des salariés dans leur travail et pour un service de qualité auprès des clients.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – L’article 5 de la loi n° 2021‑1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022 est ainsi modifié :
1° Au I, l’année : « 2025 » est remplacée par l’année : « 2028 » ;
2° Au IV, l’année : « 2024 » est remplacée par l’année : « 2028 »
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
III. – La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration de l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 2 : 59 scrutins publics, dont 10 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 142
- Contre
- 48
- Abstention
- 31
- Non-votant
- 15
- Votants
- 221
- Exprimés
- 190
- Majorité requise
- 96
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 84 | 1 | 0 | 1 | |
| EPR 92 membres | Contre | 4 | 23 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 1 | 1 | 20 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 12 | 3 | 6 | 0 | |
| DR 50 membres | Pour | 23 | 0 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 3 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Pour | 9 | 2 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 1 | 2 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 86 dans le décompte
Pour (84) : Marine Le Pen, Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), José Gonzalez, Emmanuel Taché, Franck Allisio, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Julien Odoul, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Contre (1) : Michel Guiniot
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 34 dans le décompte
Pour (4) : Sébastien Huyghe, Danielle Brulebois, Benjamin Dirx, Françoise Buffet
Contre (23) : Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Sandra Marsaud, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Denis Masséglia, Jean-Michel Jacques, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Freddy Sertin (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Nathalie Coggia, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Yannick Chenevard, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Pour (1) : Élisa Martin
Contre (1) : Éric Coquerel
Abstention (20) : Mathilde Panot, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Mathilde Hignet, Marianne Maximi, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Ersilia Soudais, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (12) : Pascale Got, Philippe Brun, Valérie Rossi, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Ayda Hadizadeh
Contre (3) : Dominique Potier, Pierre Pribetich, Florence Herouin-Léautey
Abstention (6) : Guillaume Garot, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Marie-José Allemand, Jacques Oberti, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 26 dans le décompte
Pour (23) : Jean-Yves Bony, Laurent Wauquiez, Vincent Descoeur, Philippe Juvin, Michel Barnier, Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Christelle Petex (ancien député), Ian Boucard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Justine Gruet, Antoine Vermorel, Jean-Pierre Taite (ancien député), Thierry Liger, Alexandre Portier, Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Contre (8) : Dominique Voynet, Eva Sas, Alexis Corbière, Christine Arrighi, Charles Fournier, Sandra Regol, Sabrina Sebaihi, Nicolas Bonnet
Abstention (3) : Tristan Lahais, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier
Les Démocrates 10 dans le décompte
Contre (9) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Frédéric Petit, Louise Morel, Éric Martineau, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Pour (9) : Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Félicie Gérard, Philippe Fait, Didier Lemaire, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Contre (2) : François Jolivet, Jean Moulliere (ancien député)
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Pour (5) : Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (1) : Emmanuel Tjibaou
Abstention (2) : Nicolas Sansu, Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Pour (3) : Vincent Trébuchet, Gérault Verny, Alexandre Allegret-Pilot
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Bonnecarrère
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Yannick Chenevard, Guillaume Garot, Jean Moulliere (ancien député), Michel Guiniot, Florence Herouin-Léautey
Voulait voter Abstention : Élisa Martin
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin