Votes · Scrutin n° 3161 · 27 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2853 de M. Le Coq à l'article 11 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 11
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Le Coq et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement de repli, le groupe LFI propose de geler la suppression de la part restante de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
Initialement prévue pour 2024 par la loi de finances pour 2023, la suppression totale de la CVAE a été étalée entre 2024 et 2030 dans le projet de loi de finances pour 2025 avant d’être annoncée pour 2028 par Sébastien Lecornu.
Il convient d’être clair : la suppression de la CVAE est une très mauvaise décision politique et économique. Elle a privé les collectivités territoriales d’une ressource majeure, tout en affaiblissant leur autonomie fiscale, pourtant garantie par la Constitution.
Cette mesure constitue un cadeau fiscal disproportionné aux grandes entreprises. Pour les PME, la CVAE représentait souvent moins de 250 euros par an, tandis que les grandes entreprises ont bénéficié d’un gain moyen de 9,1 millions d’euros dès la première baisse intervenue en 2021.
Le CAE, dans une note de juillet 2020, rappelait d’ailleurs que les secteurs les plus favorisés par la réduction des impôts de production étaient la production d’électricité et de gaz, les industries extractives et la finance : autant de secteurs fortement émetteurs ou déjà très profitables.
Il est donc urgent d’engager un discours honnête sur la CVAE. Sa suppression n’a pas stimulé l’investissement productif, mais a au contraire creusé les inégalités fiscales entre grandes entreprises et territoires.
Alors que les collectivités voient leurs moyens fondre, il est temps de mettre un terme à cette fuite en avant.
Cet amendement propose a minima de geler la suppression de la CVAE, première étape vers un rétablissement progressif de cet impôt au bénéfice des collectivités territoriales et du financement des services publics locaux.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin de l’alinéa 7, substituer à l’année :
« 2028 »
l’année :
« 2100 ».
II. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 9, substituer à l’année :
« 2027 »
l’année :
« 2100 ».
III. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 11, substituer à l’année :
« 2027 »
l’année :
« 2100 ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 93
- Contre
- 167
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 15
- Votants
- 261
- Exprimés
- 260
- Majorité requise
- 131
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 74 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 35 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 37 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 3 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 74 dans le décompte
Contre (74) : Marine Le Pen, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Bryan Masson (ancien député), José Gonzalez, Emmanuel Taché, Franck Allisio, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michèle Martinez, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 34 dans le décompte
Contre (27) : Sébastien Huyghe, Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Ludovic Mendes, Anne Genetet, Jean Terlier, Céline Calvez, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Pierre Cazeneuve, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Emmanuelle Hoffman
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 35 dans le décompte
Pour (35) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Alma Dufour, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Carlos Martens Bilongo, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 38 dans le décompte
Pour (37) : Guillaume Garot, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi
Abstention (1) : Aurélien Rousseau
Droite Républicaine 22 dans le décompte
Contre (19) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Eric Liégeon, Jean-Louis Thiériot, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Christelle Petex (ancien député), Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Antoine Vermorel, Jean-Pierre Taite (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 20 dans le décompte
Pour (20) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, François Ruffin, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 21 dans le décompte
Contre (20) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Bruno Fuchs, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Hubert Ott, Frantz Gumbs
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 16 dans le décompte
Contre (13) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Christophe Plassard (ancien député), Félicie Gérard, Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député)
Non-votant (3) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Contre (6) : Christophe Naegelen, Salvatore Castiglione (ancien député), Joël Bruneau, Harold Huwart (ancien député), Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Paul Lecoq
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin