Votes · Scrutin n° 3175 · 27 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 635 de Mme Pirès Beaune après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Pirès Beaune et 68 cosignataires (SOC) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés permet de concilier deux des enjeux majeurs de la législature :
– Pérenniser notre système de santé et veiller à un égal accès aux soins entre nos concitoyens, notamment par l’intermédiaire de la lutte contre les déserts médicaux
– Rééquilibrer les finances publiques
Dès lors, cet amendement propose de travailler sur les abattements fiscaux dont bénéficient les médecins conventionnés. Ces abattements sur leur bénéfice non commercial (BNC) sont aujourd’hui de trois nature et cumulables :
– Abattement de 2% au titre des frais professionnels (blanchisserie, réception, cadeaux professionnels, etc.), en lieu et place d’une déclaration des frais réels ; réservé aux conventionnés secteur 1
– Abattement forfaitaire compris entre 770€ et 3050€, en fonction du type d’activité exercée et du montant du BNC, dit « abattement groupe III »
– Déduction de 3% du BNC, dite « complémentaire »
Le coût pour les finances publiques de ces 3 dispositifs est estimé à plus de 350M€ par an, alors que leur fondement n’est pas ou très peu documenté et présente un effet d’aubaine élevé.
Concernant les frais professionnels, on pourrait estimer que, au même titre que de nombreux entrepreneurs générant souvent des chiffres d’affaires inférieurs à des médecins, ces derniers pourraient tous déclarer « au réel » leurs frais. Bien que généreux, il est proposé à ce stade de conserver l’abattement forfaitaire de 2% pour frais réels, notamment dans la mesure où il est réservé aux praticiens conventionnés secteur 1.
En revanche, il est proposé de réserver l’abattement forfaitaire de groupe III et la déduction complémentaire de 3% aux praticiens installés dans des zones qualifiées de désert médical. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – L’article 93 du code général des impôts est complété par un 11 ainsi rédigé :
« 11. Les médecins conventionnés soumis au régime de la déclaration contrôlée et dont le lieu d’installation est situé dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante ou par des difficultés dans l’accès aux soins au sens du 1° de l’article L. 1434-4 du code de la santé publique bénéficient :
« – d’un abattement forfaitaire sur leur bénéfice non commercial définit annuellement par décret ;
« – d’un abattement complémentaire à hauteur de 3 % de leur bénéfice non commercial.
« Ces abattements n’ont pas le caractère de déductions pour frais professionnels. »
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 173
- Contre
- 85
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 14
- Votants
- 263
- Exprimés
- 258
- Majorité requise
- 130
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 56 | 11 | 1 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 32 | 1 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 34 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 43 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 15 | 2 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 25 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 5 | 11 | 1 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 3 | 6 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 68 dans le décompte
Pour (56) : Christian Girard, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Bryan Masson (ancien député), Romain Baubry, Franck Allisio, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Alexis Jolly, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Thibaut Monnier, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Contre (11) : Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Laurent Jacobelli, Michel Guiniot, Antoine Villedieu, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Thierry Tesson, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Matthias Renault
Abstention (1) : Marc de Fleurian
Ensemble pour la République 40 dans le décompte
Contre (32) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Jean-Michel Jacques, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Nathalie Coggia, Paul Midy, Karl Olive, Pierre Cazeneuve
Abstention (1) : Jean-René Cazeneuve
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 34 dans le décompte
Pour (34) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Manon Meunier, Maxime Laisney, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 43 dans le décompte
Pour (43) : Pascale Got, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Emmanuel Grégoire (ancien député), Valérie Rossi, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Thierry Sother, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 20 dans le décompte
Contre (15) : Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Virginie Duby-Muller, Christelle Minard, Julien Dive, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Thierry Liger
Abstention (2) : Jean-Yves Bony, Christelle Petex (ancien député)
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 25 dans le décompte
Pour (25) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 18 dans le décompte
Pour (5) : Maud Petit, Bruno Fuchs, Mickaël Cosson, Éric Martineau, Frantz Gumbs
Contre (11) : Sophie Mette, Philippe Bolo (ancien député), Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Louise Morel, Hubert Ott, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Erwan Balanant
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (7) : Agnès Firmin Le Bodo, Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Pierre Henriet, Christophe Plassard (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 10 dans le décompte
Pour (3) : David Habib, Yannick Favennec-Bécot, David Taupiac
Contre (6) : Jean-Luc Warsmann, Max Mathiasin, Christophe Naegelen, Salvatore Castiglione (ancien député), Joël Bruneau, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Marcellin Nadeau
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Maxime Michelet
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Sophie Errante, Lionel Vuibert
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Vincent Descoeur, Pascal Markowsky
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin