Votes · Scrutin n° 3176 · 27 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2397 de M. Le Coq après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Le Coq et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe parlementaire La France insoumise reprend la proposition de taxe de 4 % sur les dividendes portée par la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC), en élargissant cette taxe aux rachats d'actions, qui constitue un mode de rémunération des actionnaires par un jeu de plus-value.
Malgré l'interdiction qui lui était faite de se pencher sur la question des financements, la CCC a fait plusieurs propositions soigneusement écartées par l'exécutif, à commencer par l'instauration d'une taxe sur les dividendes. A l’inverse des recommandations de la Convention, Macron avait tenu à rappeler que le CETA continuerait à s'appliquer, que la politique fiscale ne serait pas modifiée, que les vols intérieurs ne seraient pas significativement encadrés et que les mesures à venir devront être compatibles avec la politique économique du Gouvernement… Un tableau aux antipodes des mesures identifiées, conçues, et portées par la CCC.
Pendant que la planète se meurt, les actionnaires du CAC 40 continuent donc de bénéficier de dividendes colossaux, avec la bénédiction du Gouvernement. En 2024, la France est encore une fois, et de très loin la championne européenne des dividendes. Pour la seule année 2024, le CAC40 a procédé à près de 100 milliards d’euros de dividendes et de rachat d’actions. Ces évolutions sont complètement décorrélées de l’économie réelle, avec 1,2 % de croissance pour 2024, et 0,6 % pour 2025 : les actionnaires captent des sommes de plus en plus importantes à l’activité économique, au détriment des salaires, de l’investissement productif, et des recettes fiscales.
Lorsque les services publics sont toujours plus dégradés et que les plus riches paient toujours moins, c’est le consentement à l’impôt qui est remis en cause. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article 117 quater du code général des impôts, insérer un article 117 quater-0 ainsi rédigé :
« Art. 117 quater-0. I. Il est créé une taxe de solidarité sur les dividendes tels que définis aux articles L. 232 -10 à L. 232 -20 du code de commerce, ainsi que sur les réductions de capital par annulation de titres résultant d’un rachat par les sociétés de leurs propres titres définies à l’article 235 ter XB du présent code.
« Le taux de cette taxe est fixé à 4 %.
« II. Cette taxe est applicable à toutes les entreprises redevables de l’impôt sur les sociétés prévu à l’article 205 du code général des impôts. Pour les redevables qui sont placés sous le régime prévu à l’article 223 A ou à l’article 223 A bis du code général des impôts, la contribution exceptionnelle est due par la société mère.
« III. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 80
- Contre
- 155
- Abstention
- 19
- Non-votant
- 14
- Votants
- 254
- Exprimés
- 235
- Majorité requise
- 118
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 75 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 41 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 11 | 0 | 18 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 24 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 6 | 1 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 75 dans le décompte
Contre (75) : Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Alexandra Masson (ancien député), Bryan Masson (ancien député), Romain Baubry, Franck Allisio, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michèle Martinez, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 35 dans le décompte
Contre (28) : Éric Woerth (ancien député), Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Jean-Michel Jacques, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Nathalie Coggia, Paul Midy, Vincent Caure
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 41 dans le décompte
Pour (41) : Élisa Martin, Loïc Prud'homme, Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Manon Meunier, Maxime Laisney, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 29 dans le décompte
Pour (11) : Dominique Potier, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Marc Pena, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Thierry Sother
Abstention (18) : Marie Récalde, Claudia Rouaux, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 20 dans le décompte
Contre (17) : Jean-Yves Bony, Philippe Gosselin, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Christelle Minard, Julien Dive, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Christelle Petex (ancien député), Ian Boucard, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 24 dans le décompte
Pour (24) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (13) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Pierre Henriet, Christophe Plassard (ancien député), Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 8 dans le décompte
Contre (6) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Luc Warsmann, Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Abstention (1) : David Taupiac
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Marcellin Nadeau, Jean-Victor Castor
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Trébuchet, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin