Votes · Scrutin n° 3184 · 28 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1951 de M. Le Coq après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Le Coq et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe LFI propose de réorienter la manne colossale des 7,7 milliards d’euros du crédit d’impôts recherche (CIR) vers un pôle public de la recherche véritablement efficace et au service de l’intérêt général.
À la suite de la pérennisation du CICE en baisse de cotisations, le CIR est devenu en 2020 la première dépense fiscale du budget de l'État, avec un coût de 7,7 milliards d’euros en 2025.
La dernière étude faisant foi, le rapport de France Stratégie publié le 1er juin 2021, démontre l'inefficacité du CIR lorsque appliqué aux grandes entreprises : un euro de dépense fiscale par le CIR suscite tout juste 0,4 euro de dépenses supplémentaire par l’entreprise. Et pourtant, ce sont les très grandes entreprises qui concentrent l’essentiel du dispositif : les 50 plus gros bénéficiaires du CIR touchent plus 44 % du total de la niche. Comme le dénonce le CAE, il ne s’agit ni plus ni moins pour les grands groupes que d’un effet d’aubaine, puisque le CIR subventionne des dépenses qui auraient de toute façon eu lieu.
Il est par conséquent impensable de conserver une niche aussi coûteuse pour une inefficacité aussi flagrante. En septembre 2022, une note du Conseil d’analyse économique pointait que le CIR coûte plus que le CNRS, le Cnes, et l’Inserm réunis. Cet argent pourrait donc avantageusement venir soutenir la recherche publique, dont les découvertes participent au bien commun et non à établir un « avantage compétitif » et une chasse gardée par le jeu des brevets.
Le déficit d’efficacité de ce CIR, pour lequel nos propositions de conditionnalités sont systématiquement refusées par la macronie, est particulièrement criant avec un exemple : Sanofi a bénéficié entre 2010 et 2020 de plus d’un milliard d’euros de CIR. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le code général des impôts est ainsi modifié :
1° L’article 199 ter B est abrogé ;
2° L’article 220 B est abrogé ;
3° L’article 244 quater B est abrogé.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 33
- Contre
- 167
- Abstention
- 13
- Non-votant
- 15
- Votants
- 213
- Exprimés
- 200
- Majorité requise
- 101
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 75 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 21 | 1 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 31 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 21 | 1 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 0 | 0 | 10 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 3 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 7 | 1 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 75 dans le décompte
Contre (75) : Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), José Gonzalez, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Contre (21) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Jean-Michel Jacques, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Natalia Pouzyreff, Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Laure Miller
Abstention (1) : Thomas Gassilloud
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 31 dans le décompte
Pour (31) : Loïc Prud'homme, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Maxime Laisney, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Contre (21) : Alain David, Guillaume Garot, Marie Récalde, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Olivier Faure, Philippe Naillet, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Denis Fégné, Thierry Sother, Céline Hervieu
Abstention (1) : Marie-Noëlle Battistel
Droite Républicaine 16 dans le décompte
Contre (13) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Julien Dive, Christelle Petex (ancien député), Nicolas Ray, Hubert Brigand, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Jean-Pierre Taite (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Abstention (10) : Delphine Batho, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Jérémie Iordanoff, Benjamin Lucas-Lundy, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (11) : Olivier Falorni (ancien député), Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Romain Daubié, Emmanuel Mandon, Louise Morel
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Contre (9) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Jean-François Portarrieu, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Pierre Henriet, Jean Moulliere (ancien député), Thomas Lam
Non-votant (3) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 9 dans le décompte
Contre (7) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Michel Castellani, Joël Bruneau, Laurent Mazaury, Charles de Courson
Abstention (1) : Olivier Serva
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 6 dans le décompte
Contre (6) : Philippe Bonnecarrère, Sophie Errante, Stella Dupont, Lionel Vuibert, Christine Engrand, Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin