Votes · Scrutin n° 3186 · 28 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2493 de M. Prud'homme après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Prud'homme et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement des députés du groupe LFI vise à mettre fin à l’exonération d’impôt sur les sociétés (IS) dont bénéficient les coopératives agricoles au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires annuel d’un milliard d’euros.
Initialement conçues comme des outils de mutualisation et de solidarité entre agriculteurs, les coopératives agricoles occupent aujourd’hui une place centrale dans l’économie agroalimentaire française. Elles rassemblent environ 75 % des exploitants agricoles et représentent un tiers des marques alimentaires présentes sur le marché. Si ce modèle demeure pertinent pour de nombreuses structures de taille modeste, force est de constater qu’une part croissante du secteur est désormais constituée de très grands groupes, dont l’organisation, la stratégie et la gouvernance s’éloignent fortement des principes coopératifs.
Moins de 3 % des coopératives agricoles concentrent aujourd’hui près de 85 % de la production. Certaines réalisent plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires, détiennent de nombreuses filiales industrielles, interviennent sur les marchés internationaux et poursuivent des logiques de concentration, de croissance externe et de rendement, comparables à celles d’acteurs privés classiques. Or, ces grandes entités bénéficient toujours du régime fiscal préférentiel attaché au statut coopératif, notamment une exonération quasi-totale de l’impôt sur les sociétés.
Cette situation crée une distorsion de concurrence manifeste vis-à-vis des entreprises du secteur agroalimentaire soumises à l’IS. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le 2° du 1 de l’article 207 du code général des impôts est ainsi modifié :
1° Le a est complété par les mots : « dont le chiffre d’affaires consolidé annuel n’excède pas un milliard d’euros » ;
2° Le b est complété par les mots : « dont le chiffre d’affaires consolidé annuel n’excède pas un milliard d’euros ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 42
- Contre
- 178
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 15
- Votants
- 226
- Exprimés
- 220
- Majorité requise
- 111
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 72 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 31 | 1 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 4 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 3 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 5 | 1 | 1 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 1 | 0 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 72 dans le décompte
Contre (72) : Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), José Gonzalez, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Alexandre Sabatou, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Contre (26) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Vincent Ledoux, François Cormier-Bouligeon, Guillaume Kasbarian, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Pieyre-Alexandre Anglade, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Thomas Gassilloud, Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Paul Midy, Laure Miller
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 32 dans le décompte
Pour (31) : Loïc Prud'homme, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Manon Meunier, Maxime Laisney, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Abdelkader Lahmar, Claire Lejeune
Contre (1) : Thomas Portes
Socialistes et apparentés 34 dans le décompte
Contre (34) : Alain David, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Marie Récalde, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Dominique Potier, Olivier Faure, Joël Aviragnet, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Elie Califer, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother, Céline Hervieu, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 19 dans le décompte
Contre (16) : Jean-Yves Bony, Philippe Gosselin, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Guillaume Lepers (ancien député), Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Christelle Petex (ancien député), Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Antoine Vermorel, Thierry Liger, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (10) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Benjamin Lucas-Lundy, Tristan Lahais, Damien Girard, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet
Abstention (4) : Delphine Batho, Clémentine Autain, Eva Sas, Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (11) : Olivier Falorni (ancien député), Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Emmanuel Mandon, Louise Morel, Hubert Ott
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (6) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Pierre Henriet, Jean Moulliere (ancien député), Thomas Lam
Non-votant (3) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Contre (5) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Christophe Naegelen, Charles de Courson
Abstention (1) : Olivier Serva
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (1) : Édouard Bénard
Abstention (1) : Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Contre (3) : Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 4 dans le décompte
Contre (4) : Sophie Errante, Stella Dupont, Lionel Vuibert, Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin