Votes · Scrutin n° 3188 · 28 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2459 de M. Le Coq après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Le Coq et 68 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La France insoumise propose, à travers cet amendement, de supprimer la niche tonnage pour le transport maritime de marchandise. Cette niche fiscale coûteuse, injuste et inutile n'a qu'une seule fonction : permettre aux grandes entreprises maritimes, et en particulier CMA-CGM, de se soustraire au financement de la solidarité nationale.
Cette niche fiscale permet de calculer l’assiette de l’impôt sur les sociétés, non à partir des bénéfices réels réalisés, mais en fonction du tonnage de la flotte. Au lieu de payer l’impôt sur les sociétés, les entreprises de ce secteur, au nombre de 57, peuvent s’acquitter d’une taxe de 24 centimes d’euros par tonne de marchandise convoyée.
À l’heure où le Gouvernement présente un projet de budget austéritaire, cette niche fiscale représente un coût insupportable pour les finances publiques de l’État : 5,76 milliards d’euros de manque à gagner en 2024. C’est autant d’argent public qui n’est pas alloué à la bifurcation écologique ou à nos services publics essentiels. Plus scandaleux encore, une grande partie de cette exonération fiscale bénéficie seulement à un groupe, l’entreprise CMA-CGM, qui a pu économiser 615 millions d’euros. Encore s'agissait-il d'une "mauvaise" année pour la multinationale : en 2023, la CMA-CGM a payé 180 millions d’euros en s’acquittant de la taxe tonnage. Si elle avait été soumise à l’impôt sur les sociétés, elle aurait versé 5,61 milliards de plus à l’État. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article 209‑0 B du code général des impôts est abrogé.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 76
- Contre
- 173
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 15
- Votants
- 251
- Exprimés
- 249
- Majorité requise
- 125
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 75 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 39 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 32 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 3 | 9 | 1 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 3 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 75 dans le décompte
Contre (75) : Nicolas Meizonnet, Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Romain Baubry, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Bruno Clavet, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 38 dans le décompte
Contre (31) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Stéphane Mazars (ancien député), Vincent Ledoux, Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Guillaume Kasbarian, Didier Le Gac, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Freddy Sertin (ancien député), Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Paul Midy, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 39 dans le décompte
Pour (39) : Loïc Prud'homme, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune, Raphaël Arnault, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 32 dans le décompte
Pour (32) : Alain David, Pascale Got, Guillaume Garot, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Céline Hervieu
Droite Républicaine 18 dans le décompte
Contre (15) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Jean-Pierre Vigier, Guillaume Lepers (ancien député), Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Christelle Petex (ancien député), Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (3) : Marie Pochon, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky
Contre (9) : Dominique Voynet, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Christine Arrighi, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Damien Girard, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Abstention (1) : Sabrina Sebaihi
Les Démocrates 18 dans le décompte
Contre (17) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Richard Ramos, Géraldine Bannier, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Mickaël Cosson, Louise Morel, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 15 dans le décompte
Contre (12) : Thierry Benoit, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Xavier Albertini, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Jean-Michel Brard
Non-votant (3) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (5) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Pierre Bataille, Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (2) : Julien Brugerolles, Édouard Bénard
Abstention (1) : Nicolas Sansu
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Éric Ciotti, Bernard Chaix, Charles Alloncle, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 5 dans le décompte
Contre (5) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger, Christine Engrand, Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin