Votes · Scrutin n° 3192 · 28 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 686 de M. Jean-René Cazeneuve et l'amendement identique suivant après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Jean-René Cazeneuve et 2 cosignataires (EPR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à indexer à l’inflation la taxe au tonnage à l’inflation.
La taxe au tonnage est une mesure de soutien absolument nécessaire à nos armateurs. Pour rappel la France était absente du marché du transport maritime il y a encore 20 ans, elle est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux de ce marché. Dans une situation de commerce mondialisé avec un concurrence particulièrement accrue, il est nécessaire que l’État soit au coté de ses fleurons afin de leur permettre de rester compétitif sur la scène internationale. C’est pourquoi il n’est pas envisageable de remettre ne cause ce système d’imposition qui permet à la marine marchande française d’être compétitive au niveau mondial.La flotte française compte aujourd’hui plus de 400 navires, il est nécessaire de les conserver sous pavillon français.
Néanmoins, compte tenu de la situation de nos finances publiques et du régime par option que ses sociétés connaissent, il semble nécessaire d’ajuster les taux de la taxe au tonnage à l’inflation qui n’ont plus été révisé depuis 2003, c’est-à-dire depuis la création du dispositif, sans pour autant remettre en cause la compétitivité de cette industrie.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le II de l’article 209‑0 B du code général des impôts est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Les montants applicables prévus aux tableaux du premier alinéa sont actualisées au 1er janvier de chaque année dans la même proportion que la limite supérieure de la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu et arrondies à l’euro le plus proche. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 104
- Contre
- 130
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 15
- Votants
- 238
- Exprimés
- 234
- Majorité requise
- 118
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 4 | 60 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 10 | 16 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 34 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 33 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 15 | 2 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 1 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 16 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 3 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 5 | 1 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | aucun vote | 3 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 64 dans le décompte
Pour (4) : Marie-France Lorho, Katiana Levavasseur, Eddy Casterman, Monique Griseti
Contre (60) : Nicolas Meizonnet, Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Alexandre Sabatou, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Pour (10) : Stéphane Mazars (ancien député), Vincent Ledoux, Didier Le Gac, Jean-René Cazeneuve, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Thomas Gassilloud, Pierre Cazeneuve
Contre (16) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Guillaume Kasbarian, Corinne Vignon, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Pieyre-Alexandre Anglade, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Paul Midy
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 34 dans le décompte
Pour (34) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Abdelkader Lahmar, Claire Lejeune, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Pour (33) : Pascale Got, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Olivier Faure, Philippe Naillet, Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Martine Froger, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 20 dans le décompte
Contre (15) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Christelle Minard, Guillaume Lepers (ancien député), Pierre Cordier, Christelle Petex (ancien député), Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli
Abstention (2) : Émilie Bonnivard, Ian Boucard
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (13) : Dominique Voynet, Eva Sas, Marie Pochon, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Jérémie Iordanoff, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Benoît Biteau, Damien Girard, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Abstention (1) : Jean-Louis Roumégas
Les Démocrates 19 dans le décompte
Pour (2) : Géraldine Bannier, Hubert Ott
Contre (16) : Olivier Falorni (ancien député), Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Richard Ramos, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Maud Petit, Mickaël Cosson, Louise Morel, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 15 dans le décompte
Contre (12) : Thierry Benoit, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Xavier Albertini, Félicie Gérard, Jean-Michel Brard
Non-votant (3) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Contre (5) : Yannick Favennec-Bécot, Jean-Pierre Bataille, Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Charles de Courson
Abstention (1) : Jean-Luc Warsmann
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Nicolas Sansu, Julien Brugerolles, Édouard Bénard, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Pour (3) : Bernard Chaix, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Contre (3) : Vincent Trébuchet, Charles Alloncle, Maxime Michelet
Non inscrit 4 dans le décompte
Pour (1) : Daniel Grenon
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Raphaël Schellenberger
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Bernard Chaix, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin