Votes · Scrutin n° 3214 · 29 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2531 de M. Philippe Brun après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Philippe Brun et 68 cosignataires (SOC) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’investissement et l’emploi reposent fortement sur les petites et moyennes entreprises (PME), mais ce sont celles qui contribuent le plus à l’impôt sur les sociétés en proportion de leurs bénéfices. En effet, le taux « affiché » d’impôt sur les sociétés n’est pas celui qui est effectivement payé par les entreprises, qui peuvent faire jouer certaines déductions. Ainsi, il est de 39,5 % pour les PME contre 18,6 % pour les grandes entreprises. Ce n’est pas le cas dans le reste du monde, comme au Canada et aux États-Unis, où le taux d’impôt baisse avec la taille de l’entreprise.
En France, les entreprises ayant un chiffre d’affaires de moins de 7,6 millions d’euros payent un taux d’impôt sur les sociétés à 15 % dans la limite de 42 500 € de bénéfice imposable.
Cette mesure vise à réduire l’impôt sur les sociétés des PME pour que le taux effectif devienne inférieur à celui supporté par les grands groupes. La proposition vise à élargir l’assiette donnant droit à un taux à 15 % de 42 500 € à 100 000 €. Ainsi, les PME pourront bénéficier d’une première tranche élargie à un taux inférieur au taux moyen de l’impôt sur les sociétés. C’est un pas important vers le rétablissement de la justice fiscale pour les entreprises de France.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Au premier alinéa du b du I de l’article 219 du code général des impôts, le montant :« 42 500 € » est remplacé par le montant :« 100 000 € ».
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs, prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 130
- Contre
- 63
- Abstention
- 10
- Non-votant
- 14
- Votants
- 203
- Exprimés
- 193
- Majorité requise
- 97
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 60 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Pour | 28 | 1 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 18 | 10 | 5 | 0 | |
| DR 50 membres | Pour | 8 | 2 | 2 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 3 | 1 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 3 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 60 dans le décompte
Pour (60) : Nicolas Meizonnet, Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Bryan Masson (ancien député), Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Florence Goulet, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 36 dans le décompte
Pour (28) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Anne Genetet, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Françoise Buffet, Julie Delpech, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Prisca Thevenot, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Contre (1) : Charles Sitzenstuhl
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 25 dans le décompte
Contre (25) : Jean-Hugues Ratenon, Éric Coquerel, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Alma Dufour, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Pour (18) : François Hollande, Pascale Got, Hervé Saulignac, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Christian Baptiste, Boris Vallaud, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Laurent Lhardit, Marc Pena, Pierre Pribetich, Sophie Pantel, Denis Fégné, Thierry Sother, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Contre (10) : Marie-Noëlle Battistel, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Jacques Oberti, Pierrick Courbon, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Florence Herouin-Léautey
Abstention (5) : Marie Récalde, Fabrice Barusseau, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Estelle Mercier
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Pour (8) : Laurent Wauquiez, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Didier Berger (ancien député), Patrick Hetzel, Guillaume Lepers (ancien député), Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Ian Boucard
Contre (2) : Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin
Abstention (2) : Frédérique Meunier, Thierry Liger
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Jérémie Iordanoff, Lisa Belluco, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (3) : Sandrine Josso, Romain Daubié, Delphine Lingemann
Contre (1) : Frédéric Petit
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Lise Magnier, Béatrice Piron, Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Jean-Michel Brard
Abstention (3) : Jean-François Portarrieu, Laetitia Saint-Paul, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (2) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann
Contre (1) : Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 9 dans le décompte
Pour (9) : Éric Ciotti, Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (2) : Lionel Vuibert, Christine Engrand
Contre (1) : Raphaël Schellenberger
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Marie-José Allemand, Marie-Noëlle Battistel, Isabelle Santiago, Marie Récalde
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin