Votes · Scrutin n° 3217 · 29 octobre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 992 de Mme Lejeune après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ARTICLE 12
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2026 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Lejeune et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
"Par cet amendement, le groupe LFI entend majorer l’impôt sur les sociétés à destination des fermes-usines afin de financer la dépollution des sols que ces dernières provoquent, ainsi que de soutenir une agriculture paysanne, plus soucieuse des conditions d’élevages.
Le culte d’une production toujours moins chère a provoqué dans le monde de l’élevage ce qui se fait de pire : l’émergence de fermes-usines, espaces de concentration extrême des animaux, au nom de la rentabilité. La France est un cas d’école dans ce domaine : 60 % des animaux qui sont élevés sur notre sol le sont dans des fermes-usines, qui ne représentent pourtant que 3 % des élevages !
Ces usines, en raison de leur nuisance pour l’environnement, sont soumises à autorisation, ce qui est bien la moindre des choses. Malheureusement, la prise en compte des dégâts causés par ces usines est largement sous-évaluée.
Sur le plan environnemental tout d’abord : la concentration des fermes-usines, notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire, créée des concentrations en nitrate et en ammoniac au-delà du raisonnable, menaçant la biodiversité et facilitant la prolifération d’espèces invasives comme les algues vertes.
Sur le du bien-être animal : l’entassement dans des bâtiments uniques de centaines de vaches, de milliers de cochons ou de dizaines de milliers de volailles ne fait qu’engendrer des souffrances atroces et inutiles aux bêtes d’élevages, au nom de quelques centimes économisés.
Sur le plan social, enfin : outre les projets de libre-échange insensés défendus bec et ongles par les macroniste, ce sont ces fermes-usines qui menacent directement l’existence d’exploitations paysannes, soucieuses de la qualité de leurs produits et des conditions d’élevage qu’elles mettent en place. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L'article 219 quater du code général des impôts est ainsi rétabli :
« Art. 219 quater. – Par dérogation aux dispositions de l’article 219, le taux de l’impôt sur les sociétés est porté à 35 % pour les sociétés d’élevages relevant des installations classées pour la protection de l’environnement soumises à autorisation, dites « ICPE A », définies au titre Ier du livre V de la partie législative du code de l’environnement. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ARTICLE 12 : 121 scrutins publics, dont 12 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de finances (le budget de l’État) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu. Son exposé général des motifs visait un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, après 5,4 % en 2025, et un retour sous 3 % en 2029, avec 6,7 milliards d’euros de plus pour la Défense. Le texte définitif prévoit dans son article liminaire un déficit de 5,0 % du PIB et une dette de 118,2 % du PIB. Parmi les mesures examinées par le Conseil constitutionnel :
- la hausse des taxes sur les titres de séjour et la naturalisation (article 128) ;
- les frais de justice pénale à la charge des condamnés majeurs sans aide juridictionnelle (article 144) ;
- l’aide au logement des étudiants étrangers hors Union européenne réservée à ceux qui remplissent les conditions d’une bourse sociale (article 179) ;
- la pérennisation des clubs de jeux, jusque-là expérimentaux (article 77).
Ce que ça change
La loi fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2026. Après l’échec de la commission mixte paritaire fin 2025, une loi spéciale destinée à « assurer la continuité de la vie nationale » a pris le relais en attendant le budget, selon la décision du Conseil constitutionnel (§ 11).
Ce qui est contesté
Il n’y a pas eu de vote sur l’ensemble. En première lecture, l’Assemblée a rejeté la partie « recettes » par 404 voix contre 1 (scrutin n° 4241). Ensuite, le Gouvernement a utilisé trois fois l’article 49.3 de la Constitution, qui permet d’adopter un texte sans vote sauf si une motion de censure réunit la majorité des députés. Le 2 février 2026, la motion de LFI, des écologistes et de la GDR a obtenu 260 voix et celle du RN et de l’UDR 135, pour 289 requises, selon le compte rendu.
La motion de gauche affirme : « La justice fiscale est totalement absente du volet recettes. » Celle du RN et de l’UDR rappelle que le Premier ministre avait déclaré renoncer au 49.3 et estime que le budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat ». Hervé Saulignac (Socialistes) explique que son groupe ne votera pas la censure, tout en précisant : « Ce budget ne sera pas le nôtre. »
Côté soutiens, Nicolas Ray (Droite républicaine) juge qu’« il serait fou de renverser le gouvernement » et met en avant 6,5 milliards d’euros de plus pour les armées. Michel Castellani (LIOT) estime que le budget « nous convient mal », mais annonce que son groupe, « très majoritairement », ne votera pas les motions.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 4, 5 et 6 février 2026 par des députés RN, par le Premier ministre, par des députés LFI, écologistes et GDR, puis socialistes, le Conseil a rendu le 19 février 2026 la décision n° 2026-901 DC. Censurés :
- la réduction de loyer de solidarité limitée aux locataires HLM qui touchent l’APL (article 180, § 232 à 237) ;
- des « cavaliers budgétaires », mesures sans rapport avec les finances de l’État, dans six articles, comme une dérogation au secret fiscal pour le Centre national du cinéma (articles 59, 69, 99, 124, 170 et 200, § 86 à 88 et 268 à 274) ;
- la redevance sur les paris hippiques en ligne, dont l’entrée en vigueur dépendait d’un décret sans limite de temps (article 160, § 275 à 277).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture) : le juge doit vérifier que les frais de justice restent proportionnés à la situation économique du condamné (§ 198) ; les critères d’aide au logement des étudiants étrangers devront respecter le Préambule de 1946 (§ 223). Le Conseil juge la procédure régulière : les annonces du Premier ministre sur le 49.3 « ne sauraient le lier » (§ 12).
Où en est le texte
La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel du 20 février 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances pour 2026 n° 1906 et exposé général des motifs (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 4241 sur la première partie (première lecture) (21 novembre 2025)
- Motion de censure de M. Peu, Mme Panot, Mme Chatelain et 110 députés (30 janvier 2026)
- Motion de censure de Mme Le Pen, M. Ciotti et 104 députés (30 janvier 2026)
- Compte rendu de la séance du 2 février 2026, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Texte définitif, T.A. n° 227, Assemblée nationale (2 février 2026)
- Décision n° 2026-901 DC, Conseil constitutionnel (19 février 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (19 février 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 30
- Contre
- 160
- Abstention
- 32
- Non-votant
- 14
- Votants
- 222
- Exprimés
- 190
- Majorité requise
- 96
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 68 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 7 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 28 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 0 | 13 | 18 | 0 | |
| DR 50 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 1 | 0 | 14 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 2 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 68 dans le décompte
Contre (68) : Nicolas Meizonnet, Sébastien Chenu, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Alexandra Masson (ancien député), Romain Baubry, Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Contre (26) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Travert, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Anne Genetet, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Thomas Cazenave (ancien député), Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Bastien Marchive, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (7) : Stéphanie Rist (ancien député), Roland Lescure (ancien député), Yaël Braun-Pivet, Eléonore Caroit (ancien député), Mathieu Lefèvre (ancien député), David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Pour (28) : Éric Coquerel, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Perceval Gaillard, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Claire Lejeune, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 31 dans le décompte
Contre (13) : François Hollande, Guillaume Garot, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Christian Baptiste, Boris Vallaud, Isabelle Santiago, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Marc Pena, Pierre Pribetich, Dieynaba Diop
Abstention (18) : Fanny Dombre Coste, Jiovanny William, Iñaki Echaniz, Aurélien Rousseau, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 25 dans le décompte
Contre (22) : Jean-Yves Bony, Laurent Wauquiez, Marie-Christine Dalloz, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Patrick Hetzel, Guillaume Lepers (ancien député), Éric Pauget, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Christelle Petex (ancien député), Josiane Corneloup, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Justine Gruet, Thierry Liger, Corentin Le Fur
Non-votant (3) : Nicolas Forissier (ancien député), Vincent Jeanbrun (ancien député), Sébastien Martin (ancien député)
Écologiste et Social 15 dans le décompte
Pour (1) : Boris Tavernier
Abstention (14) : Dominique Voynet, Clémentine Autain, Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (5) : Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Frédéric Petit, Romain Daubié, Mickaël Cosson
Non-votant (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (11) : Agnès Firmin Le Bodo, Paul Christophe (ancien député), Bertrand Bouyx, Jean-François Portarrieu, François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Jean-Michel Brard, Thomas Lam
Non-votant (2) : Naïma Moutchou (ancien député), Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Charles de Courson
Non-votant (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Elsa Faucillon
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Olivier Fayssat, Gérault Verny, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Hanane Mansouri, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Lionel Vuibert, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin